David Lee, prêt à marquer Boston de son empreinte

Brad Stevens ne peut s’empêcher de glousser quand il entend ses joueurs dire que David Lee, 32 ans, sera le « vieux » de ce roster 2015-2016 des Celtics. Pourtant, c’est loin d’être un mensonge. Lee est le joueur le plus âgé de l’effectif des Celtics – et ce de presque quatre ans, mais il ne fait pour autant pas figure de monolithe si l’on se réfère les standards NBA. A contrario, Stevens est considéré comme un jeune coach du haut de ses 38 ans, ce qui amuse beaucoup Lee.

David Lee, acquis cet été en échange de Gerald Wallace (envoyé ensuite à Philadelphie et coupé par ces derniers hier, ndlr), est vu par les Celtics comme l’élément capable d’aider cette équipe jeune et encore impressionnable à franchir un cap de par sa grande expérience dans la ligue, particulièrement après avoir remporté un titre NBA la saison dernière.

« Je ne pense pas que David veut se voir lui-même comme étant un vieux, tout simplement car il ne l’est pas – et ce sur énormément de points », dit Stevens à propos de sa nouvelle recrue. « Par contre, je pense qu’à partir du moment où l’on a des gars qui ont un tel vécu, ce qu’ils ont à partager est important pour nous. Et le défi, c’est de réussir à incorporer ça dans ce que l’on met en place, car il y a une transition à faire de son côté : apprendre à me connaître, apprendre à connaître notre modèle de jeu, apprendre à connaître ses coéquipiers et tout le reste. Mais je pense que la transition va se faire facilement pour lui car c’est un joueur très intelligent. Je vais l’encourager à communiquer avec tous ces jeunes joueurs parce que je pense que c’est vraiment important. »

Les Celtics espèrent que Lee, deux fois All-Star et encore capable de produire 18,2 points et 9,3 rebonds par match en moyenne il y a deux saisons seulement, ne sera pas là seulement pour amener son leadership mais qu’il sera également à nouveau un joueur d’impact, après avoir accepté de jouer un rôle réduit avec des Warriors en quête de titre NBA.

Lee est arrivé à Boston il y a un mois déjà, afin de s’acclimater à la ville et de rejoindre la plupart des jeunes joueurs de l’équipe déjà présents pour des workouts quotidiens, qu’il surnomme lui-même « la pré-saison de la pré-saison ». Alors que Boston a conservé dix membres de l’effectif qui a conduit le run vers la septième place à l’Est la saison passée, Lee de son côté a déjà commencé à s’établir comme le leader vétéran de cette équipe, bien qu’il lui faille apprendre une toute nouvelle organisation.

« Je pense que j’ai juste à rester moi-même », confie Lee. « Ça fait longtemps que je suis dans cette ligue et j’ai vu beaucoup de choses, bonnes ou mauvaises. Je pense être un gars qui, à de nombreuses fois, montre l’exemple. Je suis un énorme bosseur et je pense que ce qui est bon pour les jeunes, c’est de voir des vétérans qui travaillent dur. À ce moment-là, ils n’ont pas d’autre choix que suivre la ligne directrice et faire de même. Pour les vétérans, il s’agit de donner le ton, que ça soit au training camp, en pré-saison ou une fois que la saison est démarrée. »

« Je vais juste être moi-même. Je pense pouvoir être apprécié et être capable de guider cette équipe par mon éthique de travail. »

Les Celtics devraient sans problème pouvoir imbriquer David Lee dans un secteur intérieur déjà bien fourni, ce dernier ayant accepté un rôle réduit derrière Draymond Green l’an passé, pendant que les Warriors concluaient une saison régulière à 67 victoires et, éventuellement, soulevaient le Larry O’Brien trophy.

« La première chose que je me devais d’admettre c’était que c’est normal d’être frustré par un rôle réduit dans une équipe. » explique Lee. « J’ai été très honnête avec les médias l’an passé. Si je n’avais pas été frustré, alors là il y aurait eu quelque chose d’anormal. J’ai été blessé en début de saison dernière, et je crois que l’on a débuté par 19 victoires et deux défaites. La dernière chose qu’un entraîneur rookie a envie de faire, c’est de bousculer sa rotation après ça. Coach Kerr m’a parlé et j’ai été plus que content de ce changement de rôle – enfin, pas plus que content, mais plus compréhensif. »

« J’ai vu quelque chose de vraiment spécial avec cette équipe tout au long de la saison. C’était très frustrant parfois et encore une fois, je suis suffisamment confiant pour dire que j’ai le sentiment que l’on aurait fait aussi bien avec moi dans l’équipe. Mais en même temps, je suis très fier de ce qu’a accompli Draymond (Green) la saison passée et de ce qu’ont fait le reste des gars qui ont joué et partagé des minutes avec moi. Tout ce qui compte à la fin de la saison, tout ce qui importe c’est de gagner des matchs et de soulever le trophée. J’étais simplement heureux et quand mon nom a été appelé, j’étais prêt pour les playoffs. Je me suis dit – et c’était ma plus grande peur – qu’il ne fallait pas que je me déconnecte mentalement parce que cela fait suffisament longtemps que je suis dans cette ligue pour savoir que le nom de n’importe qui peut être appelé. Je voulais être là, j’ai été capable d’être présent en Finales et d’avoir un impact. »

« Maintenant, je suis champion NBA et c’est tout ce qui importe. »

Lee a déjà noté quelques similitudes entres l’organisation des Warriors et celle des Celtics, durant le peu de temps qu’il a passé à Boston. Les fans des Celtics qui ont subi à contrecoeur la reconstruction pourraient d’ailleurs être contents d’entendre Lee parler des Warriors, passés en cinq ans d’une équipe à 23 victoires au titre.

« À Golden State, on a bâti quelque chose avec une alchimie et un caractère, avec des gars qui aimaient jouer au basket. » explique Lee. « Je pense qu’ils ont le même état d’esprit à Boston. »

D’ores et déjà, Lee a parlé avec beaucoup de respect de Stevens et de l’attention qu’il porte sur les détails (il a également rigolé quand on lui a parlé de la maigre différence d’âge qu’il avait avec son coach, mais il a répondu en rigolant : « ça sera plus facile que mon année rookie durant laquelle Larry Brown, qui avait probablement 40 ans de plus que moi, m’a coaché »). Après le premier entraînement du training camp ce samedi, Lee a complimenté Stevens en le comparant à Kerr sur la façon dont il appréhendait le début de saison. David Lee semble bien comprendre qu’il n’y a pas de garanties ici à Boston, surtout avec le nombre d’intérieurs (plus particulièrement de postes 4) présents et le besoin de les développer pour le futur. Mais sans se projeter sur son rôle, il semble prêt à aider cette équipe.

Ses coéquipiers, eux, semblent heureux de l’avoir de leur côté.

« Avec des gars comme David Lee et Amir Johnson, et même les rookies que l’on intègre, on peut être aidé de différentes façons », confie Isaiah Thomas à l’orée de sa deuxième saison à Boston. « Avoir avec nous un gars qui vient de remporter un titre, qui a été All-Star et qui peut toujours jouer à ce niveau… On peut être une très bonne équipe, surtout à l’Est. »

Premier élément de réponse sur l’apport de David Lee ? Dans un mois tout pile, pour l’ouverture de la saison au TD Garden. Vivement.

Article traduit par Baptiste Godreau et relu par Léo Hurlin, de l’article original d’ESPN : ‘David Lee ready to make an impact in Boston