Avery Bradley paré au décollage ?

Si les deux premiers matchs de pré-saison des Celtics laissent entrevoir, ne serait ce qu’un peu, la saison à venir, alors il y a de quoi être enthousiaste à propos d’Avery Bradley. On l’a en effet vu utilisé par Brad Stevens d’une façon similaire à celle de Doc Rivers durant l’époque du Big Three, excepté qu’entre temps, l’arrière s’est développé, devenant bien bien plus complet. Se rapprocher du jeu qui lui a permis de mettre les pieds en NBA semble être une bonne idée, au vu de ses deux premières sorties, très concluantes.

Lors du Media Day des Celtics il y a exactement deux semaines, Bradley a été l’auteur d’une des citations de la journée, affirmant que « les long twos (tirs lointain à deux points juste devant la ligne à trois points, ndlr) n’étaient pas aussi utiles que les tirs à trois points ». Nous avons déjà pu voir le résultat durant son séjour européen.

Cette semaine, face à l’Emporio Milano et au Real Madrid, vainqueur de l’Euroligue en titre, Bradley a rendu une copie quasi-parfaite à longue distance, avec un 7/8 au tir dans les corners. Il est important de mentionner d’où sont venus ces tirs car sous l’égide de Doc Rivers en 2012, 22,6% des tirs d’Avery Bradley provenaient d’un tir à trois points dans le corner. Sur les deux dernières saisons sous les ordres de Brad Stevens, ce total est tombé à 13,9%.

Cet été, Brad Stevens avait mentionné le fait qu’il voulait que son arrière se concentre plus sur les coins du terrain, connaissant son efficacité dans ce domaine, ainsi que les coupes en backdoor qu’on lui connaissait il y a quelques années. En clair : un retour à ce qui avait rendu Bradley si efficace dans le système du Big Three.

Depuis le début de sa carrière, Bradley tire à 38,7% dans le corner (juste en-dessous de la moyenne NBA, située à 39,2% dans le même laps de temps), on peut donc supposer qu’augmenter son volume de tir dans ce coin du terrain lui ferait augmenter corrélativement son efficacité. C’est d’autant plus vrai qu’il réalisé jeudi soir un move qu’on ne lui connaissait pas jusque-là : un dribble de côté pour éviter son défenseur et prendre un tir propre.

Ce move a été rendu populaire l’an passé par Stephen Curry notamment et on a d’ores et déjà vu plusieurs joueurs l’utiliser dans cette pré-saison. Dans ce cas, Avery Bradley dribble simplement sur le côté pour éviter le défenseur qui vient de mordre à la feinte mais surtout afin de rester derrière la ligne à trois points.

Si Bradley parvient à inclure cela dans sa palette offensive, il pourrait très facilement faire payer les défenseurs trop proches de lui en inscrivant un tir à trois-points plutôt que d’offrir à la défense ce qu’elle souhaite : un tir à mi-distance presque plus compliqué et beaucoup moins rentable, comme on en voyait trop souvent de sa part la saison dernière.

Voici, ci-dessus, ce que Bradley a typiquement fait ces dernières années pour éviter le défenseur qui se rapproche de lui : un dribble pour se rapprocher du cercle suivi d’un tir à mi-distance.

Ce n’est pas nécessairement un mauvais mouvement puisqu’en vérité, Bradley était plutôt performant dans ce domaine ; mais ça n’est clairement pas aussi efficace que de dégainer un tir ouvert derrière l’arc. Ainsi, si AB devenait capable d’utiliser à bon escient ce dribble latéral, ce nouveau move pourrait aider toute l’équipe à avoir une sélection plus propre des tirs comme ci-dessous :

Dans cette action, Bradley utilise sa redoutable coupe au panier et profite des talents de passeur de David Lee, bien plus développés que ceux de Brandon Bass, pour être servi dans de bonnes conditions. Le défenseur le suit de trop près pour éviter de prendre un tir à trois points ? A ce moment-là, Bradley coupe au panier pour un tir facile et il est probable que l’on voit cette situation se répéter à maintes reprises cette saison.

Malgré ses progrès pour éviter les tirs à mi-distance, il est évident que rien ne reste plus efficace qu’un lay-up et c’est également pourquoi Bradley semble avoir ajouté un dribble d’hésitation à son arsenal offensif.

Certes, Bradley a raté le lay-up compliqué ci-dessus, mais concentrons-nous plutôt sur la façon dont il procède pour aller le chercher : une feinte de tir à mi-distance, un changement de rythme pour exploser au cercle. Ces lay-ups finiront par rentrer, et pourraient même lui rapporter un certain nombre de lancers-francs.

Cet été, Avery Bradley semble bel et bien avoir avancé et semble enregistrer les consignes de Brad Stevens. Désormais, il ne lui reste plus qu’à rester dans cette voie. Son coach, lui, est conscient de ses progrès mais souhaite également le voir plus régulier, comme il le disait avant ce trip en Europe :

« La prochaine marche pour lui est d’être régulier. Avec de jeunes joueurs, on a vu Avery produire des performances spectaculaires depuis son arrivée récente dans la ligue. Je pense que désormais, au lieu d’être performant sur trois ou quatre matchs sur dix, il doit l’être sur six ou sept. C’est ce qui fait la différence dans les bonnes équipe. Je pense qu’Avery peut franchir un cap cette saison, continuer à progresser et devenir régulier. »

Membre à part entière du projet de reconstruction, Bradley a la confiance de son coach et a également confiance en ses coéquipiers. Rarement modeste dans ses déclarations, AB a confié lors du training camp qu’il pensait vraiment que les Celtics pouvaient surprendre cette saison, allant jusqu’à parler de se battre pour le titre de champion.  À lui de persister dans la voie empruntée en Europe pour faire de cette saison la sienne, et peut être concrétiser ses belles paroles dans les années à venir.

Article traduit par Baptiste Godreau et Hugo Geindre, de l’article original de celticsblog : ‘Avery Bradley could have a career year after a summer of improvements‘ et de l’article d’ESPN : ‘Avery Bradley goes back to the future