R.J Hunter : « Sur le banc ou sur le terrain, je prends du plaisir »

Le baptême de R.J Hunter dans la ligue a eu lieu mardi soir lors de la visite des Celtics chez les Hawks. Durant ce match, il a passé 20 minutes sur le parquet, pour 12 points à 5/6 au tir dont 2/3 derrière l’arc. Sa performance a permis aux fans des Celtics d’entrevoir la très fluide mécanique de tir du rookie et son fameux sens de la passe, qui ne l’ont pourtant pas empêché de tomber jusqu’à la 28e place de la draft le 25 juin dernier, sauvant ce qui constituait jusqu’alors une draft décevante pour beaucoup de fans, surpris par le choix de Terry Rozier.

Était-ce vraiment son baptême pour autant ? Il semble qu’il ait déjà eu lieu, lors de la défaite face aux Pacers plus tôt dans la saison. En tout cas, Hunter soutient qu’il s’est mis au niveau, du moins, dans un premier temps.

« J’étais sur Paul George et j’ai bien contesté son tir », soutient Hunter. « Je l’ai contesté mais il s’en est sorti et l’a mis, comme si de rien n’était. Mais je peux dire que j’étais dessus et que je me suis donné. »

Ce genre de matchup défensif face à un joueur du calibre de Paul George a aidé R.J Hunter, qui a dû apprendre à ne pas craindre d’être assigné à un joueur qu’il a regardé à la télé pendant toutes ces dernières années. Cela lui a également permis de voir que son travail défensif effectué durant l’été n’était pas vain.

« L’été fut dur », avoue Hunter. « Après les Summer Leagues, on a juste eu quatre semaines avant de revenir à Boston. Je ne voulais pas tirer. Ma principale préoccupation, c’était la défense. J’ai travaillé mon footwork, j’ai beaucoup travaillé ‘en coulisses’. J’ai également regardé énormément de vidéos afin de ne plus craindre personne. »

Il fut dur, mais plutôt réussi. Durant les Summer Leagues et la pré-saison, il a été bon. Même quand ses tirs ne rentraient pas, il a montré une intrigante aptitude à jouer avec succès sur pick-and-roll, aussi bien par le tir que par la passe. Son QI basket a tellement impressionné que Brad Stevens – probablement pour faire jouer le moins de minutes possibles à ses starters dans des matchs sans enjeu – l’a fait évoluer au poste de meneur de jeu durant la pré-saison. Le résultat fut désastreux mais là n’est pas le plus important. On a au moins pu voir qu’Hunter pouvait tirer et passer à un niveau NBA.

Ce talent ne lui a pas permis d’acquérir un spot dans la rotation des Celtics. Après tout, Boston – bien qu’étant une jeune équipe – possède une ligne arrière déjà très solide et expérimentée avec des joueurs tels que Marcus Smart, Avery Bradley et Evan Turner, qui accaparent toutes les minutes qui auraient pu profiter à Hunter. Cette hiérarchie bien définie a relégué Hunter très loin, en bout de banc. Cependant, Hunter prend quand même du plaisir sur le banc pour l’instant.

« Je trouve ça fun », confie-t-il. « Je prends du plaisir sur le banc, donc imaginez ce que ça veut dire. Quand je rentre sur le parquet, je prends forcément du plaisir également. »

C’est plutôt évident qu’Hunter s’éclate depuis le début de saison. Tôt dans le premier quart-temps face aux Sixers mercredi soir, les Celtics ont fait circuler le ballon pour trouver Isaiah Thomas derrière l’arc, qui a converti sa tentative, propulsant Hunter hors de son siège, le bras levé, prêt à presser la détente de son fusil imaginaire.

Hunter est souvent debout quand il est sur le banc (on sait, il ne peut pas être debout s’il est sur le banc, mais vous nous avez compris…) et cela n’est pas toujours parce que le beau jeu de l’équipe le force à se lever, surtout en ce moment. C’est quelque chose qu’il tient de David Lee, qui est devenu un expert sur le fait de rester plongé dans le match tout en étant sur le banc, chose qu’il a apprise à Golden State : encourage tes coéquipiers, et tu resteras dans ton match. Pour Hunter, célébrer le succès de ses coéquipiers l’aide à rester prêt jusqu’au moment où son nom sera appelé par Brad Stevens :

« Je l’ai appris de David Lee : reste engagé, sois heureux pour tout le monde », avoue Hunter. « Quand tes coéquipiers scorent, sois toujours debout. Essaie toujours de faire quelque chose pour ne pas être déconcentré. Dans cet environnement NBA, c’est très facile de se perdre à regarder dans la foule et ne plus penser au jeu. »

Cette mentalité a payé pour Hunter mardi face à Atlanta. Après avoir réussi son premier tir à la fin du premier quart-temps, l’ex-star de Georgia State a trouvé son rythme, obtenant 20 minutes en sortie de banc et convertissant shoot après shoot. Il n’a délivré que deux passes décisives, mais pour une équipe qui possède le 21e pourcentage de la ligue à trois points (31,9%), sa capacité à tirer de loin – et le spacing qui en découle – constitue déjà une contribution solide.

« C’est bien d’avoir vécu cette première étape face à Atlanta », dit Hunter, qui, rappelons-le, est originaire de cette région. « C’est un très long chemin, mais c’était déjà appréciable. »

« Mets tes tirs et défends sur ton joueur, ok ? », lui demandait Stevens avant la rencontre face aux Sixers mercredi soir. Le coach explique : « S’il peut continuer à mettre des tirs, s’il peut continuer à défendre sur les joueurs extérieurs, alors il aura de plus en plus d’opportunités de s’exprimer ».

Malgré tout, le premier coup d’éclat a eu lieu lors d’une défaite.

« Ca me fait relativiser », explique le rookie. « On peut être dans un bon jour mais que ça ne change rien. J’ai toujours été performant dans les victoires. C’est bien d’être en rythme, mais à quoi ça sert si tu perds, surtout de 20 points ? »

La performance d’Hunter mercredi face aux Sixers n’a absolument pas ressemblé à celle de lundi, mais les Celtics sont cette fois parvenus à s’imposer tardivement face à des Sixers toujours sans victoire. Hunter a passé neuf minutes sur le parquet, principalement passées derrière la ligne à trois points pour finir à zéro point et 0/2 au tir dont un airball.

Malgré cela, sa patience et sa simplicité sont en train de s’installer.

« Je dois simplement rester moi-même, c’est ce que me demande le coach. Je pense que beaucoup de gars essaient de rentrer dans le moule et veulent s’intégrer. Moi, je suis moi-même, je ne tente rien de fou et je veux faire des choses simples : mettre un tir, faire un stop, me donner à fond et être prêt pour la prochaine opportunité qu’on me donnera. »

Article traduit par Baptiste Godreau, depuis l’article de masslive : « R.J. Hunter, Boston Celtics rookie guard, focusing on staying engaged«