Isaiah Thomas, véritable meneur

Isaiah Thomas a toujours été un scoreur, mais il a montré une réelle maturité en tant que meneur de jeu ces deux dernières semaines.

Au début du camp d’entraînement, Isaiah Thomas était assigné au rôle de sixième homme. L’idée était qu’il amenerait un impact offensif immédiat en sortie de banc, comme il l’a fait l’an passé après son arrivée. En un rien de temps, Brad Stevens pouvait l’entourer de shooteurs et Isaiah était alors à même de faire du Isaiah : amener du scoring ou bien pénétrer pour libérer des espaces et ressortir le ballon. Hélas, mêmes les plans les mieux pensés peuvent tomber à l’eau. Malgré cela, le lutin celte a évité la noyade en continuant à proposer du beau basket.

Les blessures de Marcus Smart et d’Avery Bradley ont forcé Stevens a lancer Thomas dans le cinq de départ dès le quatrième match de la saison. Dès lors, il était attendu de lui qu’il soit un réel meneur de jeu pour ses coéquipiers l’entourant, et non un simple scoreur comme il l’a été la majeure partie de sa carrière.

Pour sa cinquième année en tant que pro, celui-ci a répondu en réalisant ce qui est probablement la meilleure saison de sa carrière jusqu’ici. Il a déjà mieux shooté et été plus efficace par le passé, mais son évolution en tant que réel meneur de jeu (et non simplement scoreur pur) l’amène à être un candidat potentiel au All Star Game, avoisinant les 21 points et 7 passes décisives par match.

Après une défaite épuisante en double prolongation face aux Warriors (où il a shooté à un triste 7/22 en manquant deux tirs potentiellement pour la gagne), Isaiah Thomas a su rebondir avec un record en carrière de 13 passes décisives pour aller chercher une victoire des Celtics à Charlotte. Le tout en back-to-back, et à l’extérieur.

Lors de la diffusion du match sur CSNNE (chaîne sportive du Massachussets, ndlr), Brian Scalabrine a souligné à quel point Thomas est un meneur efficace lorsqu’il se glisse entre la ligne des lancers et la ligne de fond. Même en ne mesurant qu’1m75, il attire énormément l’attention adverse. Dans les deux gifs ci-dessous, on peut voir que dès le début des 24 secondes le plan est de libérer Thomas par un écran d’Amir Johnson ou de Jared Sullinger afin de voir si l’équipe peut trouver un bon tir grâce à la pénétration d’Isaiah. Crowder et Bradley sont alors bien espacés et il ne s’agit plus que pour Thomas de les trouver une fois infiltré dans la raquette, aidé par les errements défensifs adverses.

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(Notons que si Avery n’avait pas attrapé la balle, le coach assistant Walter McCarty semblait prêt pour un catch & shoot.)

Il y a quelques semaines, l’équipe de TNT avait débattu sur le fait qu’en tant que star, Blake Griffin devait améliorer sa capacité à gérer les prises à deux sur lui et réussir à créer une action à partir de cette situation. Ci-dessous, les deux paniers sont rendus possibles grâce à ses coéquipiers qui réalisent que Thomas subit une prise à deux, et repiquent immédiatement dans la peinture. Mais il faut également louer le calme d’Isaiah qui ne panique pas alors que la défense se referme sur lui et réussit à trouver une passe sous la pression adverse.

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Avant d’arriver à Boston, l’une des forces d’Isaiah Thomas était sa capacité à jouer un pick-and-roll avec le ballon en main. Son association avec Amir Johnson (l’un des meilleurs joueurs sur pick-and-roll de la ligue la saison passée) semblait donc un véritable rêve sur le papier. Malheureusement, les Celtics ne semblent pas profiter de ces situations, et si l’on se réfère aux statistiques de NBA.com ils sont même la septième pire équipe de la ligue avec 0,99 points par possession sur pick-and-roll. Des chiffres que l’on peut honnêtement relativiser puisque les Clippers sont bons derniers dans cette même catégorie avec Chris Paul, Blake Griffin et DeAndre Jordan dans leur effectif.

Cependant, Thomas est totalement épanoui quand il porte le ballon cette saison. Parmi les joueurs ayant plus de 150 possessions à leur actif, Thomas se classe huitième en terme de points par possessions (à 0,85) et septième en fréquence de scoring avec 41,4% (ce qui signifie que lui ou un autre joueur marque sur pick-and-roll).

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Thomas a donc largement compliqué la tâche de Brad Stevens quant au retour de Marcus Smart dans le cinq majeur lorsqu’il reviendra de blessure, mais il n’est pas vraiment un joueur exempt de tout reproche pour autant. Il y a toujours de quoi grimacer quand il bombarde à longue distance en transition, ou qu’il semble tester différents floaters en plein match. Ce qui nous amène à nous demander si Isaiah Thomas ne serait pas une sorte de projet de réhabilitation à la Jordan Crawford et un bon atout de trade pour Danny Ainge dans le futur. L’avenir nous le dira.

Quelques propos recueillis par Adam Himmelsbach du Boston Globe après la victoire obtenue au courage samedi soir :

« C’est une des choses que je préfère chez Isaiah », disait Brad Stevens. « Cela le concerne réellement que l’on gagne ou que l’on perde. La seule chose qui l’attriste c’est qu’il voulait rentrer un tir qui nous aurait aidé à battre Golden State. Il est vraiment impliqué. »

« J’ai juste voulu être agressif, continuer à être moi-même, continuer à essayer de créer des occasions pour moi et mes coéquipiers et construire à partir de ça », a précisé Thomas. « Contrôler ce que je peux contrôler, et faire mon boulot. »

Article traduit par Jérémy Kervran, de l’article de celticsblog : ‘Isaiah Thomas, point guard

2 Comments on “Isaiah Thomas, véritable meneur”

  1. Super travail les gars.
    Je rejoins le fait que lorsqu'il aura supprimer ses tirs parasites ( insupportables pour ma part ^^ ) à 3pts en transition il sera pas loin d'etre parfait dans le role qu'on lui demande. Quand on pense qu'il est payé une à peine 7M c'est à dire ridiculement bas pour son talent, c'est vraiment le top top pour nous

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