David Lee-nutile ?

(Ndlr : cet article a été écrit avant le match du 21 décembre 2015 contre les Timberwolves)

David Lee n’a pas joué la moindre seconde en deuxième période lors de la défaite des Celtics face aux Pistons mercredi dernier. Avec la résurrection de Tyler Zeller et Jonas Jerebko, le zero pointé des minutes de Lee est un événement amené à se reproduire. En effet, les statistiques montrent que les Celtics sont tout simplement meilleurs lorsque David Lee est sur le banc.

Les Celtics possèdent un « net rating » (la différence de points sur 100 possessions) de -3.9 lorsque Lee est sur le parquet. C’est d’ailleurs le seul joueur de régulier de rotation qui a un net rating négatif. À l’inverse, lorsqu’il est sur le banc, ce net rating s’élève alors à +5.9.

Pour faire plus simple, Boston a des allures d’équipes de moins de 50% de victoires quand Lee est sur le parquet, mais tutoie l’élite dès qu’il retourne sur le banc. Mais ça va plus loin que ça.

Brad Stevens mentionne souvent à quel point il accorde de la valeur aux joueurs en tant qu’ensemble, et non individuellement. Donc concrètement, il est plutôt inquiétant de réaliser que chaque formation est meilleure lorsque Lee n’en fait pas partie, selon la mesure du net rating.

Prenons un exemple. Lorsque Jae Crowder est sur le terrain sans Lee, les Celtics sont à +7.9 ! Mais lorsque les deux sont associés sur le terrain, ce score chute à -5.2. Et cette observation marche pour chaque membre de l’équipe, sauf Jordan Mickey puisqu’ils n’ont jamais joué ensemble.

Voici les stats, via Celticsblog & NBA.com :

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Comme vous pouvez le voir, le différentiel de Marcus Smart est le plus élevé : les Celtics sont à -11.3 quand le jeune meneur est associé à Lee, mais +12.1 lorsqu’il ne l’est pas. Même les lineups avec Evan Turner, le coéquipier préféré de Lee sur pick-and-roll, sont meilleures de 8.5 points sur 100 possessions sans David Lee.

Soyons clair, ce n’est pas que Lee est un mauvais joueur – il a de la valeur, mais il ne semble pas s’intégrer comme attendu : un playmaker au poste 4.

Lee a montré de belles choses, comme sa défense au poste bas face à DeMarcus Cousins mais aussi sa prestation face à son ancienne équipe des Warriors. Mais ces moments sont rares et bien trop espacés pour un vétéran de 32 ans.

Lee est un passeur très talentueux, un très bon rebondeur, et il est doté d’un très bon sens de la communication en défense. Malheureusement, son pourcentage au tir est actuellement de 48.9%, soit le pire de sa carrière. À l’aube de cette saison, il possédait un pourcentage de 62.6 lorsqu’il shootait à moins de 1.5 mètres du cercle. Cette saison ? 53.6%. Il n’est plus aussi à l’aise lorsqu’il s’agit d’attaquer l’arceau comme c’était le cas il y a quelques années.

En comparaison, Tyler Zeller est un meilleur protecteur de cercle et rim runner ; Jonas Jerebko crée plus d’espaces et de possibilités défensives ; R.J. Hunter est un bien meilleur shooteur , et Marcus Smart va évidemment récupérer son temps de jeu dès son retour en pleine santé.

Voici à quoi pourrait ressembler la répartition des minutions dans un monde où Lee est mis sur le banc après le retour de Smart :

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Ne pas inclure David Lee donnerait beaucoup plus de flexibilité à Brad Stevens. S’il veut jouer small, les 10 minutes de Zeller peuvent être réduites et redistribuées autre part, chez Hunter ou Jerebko par exemple. Si les Celtics font face à une équipe composée d’intérieurs traditionnels, comme Drummond, plus de minutes pourraient être attribuées à Zeller ou d’autres intérieurs.

Cet été, Lee a demandé aux Warriors d’être transféré afin d’obtenir plus de temps de jeu dans une autre équipe. Aujourd’hui, il se donne constamment sur de petites choses. Que ce soit en défense, où il se dépense comme rarement dans sa belle carrière, ou sur le banc où il ne manque jamais d’encourager ses coéquipiers.

Mais les Celtics sont à 14-12 et si les playoffs débutaient aujourd’hui, ils ne seraient que de simples spectateurs. Et c’est en partie à cause des mauvaises performances de Lee sur le parquet.

Pourtant, peut-être qu’une solution est possible : un rôle moindre dans lequel il n’est utilisé que dans certaines situations.

Si Lee accepte ce rôle, il sera alors plus ou moins considéré comme le Gerald Wallace de cette saison, c’est à dire un mentor pour les jeunes joueurs pouvant bénéficier de quelques occasions de jeu. Par contre, s’il réagit tel un Keith Bogans, là… ça compliquerait tout.

Nous avons d’ailleurs « appris » que Lee était mis sur le marché. Avec la date du 15 décembre, un nombre significatif de joueurs signés cet été sont transférables, et il n’est donc pas surprenant que le nom de Lee soit glissé dans les médias en réponse à cet arrivage de poissons frais. C’est David Aldridge de NBA.com/TNT qui a fait part de l’information.

Aussi talentueux soit Lee, et comme tous les vétérans passés par Boston depuis la pose de la première pierre de l’ère Stevens, il n’a jamais été question de l’intégrer à long terme dans le projet des Celtics. Son contrat, conséquent et expirant l’été prochain, est donc mis aux enchères et servira si possible à faciliter un transfert – celui dont rêve Danny Ainge depuis déjà un petit moment maintenant. S’il ne trouve pas preneur, nul doute que le GM saura recycler cet « atout » d’une quelconque façon.

Quoi qu’il en soit, la situation n’est pas aussi aisée que l’année dernière à l’Est, et la marge d’erreur n’est donc pas aussi large qu’il y a quelques mois. Avec les playoffs en ligne de mire pour Boston, chaque match est important, et ce même en décembre.

Traduit par Maximilien Clément et Léo Hurlin, d’après l’article de celticsblog « Every Celtics two-man lineup combination has performed better without David Lee«