Une saison record dans le viseur d’Olynyk

Voix des Boston Celtics, Tommy Heinsohn nous gratifie de bon nombre de comparaisons excentriques à chaque saison. Ainsi quand il a prétendu la semaine dernière que Kelly Olynyk pourrait potentiellement devenir un meilleur joueur de basket que Dirk Nowitzki, la meilleure réaction à avoir était sûrement d’en rire.

Ce commentaire a pourtant assez fait parler de lui pour qu’on demande à Nowitzki ce qu’il en pense ; la légende des Dallas Mavericks n’a pas totalement craché sur cette comparaison mais a rappelé à tout le monde, d’une manière élégante qu’on lui connait bien, que peu d’hommes atteindrait de tels sommets.

« J’aime bien ce garçon », a déclaré Nowitzki dans la semaine, selon les propos rapportés par Tim McMahon d’ESPN. « Je ne suis juste pas convaincu que ce soit à ce point. »

« Mais je l’aime vraiment bien. C’est un bon shooteur. Il s’améliore d’année en année, donc je lui souhaite le meilleur pour l’avenir. Il peut devenir un très bon joueur, mais je ne suis pas sûr qu’il ait tant de marge que ça… Il a beaucoup de chemin à parcourir pour y arriver. »

Pour appuyer les déclarations de Nowitzki, Olynyk a en effet été collé sur le banc lors de la défaite face aux New York Knicks la semaine dernière. Après avoir démarré dans le cinq majeur la première mi-temps (et totalement oublié les rapports des scouts sur Kristaps Porzingis), l’intérieur des Celtics a passé l’ensemble de la seconde période assis à regarder ses coéquipiers. Ces derniers ont fait tout leur possible pour revenir d’un déficit à deux chiffres, avant que Jerian Grant et Arron Afflalo ne les expulsent définitivement du Madison Square Garden.

Malgré cette sortie qui ne fera pas date, Kelly Olynyk est en fait en passe d’accomplir quelque chose en tant que shooteur que Nowitzki n’a jamais fait. En effet, aucun joueur de 2m13 ou plus (7 feet, une taille symbolique en NBA) n’a jamais tiré à 43,3% derrière l’arc avec au moins une tentative par match, ce qu’Olynyk réalise avec un peu plus de la moitié de la saison derrière lui (et un solide chiffre de 3,2 tentatives par match en moyenne). Le record actuel sur une saison entière, selon Basketball-Reference.com ? En 2009-2010, alors que Nowitzki atteignait 42,1% à longue distance. Et aussi incroyable que cela puisse paraître, Olynyk a déjà rentré plus de paniers à 3 points que Dirk cette saison là.

Toujours selon Basketball-Reference, Nowitzki détient bien le record du plus grand nombre de tirs à 3 points rentrés par un 7 footer sur une seule saison régulière (151 en 2000-20001). Il faudrait à Kelly 93 tirs primés derrière l’arc lors des 39 matchs restants pour atteindre cet objectif, ce qui fait que le record semble hors de portée.

Pour autant, depuis le match sus-cité contre les Knicks, Olynyk met le feu aux paniers. Qu’il arbore un chignon de hipster ou les cheveux détachés à la Legolas, il a expédié 15 de ses 24 tirs à 3 points à travers l’arceau, soit 62,5% (!). Cette période inclut une première mi-temps venue des cieux face à Phoenix, un 5 sur 6 derrière la ligne à Dallas, et une autre performance disons… inhabituelle pour un joueur de sa taille, mercredi soir à Toronto. Depuis le 1er décembre, Olynyk est simplement le quatrième joueur le plus adroit à trois points de la NBA (à 48,8%) et ce parmi l’ensemble des joueurs, peu importe la taille, avec au moins une tentative par match.

Pour les Celtics, les paniers à trois points sont comme un feu de cheminée en hiver ou une averse lors d’un été de sécheresse. Quand Isaiah Thomas est sur le parquet, Boston a besoin de réussite au tir pour lui apporter tout l’espacement possible. Et quand il est sur le banc, les joueurs de Brad Stevens doivent maintenir cet apport pour soutenir la production offensive puisque privés du dynamisme de leur créateur de jeu.

Kelly Olynyk n’est pas parfait. Il se fait toujours bousculer à l’intérieur par moments. Il use parfois de la feinte de tir à outrance, se privant ainsi de bons tirs, et il ne passera peut-être jamais tout un quatrième quart-temps à punir ses adversaires par son jeu au poste (comme l’a fait Nowitzki face aux Celtics). Mais il est également vital pour l’attaque de Boston, étant l’un des rares celtes qui devrait tirer au-delà de la ligne des 7 mètres dès qu’une occasion correcte se présente à lui. Pour une équipe qui est régulièrement à la peine du côté du scoring, il est d’une sacrée aide ces derniers temps. Même s’il ne sera jamais Dirk.

Traduit par Jérémy Kervran d’après l’article de MassLive ‘Boston Celtics’ Kelly Olynyk is no Dirk Nowitzki, but still on pace for historic shooting season