Que faire de Jared Sullinger cet été ?

Que faire de Jared Sullinger ?

Voilà une question à laquelle Danny Ainge lui-même n’a probablement pas encore la réponse, mais une à laquelle il va devoir bientôt se préparer à répondre, avec l’imminence de l’été 2016 qui fera du joueur un restricted free agent. L’équipe s’épanouit cette saison, pour l’instant amarrée à la troisième place de la conférence Est, et Sullinger n’y est pas pour rien. Alors, doit-elle sortir le chéquier afin de conserver l’ailier fort d’Ohio State sous sa tunique verte au-delà de l’été prochain ? Doit-elle miser sur la continuité d’un groupe dont l’esprit collectif et l’alchimie sont les principales forces ? Doit-elle laisser filer le joueur dans l’espoir de faire venir un plus gros poisson ?

Jackie MacMullan, célèbre journaliste sportive américaine, a été invitée à peser le pour et le contre sur le plateau de l’Early Edition de CSNNE la semaine dernière, avant qu’elle ne finisse par soulever la question de l’avenir de Sullinger avec les Celtics.

« Il n’a pas perdu un gramme, il n’a rien accompli de ce que Ainge attendait de lui », a d’abord constaté MacMullan. « Mais en le voyant jouer, on voit tout de suite que personne dans cette équipe n’a de meilleures mains que lui. Je ne crois pas qu’il y ait un de ses coéquipiers qui possède un meilleur sens du jeu au poste bas. Donc que faut-il faire de lui ? »

L’animateur de cette émission, Gary Tanguay, a rebondi sur cette question pour expliquer que Boston ne devait absolument pas faire de folies avec Sullinger, mais que la possibilité de le faire revenir à un prix correct méritait d’être explorée. Cette approche est sensée, en particulier du fait que le statut de RFA de Sullinger permet aux Celtics d’égaler toute offre qui sera faite au joueur. Cela permet donc à Ainge de laisser le marché dicter la valeur du joueur, et de ne s’aligner que si l’offre qui sera faite à ce dernier semble acceptable aux yeux du décisionnaire.

Ça semble facile, n’est-ce pas ? En effet, mais ce n’est pas sans risque. L’augmentation du salary cap assure à de nombreuses équipes la possibilité de faire des ponts d’or aux agents libres. Les équipes qui ne parviendront pas à attirer leurs cibles prioritaires devront bien dépenser cet argent, et on peut donc s’attendre à les voir se rabattre sur des agents libres de second plan comme Sullinger.

Ainge a pris soin de construire une équipe lui permettant de conserver une flexibilité financière maximale, et surpayer Sullinger irait donc à l’encontre des décisions qu’il a prises jusque là. Si le cas de figure se présente, il n’aura presque pas d’autre choix que de laisser partir le joueur sans contrepartie. Dans un tel scénario, comment les Celtics remplaceraient-ils celui qu’ils avaient drafté en 21e position de la draft 2012 ?

Comme le signale « Jackie Mac », Sullinger fait certaines choses mieux que quiconque au sein de cette équipe. Ses 8,6 rebonds par match sont non seulement un record en carrière, mais aussi et de loin la meilleure moyenne du roster. La question de savoir si cette équipe, qui manque de taille et qui a déjà des problèmes au rebond, peut se permettre de ne pas conserver Sullinger.

Sur le plan offensif, les moyennes de Sullinger sont peut-être en baisse cette saison. Ce n’est que la conséquence de la baisse du taux d’utilisation du joueur, et donc de la façon dont Brad Stevens a décidé d’organiser son attaque. Le joueur est toujours aussi capable que les autres de marquer des paniers faciles au poste, tout particulièrement lorsque Isaiah Thomas pourfend les défenses adverses, attirant ainsi les prises à deux ou forçant ses adversaires à switcher sur pick and roll afin de créer des match-up favorables pour l’intérieur dans la peinture.

À certains points de la saison, Sullinger sortait du banc, ses minutes étaient fluctuantes et son rôle dans la rotation incertain. C’est tout l’inverse aujourd’hui, puisqu’il affiche un double double avec ses 27,5 minutes de moyenne depuis le All-Star Break.

La forme récente du joueur qui vient de fêter ses 24 ans est-elle le symbole d’un quelconque développement de son jeu, ou un signe de motivation supplémentaire à l’approche d’une free agency qui s’annonce lucrative ? Lui qui n’a pas perdu de poids comme on le lui demandait l’été dernier sera-t-il plus motivé à se mettre en forme une fois qu’il aura signé un nouveau contrat ? C’est une hypothèse, un risque que les Celtics devront prendre en compte lorsqu’il faudra décider de le re-signer.

À présent dans le dernier quart de sa quatrième saison NBA, Sullinger ne s’est jamais imposé comme le stretch four que l’équipe espérait faire de lui lorsqu’elle lui a donné le feu vert pour artiller derrière l’arc au cours de ces deux dernières saisons. À vrai dire, il a même fait baisser sa réussite jusqu’à 25,3%, ce qui ne justifie pas de poursuivre l’expérimentation visant à en faire un poste 4 capable d’étirer les défenses adverses. Fort heureusement, il a remodelé son jeu cette saison en tentant plus de deux fois moins de tirs primés, montrant qu’il comprend au moins quelles sont les limites de son jeu. Toutefois, s’il ne se montre pas capable d’attirer son adversaire direct en dehors de la raquette, il n’est alors peut-être pas le joueur le mieux taillé pour le jeu prôné par Stevens. Ce seul point pourrait suffire à faire hésiter l’équipe au moment de faire une proposition à Sullinger.

En effet, financièrement, les Celtics ne devraient avoir aucun mal à pouvoir conserver l’ailier fort. À l’heure actuelle, ils n’ont que 51 millions de dollars garantis en vue de la saison prochaine. Ce chiffre ne prend pas en compte les contrats non-garantis de Jonas Jerebko et Amir Johnson, qui pourraient libérer 17 millions supplémentaires si les joueurs sont laissés libres ou sont échangés. Avec un salary cap que l’on prévoit au-delà des 90 millions l’an prochain, il devrait y avoir suffisamment de marge de manoeuvre pour faire revenir Sullinger et tout de même signer un agent libre au salaire maximum.

Re-signer Sullinger ne devrait pas empêcher l’équipe de frapper un gros coup l’été prochain, mais elle doit cependant rester prudente et éviter de trop dépenser sur un joueur à la forme physique suspecte et dont la panoplie ne s’intègre pas à la perfection au sein du système Stevens. Idéalement, l’équipe se servira de son cap space et de son coffre au trésor pour se mettre en quête d’un joueur de calibre supérieur à ce poste. La perspective d’un sign and trade pourrait alors prendre tout son sens.

Si Ainge ne parvient toujours pas à mettre le grappin sur la star capable de faire de cette équipe une sérieuse prétendante, les chances de voir Sullinger rempiler à Boston pourraient alors croître. Il y a bien entendu pire que de conserver ce jeune noyau de l’équipe intact tout en ajoutant çà et là quelques renforts capables de les amener jusqu’aux portes de ce statut de candidats au titre. Ce n’est certes pas la touche finale dont rêvent les fans, mais c’est toujours un pas de plus dans la bonne direction.

Traduction de l’article de celticsblog « Is Jared Sullinger in the Celtics future plans? » par Léo Hurlin

2 Comments on “Que faire de Jared Sullinger cet été ?”

  1. C'est bien de vouloir des shooteurs à 3 pts , mais il faut un peu de viande à l'intérieur aussi ! Et malgré sa petite taille je trouve qu'il s'en est bien sorti cette année alors autant en faire un vrai petit 5 de small ball , virer Amir Johnson et trouver un vrai stretch 4 que Jared ne sera JAMAIS

Comments are closed.