Terry Rozier, en quête de liberté

Le rookie des Celtics a traversé beaucoup de choses avant d’arriver en NBA : une enfance difficile, un père derrière les barreaux. Le talent et l’amour – y compris celui lointain de son père – l’ont aidé à s’en sortir. 

Au dessus de la couchette de Terry Rozier Senior, à l’établissement correctionnel de Lake Erie, trônent photos et coupures de presses parlant de son fils.  Depuis que celui-ci a été drafté en seizième position par les Celtics à l’été 2015, son père possède même un t-shirt arborant la tête du jeune Terry, customisé à la bombe par un co-détenu.

DAVID MAXWELL
Terry Rozier n’a pas joué beaucoup pour sa première saison, mais il rêve de devenir, un jour peut être, All-Star.

Mais le soutien de Rozier père vient toujours de loin, de derrière les barreaux. Le matricule numéro A494-214 a encore trois ans à purger sur une peine de 13 pour kidnapping et vol aggravé.

Alors pour l’instant, il devra attendre qu’une des télévisions situées dans les parties communes diffuse un match des Celtics, puis patienter fébrilement jusqu’au lendemain pour pouvoir passer un appel pour s’enquérir de la prestation de Terry.

La pensée de pouvoir, un jour, voir son fils jouer au basketball en chair et en os, de pouvoir enfin le prendre dans ses bras après un match, suffit à le chambouler. Tellement que cet entretien s’est vu momentanément interrompu par l’arrivée d’une employée de la prison, alerté par les irrépressibles sanglots de Rozier.

Ce n’est pas tellement que les rêves se brisent, à Youngstown, dans l’Ohio, c’est que bien souvent, ils n’ont même pas l’occasion de naître. Vivant autrefois au rythme des aciéries, la ville est maintenant totalement décrépie, à l’image de bien d’autres villes de la « Rust Belt » (littéralement, ceinture de rouille, une zone industrielle économiquement sinistrée des États-Unis). De nos jours, l’activité la plus florissante est l’incarcération, notamment dans les trois institutions correctionnelles situées sur le territoire de la commune. L’endroit a longtemps détenu le triste record du taux de meurtre le plus élevé.

« À Youngstown, on est un peu tous prisonniers, parce que c’est la seule chose que nous connaissons, » explique la mère de Rozier Junior, Gina Tucker.

Tucker a eu trois enfants avec trois hommes différents, tous de Youngstown. L’un a été tué et les deux autres ont fini en prison.

Tucker et Rozier Senior sont amis depuis leur enfance. Le père de Rozier Sr. mourut alors que celui-ci était âgé de deux ans, et pendant son année de quatrième, un de ses entraîneurs qu’il avait pris pour figure paternelle décéda, le laissant désespéré.

« C’est à ce moment que je me suis engagé sur le mauvais chemin, » confie calmement Rozier Senior avant d’ajouter : « J’ai choisi la mauvaise voie. »

Quand le jeune Terry a vu le jour, le 17 mars 1994, son père, seulement dans sa dix-huitième année, était présent pour le tenir contre lui. Moins de deux mois plus tard, il était arrêté pour vol aggravé, et passa les huit premières années de la vie de son fils en prison.

Gina, laissée seule avec sa mère et la charge d’élever Terry, quitta le lycée et passa un test GED (test de compétences pour les gens n’ayant pas terminé leurs études secondaires). Elle travailla à KFC et survécut grâce aux allocations, tout en tentant de contrôler son facétieux fils.

Terry grimpait sur les meubles, jetait des cailloux sur les maisons avoisinantes, cherchait partout les armes à feu qu’il savait cachées dans la maison. Il n’était encore qu’un enfant, mais la rue semblait déjà l’avoir pris au piège.

Lorsque Terry n’était encore qu’un bébé, la mère de Gina, Amanda, la pressait de le laisser vivre avec elle à Shaker Heights, dans la banlieue de Cleveland, où l’avenir était moins sombre. Elle s’était déjà vu confier la garde de l’aînée, Tre’Dasia, qui souffre d’infirmité motrice cérébrale.

Quand un jour, Terry rentra de la maternelle et avoua s’être fait frapper par son maître, Gina capitula.

« Je me suis rendu compte que je devais le faire sortir de Youngstown, » avoue-t-elle.

À seulement six ans, Terry était trop jeune pour comprendre la complexité de la situation, trop jeune pour comprendre pourquoi son père n’était pas présent et pourquoi sa mère l’avait envoyé loin d’elle.

Il focalisa sa colère sur sa grand-mère, lui faisant subir caprices et insultes jusqu’à ce qu’elle pleure. Amanda tenta de le raisonner, de le punir, de le prendre dans ses bras jusqu’à ce qu’il se calme. Elle prit même des cours d’éducation parentale, en vain.

La plupart des nuits, Terry dormait dans un grand sac en toile dans lequel il gardait ses vêtements. Il espérait secrètement pouvoir tout emballer rapidement pour repartir à Youngstown.

Gina tenta finalement de le ramener chez elle, mais l’environnement n’était pas adapté. Les bruits des coups de feu faisaient partie intégrante de l’atmosphère des soirs d’été au point qu’un soir, un ex de Gina tira plusieurs rafales au travers des murs de la maison.

Gina possédait trois armes. L’une était cachée au dessus des toilettes, l’autre sous son matelas et la dernière sous un canapé. Elle devait toujours en avoir un revolver à portée de main, se justifie-t-elle, pas de temps pour un cadenas. Mais Terry savait où les armes étaient, il jouait même avec lorsque sa mère et ses amis n’étaient pas attentifs.

« Quand je dis que je voyais des fusils et des revolvers à la maison, je les voyais vraiment. J’ai grandi là-dedans, dans cet environnement. J’étais surexcité, il aurait pu m’arriver n’importe quoi. », avoue aujourd’hui Terry.

Terry Rozier had many troubles at home, with his father, Terry Sr. (left), in and out of prison and his mother, Gina Tucker (right), struggling to keep him safe.
Terry Rozier accompagné de son père et sa mère.

Quand son père fut libéré de l’établissement correctionnel de Trumbull, ils passèrent quelques mois à rattraper le temps perdu. Rozier Sr. apprit à son fils de 9 ans comment boxer et Terry apprit à son père comment jouer aux jeux vidéos. Terry avait enfin un père présent à ses entraînements de football et quelqu’un avec qui jouer au basket. Terry en parle encore comme le plus bel été de sa vie, même si ces instants de bonheur n’étaient que fugaces.

« J’ai tout mis de côté, tout ce que j’avais entrepris, pour quelque chose que je regrette aujourd’hui. J’ai tant perdu pour ce que j’ai fait. », confie aujourd’hui Rozier Sr.

Le 27 juillet 2003, Rozier Sr.et trois de ses amis prirent au piège un couple essayant de vendre des jantes, dans le but de leur voler leur marchandise. Une des victimes en vint aux mains avec l’un des agresseurs le tenant en joue avec une arme, un coup de feu partit et tua l’un des complices de Rozier Senior, un jeune homme de 17 ans.

Comme la mort de leur complice était intervenue alors qu’ils commettaient un crime, Rozier et ses deux acolytes restants furent finalement inculpés de meurtre. Ils plaidèrent coupables de kidnapping, de vol et d’homicide involontaire. En 2005, Rozier fut condamné à 13 ans de prison.

« Je peux imaginer beaucoup de choses que j’aurais fait différemment, mais à cette époque j’ai pris une mauvaise décision. J’ai pris une très mauvaise décision et je dois vivre avec désormais. », explique le père de Terry.

La prison servit de refuge à Rozier Senior pour se protéger de ceux qui cherchaient à se venger. Mais Gina commençait à sentir, qu’elle et sa famille, étaient en danger à cause de tout cela.

« Ils ont menacé de tuer mon fils » raconte-t-elle. « Ils voulaient que Terry (Senior) ressente la peine qu’ils ont ressenti. Parfois on peut prendre ce genre de menaces à la légère, mais à Youngstown, il vaut mieux prendre ça très au sérieux. »

Elle fit les valises de son fils, appela sa mère et l’informa qu’il retournait à Shaker Heights.

Terry Rozier enfant.
Terry Rozier enfant.

La ré-acclimatation ne fut pas simple pour le jeune Terry. De ce que racontent les membres de sa famille, il était sujet à de violentes crises, se battait avec les autres enfants et cassa un jour une télévision après avoir perdu à un jeu vidéo. Il fut envoyé dans une école spéciale pour les enfants présentant des troubles du comportement.

Ce coup-ci, sa colère et sa peine provenaient en partie de la nouvelle absence du père qu’il avait entendu pendant huit ans.

« Vous pouviez voir la douleur dans ses yeux quand les autres enfants jouaient avec leurs pères. Quand j’avais un copain, il se raccrochait à lui, on peut dire qu’il cherchait à tout prix ce type de relation. », confie Gina.

« Les autres enfants avaient leurs pères avec eux, et moi, je voulais simplement que mon père sorte de prison.»

Durant l’année de CM1 de Terry, sa grand mère le ramena à Youngstown pour Thanksgiving. Ce qu’il vécut alors, au cours d’une terrifiante nuit, l’aida à finalement comprendre à quelle vie il avait échappé.

Ce soir-là, Gina était sortie avec son cousin dans un bar pendant qu’Amanda était restée à la maison avec Terry et d’autres enfants. Une dispute éclata entre le cousin et quelques clients du bar, qui menacèrent de mitrailler la maison de Gina.

Gina, paniqué, appela immédiatement Amanda qui barricada la porte et alla se cacher sous le lit avec les enfants, tous en larmes. Elle raconte qu’elle était prête à les faire s’enfuir par une fenêtre si nécessaire. Finalement, aucun tireur ne vint, mais cet événement choqua profondément Terry.

« À cet instant, j’ai réalisé que ma grand mère n’avait toujours voulu que mon bonheur, j’ai réalisé à quel point elle m’aimait et voulait me protéger. », raconte aujourd’hui Terry.

De retour à Cleveland, Terry se concentra alors sur le basket. Il commença par rouler ses chaussettes en boule et les lancer dans le panier à linge et finit par passer d’interminables heures à s’entrainer au centre de loisir. Sa grand-mère avait l’habitude de s’asseoir à l’extérieur et de vendre hot-dogs et sodas, pendant que Terry commençait à poursuivre son rêve naissant.

À son entrée en cinquième, il mesurait seulement 1m60, mais assumait son gabarit, s’habillant comme l’ancien meneur des 76ers, Allen Iverson, trimbalant sa carcasse d’un bout à l’autre du terrain, comme s’il était en caoutchouc. Il s’attardait souvent au centre de loisir après le coucher du soleil, le quittant uniquement lorsque sa mère venait l’appâter à l’aide d’hamburgers et de jus d’orange.

Chez lui, il inventait ses propres exercices, attachant une corde à un ventilateur pivotant et s’entraînant à la suivre des yeux pendant qu’il dribblait. Il avait également l’habitude de dribbler avec un ballon recouvert d’un sac en plastique, pour travailler son contrôle de balle.

Le coach de Shaker Heights, Danny Young, également principal adjoint du collège, fut un jour convié à venir au gymnase, observer ce surprenant cinquième.

« J’y suis allé et j’ai pensé, ‘ce petit gamin ?’  » raconte Young. « Et puis il s’est mis à scorer sur la tête de tout le monde. »

Rozier ne resta avec les juniors que trois matchs avant d’être appelé dans l’équipe lycéenne, où il s’épanouit pleinement. Il s’engagea avec l’université de Louisville, mais n’obtint pas les scores nécessaires aux tests de qualifications. Après avoir obtenu son diplôme, il s’engagea donc à l’Académie Militaire de Hargrave, un établissement privé à Chatham, dont 23 ex-membres ont joué en NBA.

Rozier était malheureux là-bas : il se réveillait au clairon à 5h45 chaque matin, il n’y avait pas de télévision dans sa chambre et les lumières étaient éteintes à 22h. Il travaillait dans le réfectoire, assistait aux offices à la chapelle et allait en cours. Il passait de nombreuses nuits assis dans sa chambre, à pleurer.

En janvier de cette année, il se fit prendre en train de tricher à un examen et dut donc marcher autour du campus en portant un fusil pendant vingt-cinq heures. Cela lui prit plusieurs jours, mais le lendemain de la fin de sa punition, il inscrit 68 points au cours d’un match.

« Hargrave m’a rendu mature, ça m’a fait grandir, et j’en avais besoin » confie Rozier.

Et Louisville le désirait toujours, ce dont il avait également besoin.

This past year, Terry Rozier led the Louisville Cardinals to the NCAA tournament’s Round of 8.

Gina Tucker, qui travaillait alors comme aide soignante à domicile, prit un second emploi de gardienne de nuit dans un hôpital pour pouvoir se permettre de se rendre aux matchs des Cardinals. Elle ne voulait pas louper un seul de ces moments.

Rozier s’était transformé en un monstre athlétique de 1m87, animé d’un esprit de compétition unique. Malgré cela, il n’était pas initialement considéré comme un joueur NBA en puissance. Durant sa première année, les scouts venaient sur le campus pour observer Russ Smith et Montrezl Harrell, pas pour observer Terry Rozier.

« Et ils repartaient avec un nouveau nom sur leur liste, ça arrivait tous les jours », se souvient l’ancien assistant coach des Cardinals, Kevin Keatts.

Durant l’été suivant, Rozier fit très forte impression au camp d’entraînement, brillant face à des adversaires de haut niveau. C’est à ce moment qu’il décida de tenter sa chance en NBA à la fin de sa deuxième année.

Après avoir emmené Louisville en huitièmes de finales du tournoi NCAA, il se présenta à la draft et se montra à son avantage lors de deux workouts avec les Celtics.

« On a un exercice où le joueur doit remonter le terrain, balle en main, contre deux défenseurs. En dix ans, Terry est le seul gars que j’ai vu réussir comme si les deux défenseurs n’étaient même pas là » raconte le co-propriétaire des Celtics Steve Pagliuca.

Il y avait également des exercices physiques et de tirs connus pour épuiser les joueurs, mais Rozier les effectua trois fois de suite.

« J’ai parlé à beaucoup de personnes au sein de la ligue, » confie le coach de Louisville, Rick Pitino. « Si les Celtics avaient attendu jusqu’à leur second choix (28ème), ils ne l’auraient pas eu. »

Mais Boston choisit Rozier avec le seizième choix. Quand il entendit son nom être appelé, il sauta en costume trois pièces dans la piscine de sa fête organisée pour la draft à Cleveland. À environ 120 kilomètres de là, à l’établissement correctionnel de Lake Erie, Rozier Senior criait de joie. Cet instant était tellement extraordinaire pour lui qu’il eut la sensation que le monde s’était tu autour de lui, raconte-t-il, comme s’il avait perdu l’ouïe. Malgré cela, lui restait au fond de la bouche un goût amer, celui de la solitude et de l’éloignement de son fils.

150630_kdb_CELTICS_DRAFT_PICKS_0016

Tout au long de ses années de lycée et d’université, Rozier a gardé le contact avec son père. Il allait le voir en prison à peu près une fois par mois quand la saison eut été terminée, et son père l’appelait parfois trois fois par jour.

« Je lui ai toujours dit de se servir de mes difficultés comme une motivation, » confie Rozier Senior. « Je suis désolé de ce que j’ai fait, j’aurais aimé être un meilleur père. J’ai essayé de l’encourager à ne pas emprunter le même chemin, à devenir meilleur que je ne l’étais. »

En dépit de la distance, Rozier se confiait à son père plus facilement qu’à n’importe qui d’autre, et n’a pas gardé de rancune des années passées loin de lui.

« Je pense que ce que j’ai vu à Youngstown m’a fait comprendre ce qu’il a dû affronter. Je savais qu’il aurait voulu être avec moi. » raconte Rozier.

L’année dernière, en récompense de sa bonne conduite, Rozier Senior a été transféré de l’établissement correctionnel Trumbull à Lake Erie, une prison moins sécurisée. Il vit maintenant dans une sorte de caserne plutôt que dans une cellule, et il peut profiter de quelques conforts, comme par exemple l’accès à une télévision pour regarder son fils jouer.

Au fil des années, il a étudié des domaines utiles pour son retour à la société, la soudure, l’entretien de bâtiments, la couture et la cuisine. Il doit être libéré le 22 août 2018, mais il pense que la date va être avancée en récompense de ses progrès.

« Je suis beaucoup plus mature maintenant. J’ai compris quelles sont mes responsabilités en tant qu’homme et en tant que père. J’ai une famille dont je dois prendre soin. Je suis une personne complètement différente… Ces 12 dernières années m’ont vraiment fait du mal. Chaque jour je comprends, je réalise ce que j’ai fait, ce que j’ai pris et ce que j’ai abandonné. », confie avec lucidité Rozier Senior.

Terry Rozier sirote une bouteille d’eau, assis sur un tabouret de bar dans un appartement de Watertown, situé dans un complexe immobilier calme qui semble bien loin de l’agitation de Boston. Il n’a que 21 ans, et bien qu’il ait déjà été éloigné de chez lui, c’est la première fois qu’il vit vraiment seul.

Sur le comptoir, une pile de cartes de collection qu’il doit signer pour une entreprise. Un matelas pneumatique, qui lui sert de canapé, est posé devant une grande télévision.

Rozier a l’habitude de rester ici à regarder Netflix, ou à aller au gymnase des Celtics à Waltham pour s’entraîner. Bien que son temps de jeu soit mince pour sa première saison, il est persuadé d’avoir les capacités de devenir un jour All-Star.

Actuellement, Rozier peut se promener dans Boston sans être reconnu. Récemment, alors qu’il achetait des meubles, un vendeur a demandé à son ami si Rozier était un rappeur. Il doit encore se faire nom au sein de cette ville, et ainsi emplir sa famille de fierté.

Il est le père d’un enfant de deux ans, Justin. Durant la saison de NBA, le garçon va surtout rester dans l’Ohio avec sa mère – une ex camarade de lycée – Gina et Amanda Tucker. Justin est plein d’énergie et indiscipliné, exactement comme Rozier à son âge.

Rozier Senior n’a pas encore rencontré son petit-fils, mais il espère pouvoir développer une relation avec lui. Il regrette d’avoir donné un si mauvais exemple en tant que père.

Mais son fils dit avoir appris de ces erreurs, de cette distance. Il s’est rendu compte de ce qu’il désirait comme relation père-fils, et il espère pouvoir tisser un lien très spécial avec le sien, afin peut-être d’en renforcer un autre.

« Il faut simplement pouvoir être là pour son fils. Je pense que rien n’est plus important, ce n’est jamais trop tard. », déclare Rozier.

De gauche à droite, son frère B.J. Carter, sa grand-mère Amanda Tucker, sa soeur Tre’Dasia Tucker, sa mère Gina Tucker, son fils Justin et Terry Rozier.
 
Article original Terry Rozier’s long outside shot d’Adam Himmelsbach du Boston Globe. Traduction par Hugo Geindre, relecture par Baptiste Godreau. 

One Comment on “Terry Rozier, en quête de liberté”

Comments are closed.