« Je vais jouer aux Celtics, papa »

Samedi après-midi, un imposant contingent des Celtics (incluant même Tom Brady, le quaterback des Patriots) a conclu un rendez-vous à New-York avec le gros lot de cette free agency : Kevin Durant.

Les Celtics sont sortis satisfaits de cette rencontre, et alors qu’ils montaient à bord d’un jet privé pour rentrer à Boston ils pensaient également à leur autre cible de renom, l’intérieur Al Horford.

Boston a rencontré Horford pendant deux heures vendredi, et le quadruple All-Star est arrivé bien préparé, en mitraillant les dirigeants celtes de questions. Ce à quoi les Celtics ont répondu avec une longue présentation de leur projet.

« Ça couvrait tous les aspects de la vie sur et en dehors du parquet à Boston, ainsi que l’avenir de notre équipe », a confié une source proche de l’équipe. « Dès le début nous avons avons été très clair sur le fait qu’il y avait une réelle connexion. »

Pourtant les Celtics ne savaient toujours pas précisément quelles étaient leurs chances d’obtenir Horford, particulièrement quand Atlanta (où l’intérieur a passé ses neuf années de carrière) est revenue dans la course sur le tard afin de le re-signer.

Mais alors que le jet allait décoller, un téléphone sonna et délivra la nouvelle que les Celtics, leurs fans et la ville entière attendaient : Al Horford avait accepté le contrat de 4 ans pour un salaire maximum de 113 millions proposé par Boston. Le pilote a alors été obligé à se garer sur le côté de la piste pour que l’équipe présente à bord puisse célébrer la nouvelle à peine l’appel terminé.

Après des mois d’attente, d’espoir et de travail acharné, les Celtics avaient enfin frappé un grand coup.

« Nous voyons les choses en grand, et c’est une grande signature », confiait cette source proche de la franchise. « Cela va nous placer dans une position encore plus confortable pour l’avenir. »

À 19h15 heure américaine (1h15 du matin en France), Al Horford a posté sur son compte Twitter :

changeant au passage sa photo de profil pour le logo des Celtics. Il ne pourra toutefois signer officiellement à Boston qu’à partir du 7 juillet, date de fin du moratoire commun à toute la ligue.

Selon une autre source au sein de la NBA, le contrat de 4 ans d’Horford inclurait une Player Option après sa troisième saison.

Le père d’Al Horford, Tito, a confié dans une interview téléphonique samedi soir que son fils avait réduit son choix aux Hawks et aux Celtics. Alors que la famille de l’intérieur discutait de ses options, la conversation revenait régulièrement autour de la passion toute particulière des fans de Boston.

A Atlanta, le soutien du public était parfois tiède, bien que les Hawks aient livré un bilan de 108 victoires pour 56 défaites lors des deux dernières années.

« Il n’était pas tout le temps très motivé quand il voyait tous ces sièges vides alors qu’ils gagnaient », raconte Tito. « Il m’a dit : Papa, quand on a joué contre Boston, ils étaient menés de 15 points et le public encourageait son équipe comme s’ils étaient en train de gagner. Ils sont tellement investis dans le match. C’est quelque chose d’important pour nous, et particulièrement pour lui. »

Pivot pour les Bucks de 1988 à 1990, Tito Horford a avoué avoir toujours été impressionné par la grande tradition et le soutien sans faille de la franchise.

« Depuis que Boston, Danny Ainge et toute l’organisation ont commencé à manifester de l’intérêt pour lui, ça lui a ouvert les yeux », selon Tito Horford. « Il a toujours eu un bon contact avec Boston. »

La décision d’Horford pourrait avoir encore plus d’importance puisqu’elle arrive juste après la rencontre entre les Celtics et Kevin Durant. Avec Horford et un autre All-Star en la personne d’Isaiah Thomas, Boston peut maintenant dessiner sa propre version d’un Big Three.

Même si Durant décide finalement de signer un contrat de deux ans avec une player option à OKC, ce qui est depuis longtemps considéré comme le plus probable, la signature d’Al Horford et la rencontre de samedi pourraient envoyer un message fort pour l’avenir.

Tito Horford a précisé que son fils n’a pas mentionné la possibilité que Durant le rejoigne à Boston et a souligné que ce n’était pas la raison pour laquelle il avait choisi les Celtics.

« Il a juste dit : là, tout de suite, je suis excité. », a ajouté Tito. « Il m’a dit : je vais jouer aux Celtics, papa. Je ne sais pas qui d’autre ils pourraient recruter, mais je suis là, et je croise les doigts. »

Que Boston signe Durant ou pas, au bout du compte, les Celtics se sont considérablement renforcés ce samedi soir.

La signature de l’intérieur de 2,08m est peut-être le plus gros coup dans l’histoire des free agencies de la franchise. Âgé de 30 ans, Horford a tourné à 15,2 points et 7,3 rebonds de moyenne cette saison. C’est un défenseur solide, et qui a rentré 34,4% de ses tentatives à 3 points.

« Je pense que la volonté d’Al de devenir un Celtic est vraiment une étape historique pour cette franchise », selon une source proche de l’équipe. « Prenez une équipe qui décroche 48 victoires avec un noyau de jeunes joueurs et un très bon coach, ajoutez un quadruple All-Star en tant que free agent au contrat maximum, et vous avez une bonne idée de la direction dans laquelle nous allons. »

Vendredi les Hawks sont tombés d’accord avec l’ancien pivot des Rockets Dwight Howard pour un contrat de 3 ans. Cette signature semblait alors indiquer que les jours d’Horford à Atlanta étaient comptés.

Mais samedi matin (dans l’après-midi en France) plusieurs comptes-rendus suggéraient que les Wizards avaient rejoint les Celtics en tant que finalistes pour décrocher le gros lot. Plus tard dans la nuit, il semblait que le momentum était en train de retourner dans le camp des Hawks et qu’ils redevenaient favoris pour re-signer leur star.

Cela aurait été un coup dur si Horford avait rejeté les offres des Celtics, et cette occasion manquée aurait eu des répercutions qui auraient fait vaciller l’équipe, puisque la plupart des meilleurs free agents ont été accueillis dans de nouvelles franchises ces derniers jours. Mais à la place Boston a trouvé une nouvelle pierre angulaire qui devrait l’aider à rejoindre l’élite des équipe de la conférence est.

« Je pense qu’ils ont un staff remarquable et des bons joueurs, et jouer pour des équipes comme les Celtics, comme les Lakers, c’est vraiment une histoire de tradition », a conclu Tito Horford. « Les gens supporteront toujours les Boston Celtics. »

Toute l’attention de Boston est maintenant dirigée vers Durant. Les Celtics ont joué la carte de la surprise samedi en amenant Tom Brady avec eux lors de la rencontre avec le MVP 2014. Brady était entouré de Ainge, de Brad Stevens, des co-propriétaires Wyc Grousbeck et Steve Pagliuca, ainsi que d’Isaiah Thomas, Jae Crowder, Marcus Smart et Kelly Olynyk.

Une source proche de l’équipe n’a pas voulu rentrer dans les détails quant au rôle de Brady dans les discussions, disant simplement : « Tom a fait du très bon boulot aujourd’hui. »

Cela semble toujours peu probable que Durant choisisse Boston, mais la présence d’Horford ne peut qu’aider. Si les Celtics pouvaient réaliser l’impossible et ajouter à la fois Durant et Horford à leur noyau déjà très talentueux, ils deviendraient immédiatement des candidats au titre NBA.

 

Traduction de l’article du Boston Globe « Celtics strike in free agency, agree to deal with Al Horford » par Jérémy Kervran.