Celtics 24/7

En juillet, lorsque l’ex-Celtic Evan Turner accepta l’énorme offre de quatre ans et 70 millions de dollars des Portland Trail Blazers, l’assistant coach des Celtics Jay Larranaga lui envoya un message de félicitations.

La réponse que lui adressa Turner n’avait aucun rapport ni avec le contrat, ni avec la saison, ni même avec le basket tout court. Au lieu de cela, il remercia Larranaga de lui avoir rendu visite chez lui, à Colombus, Ohio, l’été dernier. Larranaga était venu s’entraîner avec Turner, l’avait invité ainsi que sa mère au restaurant, et était allé au cinéma avec lui pour voir le film « Straight Outta Compton ».

Dans l’esprit de Larranaga, l’importance de cette visite aux yeux de Turner a reconfirmé l’efficacité de la méthode des Celtics dans leur gestion des intersaisons.

« Nous rendre là où vivent les joueurs, rencontrer leurs familles, essayer de nous faire une meilleure idée de ce que sont leurs vies en dehors des Celtics a son importance, explique-t-il. Cela crée des liens. »

Pour certaines équipes, la fin des longues et épuisantes saisons NBA marque l’occasion pour tout le monde de prendre ses distances, de partir en vacances et de s’octroyer des sessions avec des entraîneurs individuels. Les Celtics savent que tout cela est utile, mais leur coach Brad Stevens croit qu’il est tout aussi important que son staff reste en contact avec les joueurs alors que ces derniers sont éparpillés aux quatre coins du pays. Cela fait partie de la culture qu’il a implanté en travaillant sans relâche depuis son arrivée il y a tout juste trois ans.

C’est pourquoi, juste avant que l’été n’arrive, Stevens réunit ses assistants et planifie de petites retrouvailles. Parfois, un coach n’ira voir qu’un seul joueur, parfois il retrouvera tout un groupe. Mais on leur demande toujours plus que simplement diriger un entraînement ou vérifier la forme physique des joueurs.

« Le simple fait de les voir, de faire de l’exercice avec eux, de passer du temps avec eux ou de manger avec eux est plus important, confie l’assistant Micah Shrewsberry. Ça permet de renforcer nos liens. »

L’assistant Jamie Young s’est donc récemment rendu dans le Michigan pour rendre visite à l’ailier Jonas Jerebko. Ensemble, ils ont joué au basket chez Jerebko, ont été nager, ont fait la cuisine, ont soulevé de la fonte et ont regardé jouer l’équipe nationale des USA aux Jeux Olympiques.

Larranaga a fait plusieurs arrêts à Atlanta afin de travailler avec Al Horford, R.J. Hunter, Jae Crowder, Amir Johnson et Jaylen Brown. Le mois dernier, il a ainsi montré à Horford, la principale recrue de l’été des Celtics, quelques systèmes que l’équipe exécute en sortie de temps morts.

Pendant tout ce temps, Stevens est en contact permanent avec ses assistants. Par exemple, il a envoyé à Larranaga quelques séquences vidéo d’un match du tournoi NCAA de 2007, où l’on voit son équipe de Butler University affronter celle de Florida (où évoluait à l’époque Horford avec les Gators) et mettre en place des systèmes bien spécifiques.

« Ses joueurs enchaînaient les paniers à trois points en face d’Al, raconte Larranaga avec un petit rire. Quand on a reproduit ces actions ce jour-là, Al était très concentré. Il a rentré tous ces tirs que Butler avait réussi face à lui. »

Lorsqu’elles réunissent plusieurs joueurs, ces sessions ont une valeur ajoutée car elle permettent aux coéquipiers de tisser également des liens entre eux. Johnson s’est par exemple rendu par avion de Las Vegas, où il réside, à Atlanta, dans l’unique but de développer ses rapports avec Horford. Les deux joueurs formeront probablement la raquette titulaire des Celtics.

Après un des entraînements auquel Larranaga, Hunter, Crowder et Horford avaient pris part, ce dernier les a tous emmenés manger à Yeah! Burger, un de ses établissements préférés d’Atlanta.

« On essaie de passer du temps ensemble en dehors des parquets, glisse Hunter. J’ai demandé à Larranaga : ‘Est-ce que les autres équipes font ce genre de trucs ?’ Je trouve que c’est cool d’avoir l’occasion de mieux connaître nos coachs et nos coéquipiers durant l’intersaison. »

Ces réunions ont donc eu lieu tout au long de l’été, partout aux États-Unis, grâce aux coachs et aux préparateurs physiques qui ont sillonné le pays. Shrewsberry a principalement travaillé avec Kelly Olynyk qui se remet d’une opération à l’épaule. L’assistant Brandon Bailey a retrouvé Hunter et le rookie Abdel Nader à Chicago, avant de rejoindre le coach des Maine Red Claws Scott Morrison à Los Angeles afin d’encadrer Brown, Marcus Smart et James Young.

« Rien de tel que le trafic routier de LA pour pouvoir passer du temps avec quelqu’un, dévoile Morrison. J’ai passé une heure chaque jour dans la voiture avec Jaylen, et c’était super de pouvoir discuter avec lui, apprendre à le connaître. »

L’assistant Jerome Allen a quant à lui rendu visite à Isaiah Thomas, et l’assistant Kenny Graves est allé à Miami à la rencontre de Crowder, Smart et Terry Rozier.

« Tout le monde a conscience qu’on a l’occasion de franchir un autre cap cette saison, indique Larranaga, et l’été permet de préparer le terrain pour ça. »

Les coachs des Celtics ont des approches différentes selon les joueurs et l’expérience de ceux-ci. Ils font confiance aux vétérans, à leur éthique de travail et leur vision de l’équipe. C’est pourquoi ils vont principalement leur rendre visite afin de passer du temps avec eux, et réaffirmer leur importance au sein de la franchise. Plusieurs coachs ont reconnu que les joueurs les plus consciencieux de l’équipe sont également les meilleurs, et que l’exemple qu’ils donnent est donc important.

« On sait que ceux-là bossent durant l’été, résume Shrewsberry. »

Pour les moins expérimentés, ces visites estivales sont autant d’opportunités pour apprendre.

« Nous avons des joueurs, plus jeunes, qui parfois n’ont pas encore leur routine estivale et qui n’ont pas encore pleinement conscience que leur travail dure douze mois par an, précise Larranaga. Bien sûr qu’il est nécessaire qu’ils reposent leurs corps, mais il faut également qu’ils travaillent leurs capacités, qu’ils enrichissent leur jeu s’ils veulent avoir les réussites en carrière qu’ils s’attendent à avoir. »

Morrison a affirmé que Brown, troisième choix de la draft de cette année, a tiré bénéfice de ses entraînements contre Smart, qui entrera cette année dans sa troisième saison et qui est désigné comme l’un des joueurs les plus durs et assidus de l’équipe.

Pour Brown, c’est une autre occasion de goûter en avant-première à la NBA, mais également de trouver des repères dans son nouvel environnement. Récemment, il s’est présenté au gymnase de l’équipe à Waltham afin d’y commencer une nouvelle session d’entraînements. L’arrivée de Morrison fut pour lui l’arrivée d’un visage familier : celui d’un coach qui s’était rendu jusqu’à Los Angeles pour le retrouver, celui d’un coach qui s’était retrouvé au cœur du trafic angeleno avec lui, au restaurant avec lui, au milieu d’un entraînement avec lui. Un bref fist bump, et les deux se remirent au travail.

Quelques citations bonus sur Horford et Brown :

  Jay Larranaga sur Horford :

« Al a été incroyable, très solide, très pro, très efficace dans son travail. C’est un très bon exemple pour les autres, ils peuvent voir comment se prépare un All-Star. »

  Scott Morrison sur Brown :

« À Vegas, Brad et moi nous sommes concertés pour voir sur quoi nous pensions que Jaylen pouvait travailler afin qu’il puisse contribuer d’entrée de jeu. Offensivement, ses appuis, son tir extérieur, sa prise de décision, tout ce que des jeunes role players doivent faire pour être utiles. »

« Brown m’a particulièrement impressionné. Je savais qu’il avait la mention ‘athlète’, phénomène physique, et ce n’est pas usurpé. Il n’a pas l’air d’avoir 19 ans, mais plutôt 27. Je pense qu’il aura un avantage sur les autres rookies de ce point de vue. »

« Je pense qu’il a un super potentiel comme joueur extérieur. Son tir semble meilleur de jour en jour et il prend de bonnes décisions. »

Traduction par Léo Hurlin de l’article du Boston Globe ‘Summer is a bonding time for Celtics coaches and players

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