Qui sera la révélation de la saison 2016-17 ?

Les deux dernières saisons des Celtics ont été marquées par la forte progression de nombreux joueurs de l’effectif. Entre le statut de All-Star décroché par Isaiah Thomas, l’explosion de Jae Crowder, l’amélioration du jeu offensif de Bradley ou encore la résurrection d’Evan Turner, l’équipé a été capable de dépasser les attentes (en saison régulière au moins) grâce à des joueurs évoluant au-dessus de leur niveau supposé en début de saison.

Faisons un inventaire des forces en présence afin d’essayer de voir qui pourrait franchir un cap cette saison.

Les sophomores

Commençons notre état des lieux par les sophomores, puisqu’avec une seule année d’expérience en NBA, ce sont habituellement eux les plus à même de montrer une progression spectaculaire.

– Rozier : en l’état actuel des choses, le 16ème choix de la draft 2015 est sûrement le mieux placé parmi les sophomores. Si sa saison rookie fut peu conséquente en temps passé sur un parquet NBA, l’impression laissée durant ces quelques passages fut plutôt positive. On se rappellera notamment de ses playoffs où l’absence de Bradley lui a donné l’occasion de montrer qu’il pouvait offrir des performances solides et sobres au plus haut niveau. Étonnamment, c’est dans un domaine où ne l’attendait pas vraiment qu’il s’est fait le plus remarquer, celui du rebond. Il a eu beaucoup plus l’occasion de faire montre de ses talents dans des domaines plus classiques en D-League, en affichant 19,4 points et 8 passes décisives de moyenne, sans que cela soit pour autant vraiment suffisant pour donner des garanties de sa capacité à être un bon meneur en NBA. Mais ce qui nous rend aujourd’hui vraiment optimistes sur sa capacité à se révéler cette saison, ce sont ses Summer Leagues. Les Celtics lui ont clairement donné les clefs du camion cet été, et il a assumé ce rôle de leader avec brio. Faisant preuve d’une bonne agressivité offensive et d’une excellente adresse (54,2% au tir, dont 45,2% à trois points), il a surtout montré un sens de l’organisation offensive et un contrôle du tempo du jeu qu’on ne lui connaissait pas. Jusque-là, Rozier se montrait en effet peu capable de jouer en maîtrisant sa vitesse, mais il semble avoir gagné en assurance et en lecture du jeu. Ces qualités, c’est sur les parquets NBA qu’il devra les apporter cette saison pour aider son équipe à pallier l’absence d’Evan Turner. Sa quatrième place dans la rotation sur les deux postes arrières devrait justement lui en donner l’occasion.

– Mickey : Jordan Mickey possède un profil rare et particulièrement recherché par l’équipe, combinant des talents de rim protector à une mécanique de tir laissant entrevoir une capacité à sanctionner les défenses adverses à trois points. De fait, nombreux étaient les fans à espérer qu’il puisse rapidement intégrer la rotation et devenir un contributeur de premier plan. Initialement signé pour deux ans garantis suivis de deux en team option, Mickey reste un projet à long terme et il faudra donc qu’il continue patiemment à réciter ses gammes dans l’ombre. En effet, Danny Ainge et son staff n’ont pas manqué de prendre soin du secteur intérieur cet été, en remplaçant par exemple Jared Sullinger par Al Horford. Étant barré par cinq joueurs dans la raquette, seules des blessures pourraient a priori permettre à Mickey de voir la lumière du jour cette saison. En marge de tout cela, ses progrès à l’entraînement seront donc cruciaux, notamment sur sa compréhension du jeu, son placement et ses instincts défensifs : en cessant de trop chercher le contre ou de trop miser sur ses qualités d’athlète et en privilégiant les fondamentaux tels que le box-out, Mickey pourrait potentiellement apporter une solution au rebond (qui risque d’être un secteur problématique) et ainsi obtenir des minutes pour peut-être se faire une place dans la rotation.

– Hunter : le profil d’Hunter semble idéal pour combler les besoins de l’équipe au shoot sur les postes d’arrière/ailier. Pourtant, R.J. Hunter n’a que peu foulé le parquet l’an dernier, car son adresse s’est révélée défaillante et qu’il n’offrait pas au coach les garanties défensives solides que ce dernier réclame. Sur le plan défensif, le joueur possède pourtant de bonnes mensurations (1m98 et 2m08 d’envergure), de bons instincts et plus généralement un bon QI basket, mais ne pouvait tout simplement pas relever le défi physique. Pesé à 83 kg au moment du Draft Combine, il a ensuite clamé avoir gagné 3 kg supplémentaires au cours de sa saison rookie, et son objectif estival était clair : passer à 92 kg. Il a travaillé pour cela avec Bryan Doo, préparateur physique de l’équipe, mais son poids annoncé au training camp n’était toujours que de 86kg (même s’il faut se méfier de ses chiffres). Pour l’adresse, Hunter doit clairement améliorer sa sélection de tir pour réussir à se mettre dans le bon rythme. Mais pour avoir l’occasion de montrer ses progrès il devra d’abord s’assurer de faire partie de l’effectif en obtenant cette fameuse quinzième place de l’effectif pour laquelle il est en concurrence avec James Young.

Ceux qui sont attendus au tournant

Voilà d’autres candidats très sérieux, mais attention car les attentes pesant sur leurs épaules sont très grandes et leur marge d’erreur se réduit chaque saison.

– Smart : le cas de Smart est particulier tant son apport défensif exceptionnel, sa hargne et sa rage de vaincre en font déjà un joueur convaincant et très utile pour les Celtics. Mais les promesses offensives seulement entrevues et conjuguées aux attentes placées en lui depuis sa draft nous font espérer bien plus de sa part. Smart a principalement deux grands axes de progression. Le premier, c’est bien sûr l’adresse, puisque suite à une saison marquée par des pourcentages historiquement bas, on espère le voir au moins redresser la barre et dessiner les contours d’une progression future. Mais un autre sur lequel on l’attend presque plus, c’est le playmaking. Le départ d’Evan Turner fait peser sur les épaules de Smart de lourdes responsabilités en terme de création en sortie de banc. Il existe un débat sur la capacité de Smart à assumer un rôle de meneur NBA, et sur la pertinence de plutôt décaler ce dernier sur le poste 2 et cette saison devrait grandement le faire avancer. Smart devra confirmer ses progrès dans la gestion entrevus la saison dernière et devenir pleinement capable d’endosser ce costume pour l’équipe, sans quoi il risquera alors de se faire dépasser sur ce plan par un Rozier en embuscade. Cette saison a donc toutes les chances d’être charnière pour le jeune meneur : soit il explose vraiment en ajoutant une palette offensive convaincante à sa défense impressionnante, soit il faudra sans doute accepter l’idée d’une maturation lente et en deçà des attentes de son potentiel en attaque, et sans doute changer son utilisation dans le jeu.

– Olynyk : le canadien chevelu sort d’une saison très prometteuse mais marquée par une blessure à l’épaule l’ayant éloigné des terrains puis handicapé pendant un très long moment. On a un instant cru la saison dernière que ce serait sa saison, lorsqu’il enchaînait les trois points avec une adresse diabolique en janvier dernier, mais cet aperçu (avant-goût ?) de sa capacité à exprimer son talent sur les parquets NBA fut malheureusement trop court pour parler de révélation. Depuis qu’il a été drafté par Boston, il y a principalement deux choses qui empêchent Olynyk de faire réellement profiter son équipe de ses qualités techniques exceptionnelles pour un joueur de sa taille : sa défense catastrophique et son mental défaillant. La première est très bonne voie d’amélioration, car même si Kelly n’est toujours pas un mur défensif, il n’est en tout cas plus un boulet pour son équipe dans ce domaine. Niveau mental, le constat est en revanche moins net, même s’il a montré de très bonnes choses durant ce fameux mois de janvier où il n’hésitait plus à shooter. Finis, les atermoiements et les abus de feintes de tir, Kelly faisait enfin preuve de l’agressivité offensive qu’on lui réclamait depuis son arrivée dans la ligue. Cette nouvelle détermination lui permettait d’enquiller les trois points, mais également de rendre bien plus efficaces ses fameuses feintes lui ouvrant le chemin du cercle pour aller profiter de sa qualité technique près du panier. Cependant, un mois c’est un peu court pour effacer deux saisons et demi d’hésitations frustrantes, d’autant plus que son épaule douloureuse ne lui a pas permis de faire montre de ce nouvel état d’esprit même après son retour sur les parquets la saison dernière. Après son opération de cet été, son épaule devrait cette fois-ci le laisser tranquille et lui semble avoir tout ce qu’il faut entre les mains pour enfin s’affirmer au plus haut niveau. Après avoir laissé partir Jared Sullinger, l’équipe compte en tout cas plus que jamais sur lui et il lui faudra réussir sa saison pour aborder la restricted free agency sereinement. À lui de jouer, donc.

Peuvent-ils encore progresser ?

Ceux-là ont déjà affichés de gros progrès lors des saisons précédentes et on ne parierait pas sur eux pour afficher la plus grosse progression de l’effectif, mais sait on jamais…

– Crowder : vu à l’époque comme un simple joueur de complément dans le fameux transfert qui envoya Rajon Rondo à Dallas, le 34e choix de la draft 2012 a connu une grosse progression sur les deux dernières saisons au point d’incarner pour certains l’âme de l’équipe. Re-signé l’été dernier pour cinq ans, il fait à présent partie des meubles de l’équipe et on oublierait presque qu’il peut lui aussi s’améliorer. Toutefois, sa courbe de progression risque d’être moins spectaculaire, tout simplement car l’équipe ne devrait plus avoir à se reposer autant sur lui et son incroyable apport physique. Grâce à leur bel été, et notamment en ayant drafté Jaylen Brown ou encore fait venir Gerald Green, les Celtics ont considérablement renforcé leur potentiel athlétique à l’aile et cela devrait être bénéfique pour le n°99. En effet, si Brown peut rapidement contribuer en défense et que Green peut le soulager offensivement sur séquences, cela devrait permettre à Crowder de ne pas trop se fatiguer défensivement (l’arrivée d’une tour de contrôle comme Horford derrière les ailiers devrait également être un gros bonus) et pouvoir en retour polir son jeu offensif, soit mieux équilibrer ses contributions et améliorer ses pourcentages.

– Bradley : récemment auréolé d’une place dans la All-Defensive First Team venant récompenser l’incroyable niveau défensif qu’il affiche depuis plusieurs saisons déjà, Bradley sort, de plus, de sa meilleure saison en termes de points par match et de sa deuxième meilleure en termes d’adresse. Il semble donc que l’objectif de cet exercice pour lui soit plus de peaufiner son jeu, par exemple en confirmant les progrès constatés sur son dribble. Cependant, en maintenant sa défense au plus haut niveau, en augmentant son agressivité offensive, son adresse et sa capacité à se créer son shoot, Bradley pourrait se rapprocher d’un statut de All-Star. Son style de jeu loin d’être flashy ne l’a jamais prédisposé à ce genre de récompense, mais s’il nous gratifie de quelques actions d’éclat (comme celle-ci par exemple) au cours d’une saison très réussie collectivement, il n’est pas impossible que cela arrive.

– Jerebko : Le Larry Bird suédois pourra-t-il poursuivre sur la lancée de ses très bons playoffs 2016 ? La tâche parait difficile tant la raquette des Celtics semble fournie et que le statut de Jerebko, ni jeune à développer ni vrai pilier de l’effectif, ne le place pas en favori pour obtenir des minutes. Mais Jonas a l’habitude de ce genre de situation et nul doute qu’il saura profiter du moindre espace dans la rotation pour faire valoir ses qualités très précieuses dans l’effectif, sa polyvalence défensive et son adresse à 3 points en premier lieu. S’il est capable de s’améliorer sur certains points comme l’adresse près du panier, le rebond ou encore l’agressivité offensive, il pourrait même se faire une vraie place dans la raquette celte et en surprendre, encore une fois, plus d’un.

Les grosses cotes :

Misez sur eux à vos risques et périls.

– Green : après Jordan Crawford et Evan Turner, Gerald Green peut-il faire l’objet d’un nouveau tour de magie de la part de Stevens ? Signé au minimum fin juillet, l’ailier de 30 ans arrive dans le bon contexte pour surprendre. L’équipe ne devrait pas réellement avoir à se reposer sur lui, mais Green pourrait ne pas se contenter de faire le nombre. En effet, le cocktail explosif d’athlétisme et de folie offensive qu’il apporte pourrait bien servir à débloquer certaines situations. À regarder l’effectif de plus près, personne d’autre qu’Isaiah Thomas ne peut se targuer comme Green de pouvoir prendre feu à n’importe quel moment. Bien sûr, le joueur possède de vraies lacunes dans son jeu, telles l’irrégularité et une défense tout juste passable. C’est donc son adhésion au système Stevens et son utilisation qui permettra de dresser le bilan de son second passage en vert. Son renfort à l’aile est en tout cas une assurance derrière Crowder et apporte un peu de concurrence saine pour le rookie Jaylen Brown.

– Johnson : difficile de voir en Amir Johnson la potentielle révélation de la saison, car son profil de vétéran aux qualités et au rôle bien établi ne s’y prête pas vraiment. Mais on pourrait tout de même observer quelques améliorations vis-à-vis de la saison dernière. L’arrivée d’Al Horford pourrait en effet lui être bénéfique des deux côtés du terrain. En défense, il devrait pouvoir se montrer encore plus efficace avec un partenaire aussi solide, mais ne devrait plus avoir à mettre toute son énergie dans ce secteur. Cela pourrait lui permettre de s’exprimer plus en attaque, où il devrait également bénéficier du jeu de passe d’Horford et des prises à deux que ce dernier subira certainement. D’autant plus qu’il devrait être amené à être le joueur évoluant le plus près du panier et profiter ainsi d’opportunités de tirs à haut pourcentage. Si son corps le laisse tranquille contrairement à l’exercice précédent, Johnson pourrait bien montrer une progression statistique, en plus de continuer à apporter toutes ces petites choses invisibles mais essentielles à la victoire qui font de lui un joueur précieux.

– Young : et puis, si ce n’est pas cette saison, ce sera celle d’après… Plus sérieusement, Young a semblerait-il travaillé dur cet été – comme il a pu l’indiquer lors du media day et comme ses sept kilos supplémentaires le laissent entendre, mais il part de très loin et la concurrence avec Hunter ne laisse rien présager de bon le concernant. Il a en effet une saison de plus au compteur que ce dernier, et même s’il possède des qualités naturelles que n’a pas son homologue, il semble bien incapable de comprendre la nature des attentes l’entourant. Son sort devrait prochainement être scellé, et si par surprise le ballotage lui était favorable, cela voudrait alors dire que le staff a entrevu des progrès intéressants et surtout tangibles dans son jeu. Son cas est donc plus que jamais à surveiller.

Les rookies :

On ne peut pas vraiment parler de saison de la révélation pour un rookie, mais on peut tout de même se demander s’ils vont répondre aux attentes, les dépasser ou bien décevoir.

– Brown : au vu de ses lacunes offensives, au tir, dans la protection de balle et dans la prise de décision, il semble peu probable que Brown explose dès sa première saison. Surtout si l’on prend en compte que le troisième choix de la dernière draft est tombé dans une équipe qui tourne bien, avec des objectifs importants et qui ne peut pas forcément offrir à un rookie ni tout le temps de jeu ni les responsabilités dont il a besoin pour se développer le plus vite possible. Mais Brown a tout de même des atouts à faire valoir. Ainsi, son corps semble déjà prêt pour la NBA et il pourrait donc s’épargner ce temps d’adaptation physique nécessaire pour beaucoup de rookies. Sa morphologie pourra également lui donner l’opportunité de faire ses preuves en défense, ce qui est la première chose attendue de beaucoup de rookies du côté de Boston. Sur ce point, le fait d’évoluer dans une équipe bien en place, avec des défenseurs féroces autour de lui pourrait grandement l’aider et lui faciliter la tâche, d’autant plus qu’il aura de nombreux exemples à suivre sous ses yeux tels que Crowder, Smart ou encore Bradley. Même s’il n’obtiendra pas autant de coups de sifflets et qu’il lui sera moins facile de driver, il pourra également capitaliser sur sa capacité impressionnante à obtenir des fautes démontrée en Summer Leagues pour aller chercher des points faciles, à condition d’être adroit aux lancers-francs bien sûr. Si tout cela est réuni et accompagné de progrès sur l’adresse au cours de la saison ainsi que de quelques gros dunks, on pourrait avoir le droit à une saison prometteuse à défaut d’être une saison révélation.

– Jackson : le contexte hyper concurrentiel sur les postes 1 et 2 ne laissera a priori malheureusement pas beaucoup d’opportunités à Demetrius Jackson, mais un joueur récupéré en 45e position alors qu’il était vu par certains comme un choix potentiel de premier tour ne peut pas décevoir. Jackson passera très certainement l’essentiel de sa saison en D-League, dans la pépinière celte, à travailler plusieurs compartiments de son jeu pour surmonter son relatif handicap de taille. On peut notamment évoquer ses prises de décision ou encore sa vision du jeu somme toute moyenne. Il devrait tout de même y réussir quelques cartons, car il a les armes pour être adroit de loin et le potentiel athlétique pour tirer son épingle du jeu dans l’antichambre de la NBA.

Article rédigé par Hugo Geindre et Léo Hurlin