Jae Crowder : « Jaylen Brown est tout ce que je voulais être à son âge »

Les quelques pauses qui émaillent un training camp en NBA peuvent entraîner autant de perturbations dans la vie d’un jeune de 19 ans tout juste devenu millionnaire. Et pourtant, un soir durant le weekend dernier, le rookie des Celtics Jaylen Brown se trouvait là, assis sur un banc de piano. Aux côtés de la fille de Jae Crowder, Jada, il faisait de son mieux pour rejouer après elle les chansons enfantines.

« Elle m’a montré quelques chansons, racontait Brown lundi après que Crowder ait partagé cet instant en vidéo sur Instagram. Je ne les connais pas encore. J’ai joué quelques trucs simples comme ‘Twinkle, Twinkle, Little Star’ [NDT : un équivalent anglais de ‘Ah ! vous dirai-je, maman’]. »

Brown s’est rapidement lié d’amitié avec Crowder, et ce pas seulement pour pouvoir jouer avec sa fille. Crowder se dit fasciné par la maturité de Brown, le troisième choix de la draft de juin qui fera ses débuts en pré-saison ce soir (mardi 4 octobre) avec la réception des 76ers par les Celtics au Mullins Center de l’Université du Massachusetts à Amherst.

« Il est tout ce que je voulais être à son âge, explique Crowder. Il est très mature pour son âge. Il est capable de parler de plein de choses. C’est quelque chose qui me plaît. Je n’ai pas toujours envie de parler de basket, j’aime bien l’idée de pouvoir me poser chez moi avec quelqu’un et me relaxer, parler de tout et n’importe quoi. Il adore la musique, tout comme moi. C’est son truc, il fait des sons, ce genre de trucs. J’avais envie de le connaître davantage. »

Avant même d’avoir disputé le moindre match officiel NBA, Brown peut déjà se targuer d’avoir pour mentors Crowder et un autre joueur de Marquette, le All-Star des Bulls Jimmy Butler. Après avoir passé une partie de l’été avec Butler, qu’un entraîneur commun aux deux joueurs a présenté à Brown, Crowder a pris Brown sous son aile à Boston. Il espère le mettre sur les bons rails afin qu’il devienne un joueur d’impact au sein de la ligue.

« Le simple fait qu’on lui parle, qu’on l’accompagne, c’est quelque chose d’important pour lui. Je crois qu’il le sait, analyse Crowder. Il en a conscience. Je lui ai dit ‘Tu as raison de fréquenter Jimmy, c’est la bonne chose à faire. Lorsque que j’ai appris ça, je savais que tu prenais la bonne voie, parce que Jimmy est un sacré bosseur’. S’il travaille, alors tout le reste s’enclenchera de lui-même. Je pense que notre présence dans son cercle de proches lui sera très bénéfique. »

Avec l’indisponibilité de Gerald Green, touché à la hanche en ce début de training camp, Brown est la première option derrière Crowder au poste 3. Brown a fait montre du potentiel athlétique qui avait séduit les Celtics, et se considère chanceux que Crowder ait ce désir de le façonner.

« Jae Crowder, c’est un peu mon grand frère, confie Brown. J’ai passé pas mal de temps avec lui ce weekend, et lui m’a pris à part à l’entraînement pour me parler. C’est un mec bien. J’apprécie sa présence à mes côtés et ses conseils. C’est rare que les gens viennent vous voir d’eux-mêmes comme ça, surtout quelqu’un dans ma position. Jae Crowder est un mentor et une personne vraiment cool, franchement, il est devenu quasi-instantanément une des personnes que je préfère fréquenter. »

Il ajoute :

« Ça fait un moment qu’il est dans cette ligue. Je pense qu’on peut apprendre de tout le monde : je pourrais apprendre énormément d’Avery Bradley, d’Al Horford, d’Isaiah Thomas… mais Jae Crowder, parce qu’on joue au même poste et qu’il est originaire de Géorgie comme moi, on voit un peu les choses de la même façon. Ça rend le tout encore plus irréel. Il a même fait partie de la même équipe amateur que moi à l’époque. Donc on a vraiment un lien fort. On est d’accord sur plein de choses, c’est un bon gars. »

Voici d’autres extraits de l’interview d’ESPN Boston avec Brown, édités pour des questions de clarté et de longueur :

Comment se passe votre acclimatation à Boston ?

Brown : Ça se passe franchement bien. Je m’habitue à la ville, maintenant je dois juste m’habituer au climat. C’est un gros changement par rapport à la Californie. Il commence à faire froid, je vais devoir revoir ma garde-robe en conséquence, ce genre de choses. Je m’y fais plutôt bien.

Qu’est-ce que ça vous fait de vous préparer pour votre premier match de pré-saison ?

Brown : C’est une étape, c’est excitant, c’est forcément quelque chose qui me fait plaisir. Tous les jours, je me lève pour faire ce que j’aime. J’aime jouer au basket, donc c’est génial d’être payé pour ça.

Qu’est-ce que ça vous a fait de prendre part aux festivités de samedi soir au Fenway Park, pour la retraite de David Ortiz ?

Brown : C’était super cool, franchement. David Ortiz, c’est un peu comme un super-héros.Il donne énormément d’amour, tout ça, il y a beaucoup de positivité qui l’entoure. Beaucoup de gens l’admirent et le respectent. Il a changé la vie de tellement de gens. C’était génial de le voir, de voir tout ce qu’il a fait pour cette ville, pour sa communauté, pour son pays. C’était une bénédiction de pouvoir le rencontrer et ressentir cette énergie positive.

Nous avons parlé de votre relation avec Crowder, qu’en est-il de celle avec Butler ?

Brown : C’est un autre de mes mentors. J’ai eu la chance d’avoir de nombreux guides dans ma vie qui étaient tous de bonnes personnes et de gros bosseurs. Jae Crowder en est un, tout comme Jimmy Butler. C’est l’un des plus gros bosseurs que je connaisse.Il m’a véritablement montré ce que c’était d’avoir une routine, d’être efficace et organisé, ce genre de trucs. Tout est organisé dans sa vie. C’est vraiment un bon mentor pour moi et quelqu’un de bien. Je suis reconnaissant de son soutien.

Avez-vous déjà eu quelques corvées de rookie à faire à Boston ?

Brown : Rien de très fou, à vrai dire. Que des choses faciles, et puis ça ne me dérange pas de faire mon devoir. Par exemple, je dois ramener des serviettes pour tout le vestiaire. Ou alors Isaiah va attendre que je sois assis pour me demander de lui ramener une Gatorade. Je suis OK pour le faire, je n’ai aucun problème à recevoir une leçon d’humilité.

Vous aviez le numéro 9 en Summer League, puis avez pris le 7 lorsque Jared Sullinger est parti. Y a-t-il une raison pour ce choix de numéro ?

Brown : C’est l’un de mes chiffres préférés. Je lui trouve une dimension spirituelle, divine. C’est pour ça que je l’ai pris, alors que j’avais plein d’options. Je voulais le 0, c’est celui que je voulais vraiment, mais c’est Avery qui l’a. Le 7 me va.

Nous savons désormais que le nom de votre compte Twitter @FCHWPO est un sigle qui signifie « Faith, Consistency, and Hard Work Pays Off » [NDT : on pourrait dire « La confiance, la régularité et l’effort portent toujours leurs fruits »], mais d’où cette idée vous vient-elle ?

Brown : C’est courant de dire « Hard work pays off », n’est-ce pas ? J’ai utilisé ça comme nom Twitter pendant très longtemps, peut-être depuis ma deuxième année de l’idée. Je crois que j’ai juste rajouté « faith » et « consistency ». Il me semble que mon nom était déjà pris, donc j’ai dû trouver une sorte de mantra qui me correspond. « Hard work pays off », c’est quelque chose auquel je crois. J’ai ajouté « faith » et « consistency » et je me reconnais là-dedans, donc je ne l’ai pas changé car c’est un ensemble de valeurs qui me tient à coeur.

Pensez-vous le changer un jour ?

Brown : Je n’ai pas envie de dire non, parce qu’on ne sait jamais. J’ai 19 ans, peut-être que j’en changerai à 25 ou 30 ans, mais pour l’instant, je garde ça.

Traduction de l’article d’ESPN Boston ‘Jae Crowder on rookie Jaylen Brown: ‘He’s everything that I wanted to be at that age‘ par Léo Hurlin