Unis.

Hier soir, lorsque fut entonné l’hymne américain avant le premier match de pré-saison face à Philadelphie, les joueurs et entraîneurs de l’équipe croisèrent les bras tout en tenant les mains de leurs voisins, et relièrent par ce geste deux pans de l’histoire des Celtics.

Cette action de l’équipe vient s’inscrire dans le sillage d’autres athlètes qui ont voulu attirer l’attention sur les inégalités sociales qui déchirent le pays. C’est Colin Kaepernick, le quarterback des San Francisco 49ers, qui a initié ce mouvement de réactions en refusant de se tenir debout pendant l’hymne.

L’idée derrière le geste d’hier soir provient directement de la photo d’équipe des Celtics de 1960-61 sur laquelle les joueurs et leur entraîneur Red Auerbach font la même chose.

« Les Celtics ont fait ça dans les années 1960, reconnaît Al Horford, et leur message était très clair. Il était question d’unité. C’est quelque chose que nous a paru très percutant. »

La photo a été montrée à l’équipe au début du training camp.

« Nos gars de la communication et les autres en coulisses ont fait un super travail en trouvant cette photo. Dans nos réunions, on se disait qu’il fallait faire quelque chose ensemble, unis, raconte Jae Crowder. C’est ce que montre la photo. Ces joueurs l’ont fait à une époque très dure, où l’on refusait parfois de servir à manger aux joueurs noirs dans certains établissements. La situation n’est pas aussi mauvaise aujourd’hui, mais l’idée d’être ensemble reste présente. Ils ont voulu changer les choses ensembles, et c’est ce qui nous a donné l’idée. »

C’est à l’entraînement de lundi que l’équipe a été réellement convaincue, lorsque Satch Sanders, membre de cette équipe de 1960-61, a rendu visite aux Celtics.

« Nous avions déjà pris connaissance de la photo, indique Crowder, mais Satch nous a expliqué le message qu’elle renferme. »

L’idée des Celtics, alors qu’ils se tenaient alignés d’un coté à l’autre du parquet sur la ligne des lancers francs, était de délivrer un message.

« Ce message, c’est que notre monde a besoin de changement, affirme Crowder. Nous devons le faire changer ensemble, pas individuellement. Il faut faire cela à plusieurs, unis, ensembles. Peu importe le message que l’on veut exprimer, il faut qu’il parle d’unité et qu’il nous rassemble, que nous ne fassions qu’un. »

Il est clair que derrière cette action se cachait beaucoup de réflexion de la part de l’équipe.

« Nous nous sommes beaucoup assis pour en discuter, admet Brad Stevens. Nous avons eu beaucoup de discussions personnelles, trois ou quatre réunions après des entraînements. Parfois, ce n’était que les joueurs, parfois seulement le coaching staff, parfois même des personnes extérieures à l’organisation que nous avions fait venir pour passer du temps avec nous. »

« Nos joueurs ont exprimé beaucoup de choses, et comme j’ai pu le voir un peu partout en NBA jusque-là, je crois qu’ils souhaitent vraiment promouvoir l’unité de façon positive, le vivre-ensemble, le progrès et ce genre de choses. On a vraiment eu des discussions profondes, intéressantes, importantes. Je salue nos joueurs pour avoir partagé ces pensées et avoir vu tout cela d’un œil éclairé. »

Si l’on en croit Crowder, les joueurs avaient beaucoup de choses à examiner pour faire leurs choix.

« Que voulons-nous illustrer ? Quel message voulons-nous transmettre ? C’est de ça que nous avons parlé, résume-t-il, et de comment le faire de façon positive. C’est de ça qu’il était question. »

« Nous voulions juste nous assurer d’être tous sur la même longueur d’onde et que chacun puisse exprimer son ressenti. Nous ne voulions pas que l’un d’entre nous se sente obligé de faire quoi que ce soit, ou doive s’exprimer sur un sujet contre son gré, donc nous devions être certains que ces conversations ne dérangeaient personne au sein du groupe. »

Une approche bien sûr appréciée par Stevens.

« Pour moi, l’une des plus belles choses avec la vie en équipe, c’est qu’on vient tous d’horizons différents, et qu’on apprend à se connaître afin de pouvoir tous s’unir au service d’une cause, conclut-il. »

Bonus :

Marcus Smart : Nous ne faisons qu’un.

Amir Johnson : Nous sommes tous concernés.

Jae Crowder : Et voici ce que nous avons à dire.

Isaiah Thomas : Pendant des décennies, ceux qui ont porté ce maillot

Avery Bradley : Ont fait face à des injustices sociales.

Jae Crowder : Et à chaque fois,

Ben Bentil : Ils y ont répondu en s’unissant.

Jaylen Brown : C’est un honneur pour nous de représenter nos aînés,

Al Horford : Et nous acceptons humblement de prendre leur relais

Tyler Zeller : Afin de faire face ensemble.

Jordan Mickey : De montrer que l’union fait la force.

Terry Rozier : D’affronter les problèmes de notre époque,

Jonas Jerebko : Et ceux qui se présenteront à nous demain.

Amir Johnson : Nous vous demandons de vous joindre à nous,

Demetrius Jackson : De promouvoir l’union,

Kelly Olynyk : Le progrès,

Marcus Smart : Et l’amour.

R.J. Hunter : Apportons tous notre contribution,

James Young : Et relevons tous ce défi.

Gerald Green : Unissons-nous.

#UNITY

Traduction de l’article du Boston Herald ‘Celtics show team unity during national anthem‘ par Léo Hurlin