L’heure des derniers réglages

Alors que la saison approche à grands pas et que les rotations se précisent, les Celtics doivent encore finaliser leur roster. Ci-dessous, vous retrouverez plusieurs questions auxquelles ils doivent répondre, et les options qui existent pour chaque cas de figure.

Qui fera partie de l’effectif final de 15 joueurs ?

C’est une question qui est débattue presque ad nauseum depuis que Boston a fait signer à Demetrius Jackson un contrat garanti pour la saison 2016-17. Cette signature, couplée aux autres mouvements effectués par Danny Ainge cet été, porte à 16 le nombre de contrats garantis au sein de l’équipe. À moins d’obtenir une exception auprès de la NBA, une équipe ne peut compter plus de 15 contrats garantis, ce qui s’applique en l’occurrence à Boston. Cela signifie donc qu’un joueur doit faire ses bagages, et que les Celtics devront transférer ou s’acquitter d’un contrat.

Les joueurs certains de faire partie de l’équipe qui débutera la saison sont les suivants : Avery Bradley, Jaylen Brown, Jae Crowder, Al Horford, Jonas Jerebko, Amir Johnson, Kelly Olynyk, Terry Rozier, Marcus Smart, Isaiah Thomas et Tyler Zeller. Il reste donc quatre places.

Les joueurs en compétition pour ces quatre dernières places sont les suivants : Ben Bentil, Marcus Georges-Hunt, Gerald Green, R.J. Hunter, Demetrius Jackson, Jalen Jones, Damion Lee, Jordan Mickey et James Young. On peut sans trop s’avancer retirer Georges-Hunt, Jones et Lee de l’équation. Ces trois joueurs sont en effet promis à la D-League avec l’équipe du Maine (nous y reviendrons plus tard).

Nous voilà donc avec six joueurs pour quatre places. Jackson et Mickey sont quasiment certains d’être conservés. Les deux apportent de la profondeur et leurs contrats sont confortables pour l’équipe. Green en a suffisamment montré pour intégrer l’équipe en tant que vétéran scoreur et shooteur en sortie de banc. Ce qui nous laisse donc avec la fameuse liste composée de Bentil, Hunter et Young pour le dernier strapontin. En l’état des choses, Bentil est quasi-assurément troisième de cette liste. Il n’a dépassé aucun autre big man de l’équipe et son jeu nécessite d’être poli davantage. Il est lui aussi probablement destiné à intégrer l’équipe du Maine.

Il ne reste donc plus que Hunter et Young, un duel dont on a parlé de long en large un peu partout. Danny Ainge a indiqué qu’il aimerait résoudre l’équation qui se présente à lui via un trade. Lorsqu’elles ont sous contrat des joueurs pris au premier tour, les équipes NBA sont réticentes à renoncer aux droits qu’elles détiennent sur ceux-ci, et les Celtics ne font pas exception en la matière. On peut donc s’attendre à ce que Boston continue à s’activer au téléphone jusqu’à la date butoir du lundi 24 octobre afin de transférer si possible un joueur ou deux pour finaliser son roster. S’ils n’y parviennent pas, nous verrons quel joueur entre Hunter ou Young en a suffisamment montré pour poursuivre l’aventure en vert. À ce stade, il s’agit presque de préférences personnelles du point de vue des fans.

La prolongation des contrats rookie

Voilà une question qui sera plutôt vite expédiée. Au sein de l’effectif, seul le contrat de Kelly Olynyk est éligible à une prolongation. Le canadien peut bénéficier d’une extension de contrat dont le maximum, basé sur son ancienneté dans la ligue, est estimé à environ 24 millions de dollars. Il peut également recevoir une augmentation de salaire de 7,5% maximum sur sa prochaine année de contrat en cas d’extension. Il est clair qu’Olynyk ne touchera pas le maximum, loin de là, mais sa situation reste cependant intéressante.

Olynyk est ce que l’on appelle un stretch 4, qui peut aussi contribuer comme stretch 5. Le shoot étant une qualité très recherchée en NBA, et particulièrement de la part des intérieurs, Olynyk peut espérer un contrat avec une première année au-dessus de dix millions de dollars. Que doivent-faire les Celtics de cette estimation ? Faut-il qu’ils cherchent un accord avec lui ou qu’ils le laissent devenir agent libre restreint sur le marché l’été prochain ?

Le contrat d’Olynyk est associé à un cap hold (le montant de réserve qui pèsera sur la masse salariale des Celtics jusqu’à ce que le joueur re-signe) de 7,7 millions de dollars. Sachant que ce montant est au minimum inférieur de deux millions (et peut-être bien plus que cela) au montant auquel Olynyk signera l’été prochain, il est préférable pour Boston de laisser le joueur devenir agent libre restreint. Cela leur permet en effet de conserver un précieux espace sous le cap afin d’effectuer d’autres mouvements en priorité et de re-signer Olynyk par la suite au cours de l’été. Les Celtics ont approché de la même façon leurs deux précédentes intersaisons avec Tyler Zeller et Jae Crowder : profiter du faible cap hold qui pèse sur la masse salariale pour faire le plus de choses possibles, puis re-signer le joueur.

Si une autre équipe fait une offre à Olynyk, elle pourrait forcer la main des Celtics. Mais le joueur étant agent libre restreint, les Celtics ont la possibilité d’égaler toute offre faite au joueur. Danny Ainge appréciant le joueur et ses qualités, il est très probable que Boston le conserve d’une façon ou d’une autre.

Les options d’équipe sur les contrats rookie

L’équipe détient quatre joueurs sous contrats rookie : R.J. Hunter, Terry Rozier, Marcus Smart et James Young. D’ici fin octobre, l’équipe doit décider si elle exercera ou non les team options 2017-18 de chaque joueur. Ces options d’équipe doivent en effet être exercées un an à l’avance.

En l’état actuel des choses, il est quasiment certain que l’équipe exercera les options de Smart et Rozier. En revanche, Young ou Hunter pourraient ne pas bénéficier d’un tel geste, puisqu’au moins un des deux pourrait être amené à quitter l’effectif avec la date butoir de lundi prochain. Celui qui sera conservé devrait voir son option exercée par l’équipe. Il est rare qu’une équipe se prive de cette possibilité. En effet, si un joueur émerge sur le tard, cela prive l’équipe de profiter de son talent à moindre coût. De plus, lorsqu’une option est déclinée, le joueur en question devient agent libre non-restreint et peut donc signer où bon lui semble.

Les affectations en D-League

Les Celtics sont l’une des 22 équipes NBA ayant la chance de posséder une franchise en D-League. Ils se sont beaucoup servi des Maine Red Claws par le passé en y envoyant des joueurs qui ne voyaient pas la couleur du parquet en NBA, leur permettant ainsi d’obtenir du temps de jeu. Les deux franchises étant géographiquement proches, les Celtics peuvent en plus se permettre de faire venir et aller des joueurs tout au long de la saison. Cela permet aux joueurs en question de s’entraîner avec les Celtics et de prendre part à des matchs de D-League qui leur confèrent une expérience précieuse.

Les équipes NBA peuvent affecter en D-League les joueurs qui ont entre zéro et deux ans d’expérience. Elles peuvent également y affecter des joueurs ayant trois ans ou plus d’expérience, sous réserve d’accord du joueur. Actuellement, les Celtics susceptibles d’être affectés en D-League sans leur accord sont les suivants : Jaylen Brown, R.J. Hunter, Demetrius Jackson, Jordan Mickey, Terry Rozier, Marcus Smart et James Young. Au sein de ce groupe, on peut s’attendre à ce que Jackson et Mickey soient effectivement affectés aux Red Claws, ainsi que Hunter ou Young selon la décision des Celtics. Ces joueurs ont besoin de jouer, et c’est dans le Maine qu’ils pourront en avoir le plus l’occasion.

Vous aurez peut-être remarqué que Ben Bentil, Marcus Georges-Hunt, Jalen Jones et Damion Lee n’ont pas été cités dans le groupe de joueurs juste au-dessus. En tant que rookies, ils peuvent tous potentiellement être affectés en D-League. Mais comme ils seront probablement coupés par l’équipe, le processus avec eux est différent.

Chaque équipe NBA a le droit d’avoir quatre joueurs affiliés (en anglais, affiliate players). Un joueur affilié et un joueur qui a pris part à un training camp avec une équipe NBA et qui a été coupé par la suite. C’est probablement dans cette case que se situeront Bentil, Georges-Hunt, Jones et Lee. S’ils choisissent de signer avec la D-League (les joueurs signent en effet avec la ligue et non les équipes en elles-mêmes), ils pourront potentiellement être assignés au Maine en tant que joueurs affiliés.

Les salaires en D-League étant encore relativement peu élevés en comparaison des offres que certains joueurs reçoivent à l’étranger, plusieurs équipes NBA commencent à offrir des montants garantis aux joueurs qu’elles envisagent de transformer en affiliés afin de les faire participer au training camp. Boston a offert 25 000 dollars à Georges-Hunt et à Jones, 50 000 dollars à Lee et enfin une grosse garantie de 250 000 dollars à Bentil. Pour Georges-Hunt, Jones et Lee, cela peut constituer un bonus pour avoir pris part au training camp des Celtics et peut les convaincre de se diriger tout droit vers le Maine. Pour Bentil, un tel montant garanti signifie avec quasi-certitude que l’équipe souhaite l’envoyer dans le Maine. Il se peut tout à fait que l’équipe ait flashé sur Bentil en tant que prospect tout en ayant conscience qu’elle n’aurait pas de place pour lui. Par conséquent, les Celtics ont donné à Bentil un montant l’incitant à rester proche d’eux dans le Maine et à bénéficier de leur environnement, sans pour autant faire partie de façon factuelle de l’équipe NBA.

Le problème avec la D-League, c’est que tous les joueurs qui en font partie (à l’exception de ceux ayant été directement affectés par une équipe NBA) sont, aux yeux de la NBA, des agents libres. Cela signifie que les Celtics pourraient avoir investi beaucoup sur ces quatre joueurs (notamment les montants garantis qui pèsent dans la masse salariale de Boston) mais qu’ils risquent de les perdre à n’importe quel moment au profit d’une autre équipe NBA. C’est un risque qu’encourent les équipes afin d’essayer de conserver des joueurs talentueux dans leur environnement. Pour une équipe comme Boston, c’est une des conséquences de la profondeur de leur effectif et de la somme de choix de drafts qu’ils possèdent depuis quelques années.

Il est important de souligner que ce processus ne s’applique pas à Abdel Nader, que Boston a drafté au second tour 2016 avant de le voir se développer en Summer League. Selon ce qui a été rapporté, Nader s’est engagé avec la D-League, et Boston va essayer d’acquérir ses droits de D-League afin qu’il joue dans le Maine. Ses droits de draft sont détenus par les Celtics tant qu’il joue au basket à niveau professionnel ailleurs qu’en NBA. Il ne peut pas signer avec une autre équipe NBA que Boston, à moins que les Celtics ne renoncent à ses droits ou lui fassent signer un contrat NBA et s’en séparent plus tard. Cette situation compliquée avec la D-League est de celles que la NBA et la NBPA (association des joueurs NBA) aimeraient résoudre. Il y a eu des avancées dans les négociations au sujet d’une réforme de la D-League et des contrats à double sens (dans lesquels les joueurs sont payés à hauteur d’un certain montant lorsqu’ils sont en NBA, et un autre lorsqu’ils sont en D-League), mais seul le prochain Collective Bargaining Agreement (la convention collective de la NBA) nous apportera de vraies réponses.

Traduction de l’article de celticsblog ‘Celtics pending roster options‘ par Léo Hurlin