Santé mentale en NBA : Danny Ainge partage son expérience

Lors de sa saison sophomore, Danny Ainge, qui jouait aux Boston Celtics, reçut un appel téléphonique en provenance de chez lui. Son frère l’appelait pour lui annoncer que leur mère, Kay, s’était suicidée. La nouvelle, aussi dévastatrice fut-elle, n’était pourtant pas complètement inattendue. Kay souffrait de dépression depuis plus de dix ans, et Ainge avait remarqué lorsqu’il était au lycée que sa mère passait davantage de temps à dormir en journée qu’auparavant, et qu’elle semblait moins concernée par le quotidien familial. Lorsqu’un être cher s’en va ainsi, on ressent un sentiment d’impuissance et, souvent, pour ceux qui restent, une culpabilité tenace : qu’aurions-nous pu faire pour que les choses se passent différemment ?

« À cet instant dans ma vie, je n’ai pas reçu d’aide mais j’en aurais bien eu besoin, regrette Ainge. J’aurais dû parler à un thérapeute afin de mieux gérer ce drame. »

Durant des années, Ainge a appris petit à petit à détecter les signaux de troubles du bien-être, comme par exemple lorsque des joueurs commencent à prendre l’habitude d’arriver en retard ou de rater des entraînements. Mais au lieu de les suspendre ou de leur infliger de sévères amendes, Ainge requiert qu’ils prennent part à des séances obligatoires avec un psychothérapeute professionnel de leur choix.

« Mais bon, pour être tout à fait franc, tranche Ainge, s’ils n’ont pas vraiment envie de le faire, ces tentatives ne sont pas très fructueuses. »

Le cocktail argent instantané, célébrité et admiration auquel goûtent les joueurs est déjà en soi la source de pas mal de problèmes, mais si l’on y ajoute divers paramètres comme d’éventuelles souffrances psychologique passées, des facteurs génétiques, la pression, des troubles du sommeil, un calendrier épuisant et un public impitoyable, on comprend que les joueurs peuvent souvent rencontrer des difficultés sans aide.

« Je ne m’attends pas à ce que quelqu’un ressente de l’empathie pour les joueurs, explique Ainge. Je ne saurais vous dire combien d’entre eux j’ai averti et averti encore, presque supplié d’essayer de régler leurs problèmes. Ils ne le font pas, puis trois ans plus tard viennent vous dire : OK, maintenant, je suis prêt. Mais leur opportunité s’est déjà envolée. Il y a 60 nouveaux joueurs sur 440 chaque année, le taux de renouvellement est énorme et la compétition sans merci. »

« Lorsqu’un joueur arrive à ce niveau, il a plutôt intérêt à être prêt, que ce soit mentalement, émotionnellement et physiquement. Sans ça, il se fera bouffer. »

Extraits de l’article d’ESPN « Trae Young, Kevin Love and the future of mental health in the NBA » traduits par Léo Hurlin