La première rentrée NBA de Robert Williams

À bientôt 21 ans (seulement), Robert Williams doit déjà faire face à une pression qu’on a bien du mal à imaginer de l’extérieur. Pour un si jeune joueur, originaire d’une petite ville, ces derniers mois ont en effet été porteurs de nombreux chamboulements, et le fait qu’il ait été sélectionné assez bas dans la draft n’est pas toujours pris en compte de manière juste dans le jugement que portent les fans des Celtics à son endroit. D’autant que Williams arrive après Jaylen Brown et Jayson Tatum, qui ont tout de suite affiché une maturité assez rare pour leur âge.

Heureusement toutefois, les débuts relativement chaotiques du natif de Shreveport, Louisiane, en vert ont laissé place à des signes assez encourageants. Ainsi, Williams s’est installé à deux pas du nouveau centre d’entraînement des Celtics, le Red Auerbach Center.

« On m’y a peut-être un peu encouragé, admet-il, mais c’était ma décision. »

L’équipe n’a en effet pas perdu de temps à encadrer le joueur, dont la maturité était notamment questionnée lors du processus de la draft, en lui assignant par exemple un assistant coach en la personne d’Alex Barlow.

Cet été, Williams n’avait joué que six minutes lors du premier match de Summer League des Celtics avant de sortir suite à un choc au genou avec un adversaire. Par la suite, on avait appris que ce choc avait aggravé la tendinite au genou dont souffre le joueur, qui n’avait donc plus rejoué dans le tournoi.

Depuis lors, Williams a passé l’essentiel de son été à Boston, travaillant avec le coaching staff des Celtics.

Il a pu y prendre l’exemple de deux vétérans NBA officiant comme lui à l’intérieur : Aron Baynes et Al Horford.

« Avec deux gars comme ça, tu dois tout observer, être une vraie éponge et tout absorber. Leur éthique de travail, enfin, on est en pleine intersaison et ils sont là à six heures du matin, ils viennent faire faire leurs soins et leurs exercices. Personne ne les y oblige. »

 

« Le fait de voir ces automatismes, cette régularité jour après jour, ça m’a déjà permis d’en apprendre beaucoup à leur contact. »

Pour l’heure, s’il est difficile d’émettre un quelconque avis sur ses progrès sur le parquet, on ne peut que constater une réelle lucidité de la part de Williams :

« Avec ces histoires de vols ratés, de portefeuilles oubliés, j’ai mal commencé, reconnaît-il. Mais maintenant, je suis ici, c’est un nouvel endroit, une nouvelle période qui débute, un autre état d’esprit. J’ai l’opportunité de prouver à tout le monde ici que je suis quelqu’un en qui on peut avoir confiance, quelqu’un de fiable, à qui on peut confier des responsabilités. Personne ne m’embête, ne se moque : ‘Alors, ton portefeuille ?’ en criant ou quoi. Ils me soutiennent, m’apprécient. C’est ce que j’ai principalement ressenti à Boston. Ici, on sent une vraie mentalité familiale plus qu’autre chose, et je pense que ces bons sentiments, ce soutien que je reçois vont m’aider à me mettre sur les bons rails. Ça m’aidera à prouver que je suis ce qu’ils pensent de moi, que je mérite l’estime qu’ils me portent. »

Pour cela, Williams a donc pleinement suivi les consignes du coaching staff, travaillant sans relâche à soigner son genou, mais aussi à préparer son incorporation dans le grand bain :

« J’ai essayé de me renforcer là où c’est nécessaire, résume-t-il. Bien sûr, ça commence avec mon genou, mais c’est aussi évidemment au niveau de ma lecture du jeu et de l’apprentissage des consignes du coach, avant qu’il ne me lance en 5-contre-5. Il me les a appris ces derniers jours, qu’il s’agisse des systèmes, de leurs noms, des principaux concepts. C’était vraiment utile, c’était une très bonne opportunité. »

À quelques semaines du training camp, Williams – qui souffre de cette tendinite du genou depuis la fin de sa saison à l’Université de Texas A&M – n’est effectivement toujours pas autorisé à reprendre part à toutes les activités.

Lors d’un événement communautaire, Williams a ainsi confié qu’il s’entraînait de son côté sans prendre part aux exercices en 5-contre-5.

« Je continue de gérer ça au jour le jour, expliquait-il. Pour certaines personnes dans la franchise, je représente un gros investissement de temps, un gros investissement financier, et personne ne veut voir tout cela partir en fumée bêtement. Heureusement, il y a des préparateurs et des coaches qui traitent de ce problème au quotidien. »

Signe de l’investissement de la franchise, Brad Stevens a lui-même choisi une approche pratique, du propre aveu de Williams, au point de faire une session de vélo elliptique avec son rookie mercredi dernier.

« C’est un des coaches les plus impliqués que j’ai connus, dit-il. À vrai dire, il a fait une session de vélo avec moi aujourd’hui. Ça sort de l’ordinaire. Mais il s’investit toujours comme ça. Il suffit de le lui demander ! Si quelqu’un a une question, qu’il s’agisse de basket ou non, la porte de son bureau est toujours ouverte. »

C’est à Stevens, justement, que nous laisserons le mot de la fin :

« La priorité, pour lui, c’est de devenir aussi à l’aise que possible d’un côté du terrain comme de l’autre, dans notre système et dans sa vie de joueur NBA. Il a été particulièrement actif ici cet été, il est arrivé à Boston quasiment juste après le programme de transition des rookies. Il a beaucoup bossé et ce que j’ai pu voir jusque-là me semble très encourageant. »

Inspiré des articles de MassLive « Boston Celtics’ Robert Williams dealing with knee tendinitis, not cleared for 5-on-5 » et « Robert Williams, with help from Boston Celtics coaches & Al Horford, is learning to ‘live up’ to being a pro« , par Léo Hurlin