Terry Rozier ne fait que commencer

Après des playoffs de haute volée, il semblerait que Scary Terry ait quelque peu changé de statut en NBA. L’édition américaine de GQ lui a consacré un portrait sous forme d’un shooting photo et d’une interview dont nous vous proposons la traduction.

À l’été 2017, lorsque Terry Rozier s’est fait tatouer le masque du film Scream, il n’était pas encore Scary Terry, le « tueur » surprise de la NBA. Il n’était encore qu’un jeune remplaçant prometteur de Kyrie Irving qui n’avait jamais démarré le moindre match NBA comme titulaire. Mais ça, c’était avant la saison dernière.

Lorsqu’Irving s’est blessé, Rozier a dû combler le trou laissé par le joueur All-NBA. Une tâche dont il s’est acquitté avec brio lors des playoffs, tournant à 16 points, 5 rebonds et 5 passes de moyenne, envoyant Eric Bledsoe dans une autre dimension sur un dribble, menant son équipe – qui n’était pas vraiment attendue à ce niveau en raison des blessures – à une victoire du titre de championne de la Conférence Est. Bilan final : plus de 10 000 t-shirts à l’effigie de Terry Rozier arborant le masque de Scream vendus. La légende de Scary Terry était née.

À revoir les derniers playoffs NBA aujourd’hui, on croirait la voie de Terry Rozier toute tracée, comme s’il était prévu que le joueur, du haut de ses 24 ans, finisse par se retrouver sur le devant de la scène. Après tout, on ne peut pas jouer avec une telle confiance, un tel sang-froid, sans qu’il n’existe un talent irréfutable caché dans ce corps.

Il est facile d’oublier que, lorsque les Celtics ont drafté Rozier, ils n’avaient aucune place pour lui à l’arrière : ils possédaient déjà Isaiah Thomas, Evan Turner et Marcus Smart au même poste. Lors de sa saison rookie, il disputa notamment quatorze matchs pour l’équipe de G League affiliée aux Celtics, les Maine Red Claws.

Mais Rozier n’était pas fait pour rester dans cette équipe. Son style de jeu est presque revanchard : il prend des stepback threes comme si on l’y avait défié et attaque le panier avec un élan si vengeur qu’on en vient à s’inquiéter pour la famille de l’arceau.

« Il est de ces gars, des gars comme il y en a peu, qui, si les choses ne vont pas dans leur sens, semblent avoir encore plus faim qu’au préalable, raconte Brad Stevens. Et lorsqu’ils ont de la réussite, ils ont encore plus faim. Ils ne sont jamais rassasiés. »

Rozier a grandi à Youngstown, dans l’Ohio. Alors qu’il était encore très jeune, sa mère l’a envoyé vivre avec sa grand-mère car la maison de celle-ci se situait dans un quartier plus sûr. Peu après la naissance de Terry, son père fut condamné à huit ans de prison. Et peu après qu’il les ait purgés, il fut à nouveau condamné, cette fois pour quinze ans.

Rozier passait la plupart de ses journées au centre aéré local, jouant au basket. Parfois dans le noir, parfois sur des paniers qui se trouvaient hissés au plafond. Son ballon l’accompagnait partout, parfois même au lit ou au McDonald’s où il pouvait prendre un second repas, le seul autre que celui de la cantine du centre aéré.

« Mes seuls repas : celui du midi et le McDonald’s. »

Désormais, avec une post-saison remarquable et un rôle important dans une équipe des Celtics prête à viser le titre (s’ils sont épargnés), Rozier affirme que c’est le premier été durant lequel il perçoit des changements dans sa vie.

« Partout où je vais, on m’appelle Scary Terry. »

En réalité, Scary a toujours rimé avec Terry. Mais, tout comme dans Scream, personne ne l’a su avant qu’il ne soit trop tard.

Comment c’est venu, cette histoire de Scary Terry ?
J’adore les films d’horreur et Scream est mon préféré, rien que par la façon dont le tueur parle et tout. Bref, la saison se passe, on joue les Pacers et j’enchaîne l’interception et le dunk de la victoire. C’est à partir de ce moment qu’on a commencé à m’appeler comme ça. J’étais à Los Angeles et un des gars de mon agence de communication m’envoie des t-shirts. Il y avait le masque de Jason [du film Vendredi 13]. J’ai dit : « C’est le masque de Scream qu’il faut mettre ! » Puis on a commencé à les vendre pendant les playoffs.

Les gens ne savent pas ça, mais je n’aime pas spécialement ce surnom de Scary Terry. J’aime bien quand les fans m’appellent comme ça, mais en-dehors de ça, personne ne m’appelle Scary Terry. Mais je ne veux pas que les gens pensent que c’était juste pour une saison. C’est un peu devenu mon nom dans la ligue à présent.

Quand as-tu vu Scream pour la première fois ?
J’étais vraiment petit. Je me déguisais comme dans Scream à chaque Halloween, avec le masque normal ou celui où du sang coulait sur le visage lorsqu’on appuyait sur le cœur.

À partir de quel âge laisseras-tu ton fils se déguiser comme dans Scream ?
Il aime Spider-Man. C’est son truc, je le laisse faire ce qu’il aime. Dans quelques années, je lui dirai peut-être un truc comme : « Écoute, papa portait le masque de Scream, donc on va devoir t’en trouver un aussi. Il vient d’entrer en maternelle, il me disait qu’il appréhendait.

Et tu lui as dit quoi ?
En gros, je lui ai dit un truc du genre : « Tout ira bien, c’est juste l’école, essaie de t’amuser. » J’essaie de le laisser vivre sa vie d’enfant. Je n’aime pas les gens qui sont du genre à dire : « Je fais du basket pro, je vais mettre mon gosse au basket et être intraitable là-dessus. » Quand j’étais petit, moi, je faisais de tous les sports. J’ai adoré être enfant.

Les gens qui sont trop strictes avec leurs enfants leur volent leur enfance. Évidemment, je vais lui apprendre des choses sur la vie, par exemple qu’il faut être attentif en cours, bien apprendre, aimer les livres, tout ça. Je veux lui apprendre des leçons de vie et le laisser la vivre. Je juge personne sur la façon dont ils élèvent leurs gosses ou ce qu’ils font avec, mais je sais ce que je veux faire avec les miens.

Quand tu étais petit, tu étais timide ?
J’étais timide parfois. Impossible d’aller sur une scène et de jouer quelque chose. Je rencontre beaucoup de rappeurs aujourd’hui et il me demandent toujours : « Comment tu fais pour ne pas être timide alors que tu dois jouer devant tout ce monde ? » Je réponds : « Mec, tu dois monter sur scène et rapper devant tout ce monde. C’est totalement pareil, moi c’est le basket et toi le rap. »

Coach Stevens m’a dit que quand les choses n’allaient pas en ta faveur, ça n’ouvrait que davantage ton appétit. Tu dirais que ça te vient d’où ? Comment ça se fait que lorsque tu rencontres des obstacles, ça te rend instantanément meilleur ?
C’est ma façon d’être. Je joue de la façon dont j’ai été élevé. Je viens de Yougstown, Ohio, mais j’ai grandi dans un centre aéré. J’étais le plus petit. On jouait toujours au 33 [un jeu dans lequel un joueur tire et les autres luttent pour le rebond], chacun pour soi. Tout me vient de mon enfance, mes capacités au rebond, ça vient de ces matchs qu’on faisait. Je jouais avec des gars plus grands, je devais tout donner et aller choper mes rebonds. Personne se faisait de souci pour le petit Terry, on me faisait aucun cadeau.

Je n’ai jamais figuré dans les classements. Personne savait qui était Terry Rozier quand j’étais plus jeune. Tout ce qu’il me fallait, c’était une opportunité. Les classements, je m’en fous. Je m’en fous que tel ou tel type soit né avec une cuillère en argent dans la bouche, parce que quand on se retrouve entre les quatre lignes du terrain, il faut me passer moi. Et j’ai la dalle, j’en veux, je suis là pour te démolir. Qu’il s’agisse de mon fils, mon petit frère, ça m’est égal. C’est comme ça qu’il faut raisonner.

J’ai lu quelque part que tu t’entraînais à tomber sur le terrain ?
Au centre aéré, j’étais seul parfois, il n’y avait aucune lumière allumée, j’avais un accès à la salle en permanence. Je faisais en sorte d’y être quand personne ne pouvait. Et je me laissais tomber, tout simplement. J’adorais Dwyane Wade. D-Wade, c’est mon idole. Petit, j’en étais dingue, de lui et de Michael Vick. D-Wade avait cette pub qui disait : « Si tu tombes sept fois, relève-toi huit fois. » Il chutait souvent. Je tentais un tir improbable et je chutais derrière. Puis je me relevais et je recommençais. J’étais comme ça. Tout le monde se demandait : « Qu’est-ce qu’il a à faire ça ? »

Tu disais que tu as remarqué qu’on te reconnaissait beaucoup plus depuis quelques temps. Est-il arrivé un moment où tu t’es pincé en disant : « Wow, telle personne m’a reconnu ? »
Urkel, mec, Urkel. On était à L.A., sortis pour manger. Il était avec ses gardes du corps. Il s’est levé pour partir et m’a tapé sur l’épaule avant de dire : « Tu as fait une sacrée saison. » Tout le monde sait qui est Steve Urkel. C’était dingue. Ça n’a pas arrêté tout l’été. Il y a deux façons de voir ça, après. Soit tu t’en contentes, soit tu te dis que tu veux que ça ne cesse jamais. C’est une leçon d’humilité, clairement, et une énorme chance. Je veux que ça dure pour toujours.

Tu as joué en G League dans le Maine. C’était comment ?
Je mentirais si je te disais que c’était génial, ou que c’était bien. C’était tout ce qu’un type qui veut être en NBA et y réussir n’a pas envie de vivre. Mais c’était un rappel à la réalité pour moi, et j’en avais besoin. Là-bas, il n’y avait personne pour te donner une bouteille d’eau quand tu la réclames. Parfois il faut en arriver là pour se rendre compte qu’on a peut-être été drafté mais qu’on a encore beaucoup de boulot.

As-tu douté ?
Certainement, oui, un peu, je me suis demandé pourquoi je me retrouvais là. Je sais que les Celtics avaient beaucoup d’arrières. Avant la draft, quand tu rencontres des équipes NBA, elles te demandent : « Tu penserais quoi si on t’envoyait en G League ? » Tu réponds : « Ça le ferait, ouais. J’irai là-bas et je ferai ce qu’on me demande. » Mais lorsque ça arrive vraiment, personne n’a envie de s’y retrouver, surtout quand tu as été drafté au premier tour. J’avais été choisi en 16e. Mais j’ai toujours pensé comme ça, à me dire que j’allais me démarquer du lot. C’est comme ça que je suis et je le mérite, je bosse dur et ça se verra. Si ce n’est pas untel, ce sera un autre qui le remarquera.

Par exemple avec Nike, quand j’ai été drafté, j’essayais de leur dire que ce serait eux ou Adidas qui me signeraient. Je voulais qu’ils me draguent, j’essayais de leur dire : « Je sais qu’il y a ces gars qui vous font baver, que vous avez vos chouchous. Mais moi, je vais tout déchirer. » Je sais que je ressortirai du lot. Mais parfois, il faut des passages plus difficiles et il faut les emprunter. Mais je connais le mec drafté avant moi, je l’ai vu. Je sais que je peux gérer ça, rebondir et monter en flèche.

Ta décision de signer chez Puma, dans quelle mesure est-elle liée au fait que Nike ne t’a rien proposé ?
C’était il y a trois ans, ça. Je sais que je voulais déjà faire quelque chose de différent. J’ai porté des Nike toute la saison mais ils ne me sponsorisaient pas, rien de tout ça. C’est ce qu’il s’est passé avec Adidas quand j’ai porté des Jordan alors que je ne devais pas. Ils étaient en colère parce que j’avais mis des Vans. Avant ça, j’avais mis des Fila. Ça m’a valu trois avertissements. Ils m’ont débarqué ou je sais pas quoi. Du coup, dans ma tête, je me suis dit : « Nique Adidas, rien à foutre. »

Mais Nike, c’était il y a plusieurs années. Ils ont leurs stars, KD, LeBron, Kyrie Irving. Adidas a aussi ses vedettes, Andrew Wiggins, Jaylen Brown, John Wall. Puma, ils étaient nouveaux. Ils m’ont invité, j’ai pu voir leurs baskets et je me suis : « OK, ça tue. » J’ai vu leur vision, les trucs complètement dingues qu’ils veulent faire. Je me suis dit : « C’est tout moi. » Il y a Adidas et Nike, ce sont les plus réputés, on peut faire des trucs encore plus fous, on a énormément de marge de manœuvre.

Ça fait quoi de repenser à ton parcours, à tes origines, et de te dire que maintenant tu voles dans un jet Puma ? Ça doit être complètement fou de remettre ça en perspective, non ?
J’ai l’impression que ça fait plus d’effet à mes amis et mes frères qu’à moi. Ça les rend dingues : « Purée, on part de si loin ! » Ils me le rappellent toujours lorsque je suis dans un grand soir ou quoi : « Je t’aime, frère. Rien de tout ça n’était prévu. » Et moi, il y a quelques moments, quand je suis seul, où je me dis : « C’est dingue ce qu’on a réussi, putain. »

Coach Stevens dit beaucoup de choses qui résonnent en moi. Il dit toujours : « Ne vous emballez pas trop, ne vous laissez pas trop abattre, vivez juste dans l’instant. » C’est ce que j’essaie de faire. Je sais que plus tard, il y aura le temps de repenser à tout ça, à d’où je viens, et à savourer. Mais pour le moment, je n’ai pas envie de me relaxer et de me dire : « Je suis dans un putain de jet Puma. » J’ai vraiment envie de tout laisser se produire aussi vite, sans même cligner de l’œil. Que toutes ces bonnes choses continuent.

Il y a d’autres choses que Stevens te dit ?
« Concentre-toi sur ce que tu peux contrôler. » Il est vraiment fort pour se lier avec les gens, peu importe d’où ils viennent. Il est tellement investi. Quand je suis un peu déprimé par un truc ou un autre, il me dit : « Tu fais quoi, Terry ? Tu as de la chance, profites-en. »

C’était quand, la dernière fois que tu t’es senti un peu comme ça ? Il a dit quoi pour t’aider ?
Je me rappelle que quand Kyrie s’est retrouvé sur le flanc, j’étais au gymnase, tout seul, en train de prendre des tirs. L’entraînement n’était pas commencé, c’était bien deux heures avant. Je me souviens qu’il est venu et m’a regardé dans les yeux en me disant un truc, on pouvait voir sa sincérité : « T’es prêt ? » Du genre : « Tu es aussi bon que ces gars. Ne pense même pas un instant que ce n’est pas vrai. Ne recule devant personne. Si on va loin en playoffs, tu vas devoir jouer contre les meilleurs arrières. » Il ne l’a pas dit, mais je sais qu’il le pensait. « Sois prêt. Ne réfléchis pas trop. Lance-toi et fais-toi plaisir. » C’est tout ce qu’on peut espérer.

Je suis content d’avoir eu cette opportunité, mais en même temps, j’avais de la peine pour Kyrie. Tout le monde nous a barré de sa liste, les équipes perdaient des matchs pour se retrouver face à nous en playoffs, elles voulaient finir septièmes pour nous jouer. Tous les regards étaient braqués vers nous. Quand tu as une opportunité comme ça, tu dois la saisir.

Si tu es d’accord, je voudrais te poser des questions à propos de ton père. Il est sorti de prison ?
Ouais, il est sorti.

Quand ça ?
Il y a genre deux semaines.

Tu es allé le chercher à sa sortie ?
Ouais, je suis allé le chercher dans un beau fourgon Sprinter comme on en a chez nous. Mon père a pris huit ans de taule à peu près quand je suis né. Puis quinze après ça. Ça m’a tellement soulagé d’aller le chercher, le voir en sortir et savoir qu’il n’y retournera jamais, qu’il n’aura plus jamais à faire quoi que ce soit qui l’y mènerait. Mon père est dans ma vie, maintenant, pour la première fois.

Il a fait ses huit ans puis il est sorti, j’étais jeune, j’avais peut-être dix ans. Je me souviens de cet été-là parce que c’était la première fois qu’il était là. Il me faisait courir à côté de sa voiture avec un harnais lesté pour me préparer au football. On enfilait souvent les gants pour faire de la boxe. On faisait pas des trucs dingues de père et fils, mais rien que ça, c’était déjà génial. Puis il est retourné au trou. Quand c’est arrivé, je vivais avec lui. Peu de gens savent ça. C’était une chance incroyable d’aller le chercher à sa sortie quinze ans plus tard.

Il apprend à se servir de son téléphone, il meuble sa maison, il récupère ses affaires. Il a dû voir toutes les vidéos possibles sur YouTube. Il doit encore rattraper quelques matchs à la TV, des matchs de playoffs. Il a pu regarder un peu la télé là-bas.

Il t’a dit quoi, à sa sortie ?
Il gardait tout pour lui. Il ne sait pas trop exprimer ses sentiments ou se comporter. Il se détend. Il est enfin libre après huit puis encore quinze ans. Ça doit être quelque chose d’être à nouveau libre après tout ça. Il y a tant de nouvelles choses à apprendre, beaucoup de choses ont changé.

Ça te fait quoi de te dire que ton père pourra venir à tes matchs ?
Ça va être la folie. Jamais je n’aurais imaginé ça, c’est comme quand je suis allé le chercher. Et ça s’est produit, alors quand il va venir me voir jouer, ça va être encore plus dingue.

Qu’as-tu appris de lui ?
Qu’il ne faut pas aller en prison et ruiner sa vie. On ne peut pas rater la vie de son fils. Plein d’enfants perdent les pédales sans leur père dans les parages ou avec un père en taule. Ils n’ont aucun lien avec lui. Je sais qu’il s’est sûrement retrouvé dans une mauvaise situation, mais ça ne le définit pas en tant que personne, ça ne veut pas dire que je ne dois pas le fréquenter. C’est mon père.

Je ne veux pas que mon fils appelle quelqu’un d’autre que moi ‘papa’ ou un truc du genre. Il est seul dans ce monde de dingues. C’est la plus grande leçon que j’ai apprise quand je l’ai vu après ses huit premières années de prison. Quand il en a repris pour quinze ans… C’est un truc que je ne veux absolument pas vivre. Son exemple m’a toujours servi : ne pas faire ces erreurs, rester sur une voie positive. Maintenant, j’ai mon fils, et je ne veux pas qu’il y ait une situation où il ne peut pas m’appeler ou me voir. C’est la leçon la plus importante.

Traduction de l’article de GQ « Terry Rozier, the NBA’s Coldest Killer, Is Just Getting Started » par Léo Hurlin