Portraits : Nora

En bientôt 7 ans d’existence, celticsfr a eu le temps de fédérer une communauté et grâce à Twitter, Facebook et Discord nous avons pu interagir de plus en plus avec vous et apprendre à en connaitre certains. C’est ainsi que nous est venue l’idée d’essayer d’en savoir plus sur ces gens qui nous accompagnent presque tous les jours depuis plus ou moins longtemps. Nous avons donc décidé de nous lancer dans une série de (modestes) portraits de fans, qui sont surtout l’occasion de vous mettre un peu en lumière, vous qui avez la gentillesse de nous lire (plus ou moins) régulièrement.

Nous avons pris plaisir à faire ce premier portrait et le projet semble vous plaire, alors nous sommes ravis de déjà vous proposer un deuxième portrait. Mais le rythme de publication n’est pas pour autant défini et sera d’ailleurs certainement ralenti durant la saison. En tout cas, nous nous attachons à présenter des profils variés et nous espérons que ce nouvel article vous plaira autant qu’à nous.

Pour ce deuxième portrait, nous avons choisi de parler de Nora et de sa famille. À 48 ans, Nora habite Marseille avec ses deux enfants Clément (19 ans) et Chloé (11 ans).

Si elle avait déjà supporté dans sa jeunesse une équipe (française, l’ASPO Tours) et entendu parler des Celtics avant, c’est lors de la saison 2009/2010 que Nora s’est mise  – en même temps que son fils – à suivre l’équipe. Le déclic est venu tout simplement un jour où Clément, jouant à un jeu vidéo de basket chez un ami, a choisi les Celtics.

L’intérêt n’a depuis jamais cessé de croître, jusqu’en 2014 et une surprise de taille lorsque Nora emmène ses deux enfants au TD Garden. Nous sommes alors en mars et, pendant quinze jours, ils iront voir ensemble trois matchs de l’équipe. C’est à cette même époque que Chloé, du haut de ses 7 ans, attrape à son tour le virus.

« La première fois qu’on a fait la queue au TD, avec les passages de la sécurité et tout, Clément avait le souffle coupé et Chloé, qui était plus petite, n’en menait pas large. Peut-être six mois plus tard, Clément m’a dit que quand il a vu les sièges jaunes, il n’arrivait pas à réaliser. J’avais remarqué qu’il était ému, mais il a gardé ça pour lui un petit moment. »

Clément se revendique fan de Marcus Smart et d’Isaiah Thomas, un joueur qui l’a « beaucoup marqué ». Chloé, elle, préfère Kyrie Irving, tandis que Nora vote pour Jayson Tatum.

Malgré la passion, aucun des trois ne pratique le basket, bien que Nora en ait fait en UNSS durant sa jeunesse. Chloé fait déjà du karaté – discipline dans laquelle elle est allée aux championnats de France en mai dernier – à raison de quatre heures par semaine, et ne peut donc pas faire du basket en UNSS comme le lui a proposé sa prof d’EPS. Clément, de son côté, est en fauteuil roulant depuis une opération à l’âge de 4 ans et ne peut pas réellement pratiquer le handibasket à cause de raideurs musculaires et de ses études.

Alors, aujourd’hui, Clément et Nora regardent les matchs soit sur BeIn Sports lorsque c’est possible, soit sur un ordinateur. L’an dernier, Nora en a vu plus que son fils car il était en PACES (première année commune aux études de santé) et ne pouvait pas trop – sauf pendant les fêtes, mais elle assure qu’il passait son temps libre à regarder des résumés :

« Il me disait de ne pas lui dire le score avant qu’il ne se fasse le résumé sur Internet à la fac, lors de sa pause, mais je ne pouvais pas m’empêcher de faire une allusion ou une mimique et il comprenait tout de suite. »

Chloé, elle, est encore jeune et dort habituellement lorsque les Celtics sont à l’affiche. Toutefois, en période de fêtes, ils suivent tous les trois les matchs ensemble et, lorsque BeIn Sports diffuse les matchs, Nora dort carrément sur son canapé. Ces moments de partage en famille sont un vrai rendez-vous. Nora l’affirme : chez elle, devant un match, on se régale, on s’angoisse, on tape sur la table.

Cela reste tout de même une expérience dont se sert la maman, qui ne manque pas de comparer la mentalité du basket à celle du football (roi à Marseille) et de l’utiliser pour inculquer certaines valeurs à ses enfants, évoquant par exemple plusieurs comebacks réussis par l’équipe en se serrant les coudes.

Et, lorsque l’inévitable se produit et qu’elle ressent de la frustration voire de l’énervement devant le jeu de l’équipe, Nora explique en riant qu’elle-même ne se retient pas pour autant devant ses deux enfants. Chloé non plus ne se retient pas, tandis que son frère semble toujours trouver du positif : ainsi, lorsque sa mère dit haut et fort qu’elle est déçue de l’équipe, Clément reste plus modéré, assurant que ce n’est pas grave et qu’elle fera mieux la prochaine fois.

Très porté sur l’analyse, Clément est justement est décrit comme « incollable » par sa maman, et Chloé ne manque pas de tester les connaissances – et la patience – de son frère en lui posant régulièrement de nombreuses de questions, afin de comprendre le pourquoi du comment de chaque chose. Clément lui répond « mais il trouve qu’elle parle trop », ce que relativise Nora :

« C’est que du positif, et ça rapproche tout le monde. »

Heureusement, car la petite famille n’a pas grand monde autour avec qui partager cette passion : à part l’ami de Clément, un voisin fan des Hornets (« Autant vous dire que la conversation tourne court ! ») ou encore le neveu d’une amie de cette dernière, rares sont les occasions de parler de basket. Sauf peut-être pour Chloé, qui est considérée « un peu comme un alien » à l’école lorsqu’elle parle de NBA, selon sa mère.

« Ça intrigue les copains qui lui posent des questions. Rien que le fait de mettre un t-shirt des Celtics, ça leur fait drôle, mais elle est contente de bouger un peu les codes. »

En effet, Nora et sa fille se sentent tout à fait à leur place dans cet univers très masculin (« On n’y pense même pas ! ») et ne retiennent que le côté communautaire du supporterisme, même à distance. L’expérience du TD Garden en 2014 s’avère très marquante pour Nora, qui se souvient du « choc » qu’a été ce voyage à Boston :

« Les soirs de matchs, il faut voir les gens aller au TD Garden. À l’intérieur, on a eu l’impression d’être en famille, soudés, c’est difficile à expliquer… »

Là encore, la mère de Clément et de Chloé dresse un parallèle avec le football et l’OM. Elle confie en effet qu’avant, ils aimaient beaucoup aller au Stade Vélodrome mais que leur séjour à Boston l’a calmée :

« À Marseille, parfois c’est bruyant et chaud avec l’OM, et parfois c’est un peu n’importe quoi d’ailleurs. Alors je vais encore au Vél’ [de temps à autre], mais une fois dedans ça me gave. En plus, si l’OM perd… Quand tu vois un match des Celtics, même s’ils perdent au TD, en live, tu es déçue mais la communion n’est pas la même : plus stylée, on va dire. »

Alors, en attendant d’avoir suffisamment mis de côté pour retourner dans cette ville qui lui a tant plu, la famille – qui possède plusieurs souvenirs et vêtements aux couleurs des Celtics – se tourne vers Internet : NESN, le Boston Globe ou encore Bleacher Report sont leurs principales sources d’information.

« Clem et Chloé ont des genres de bracelets des Celtics qu’ils mettent souvent. Les supporters des Celtics sont rares ici, alors ça intrigue. C’est pour ça qu’on [suit celticsfr] aussi, on ne se sent pas seuls. Grâce à vous aussi, c’est une communauté. »

Article rédigé par Léo Hurlin sur la base d’entretiens réalisés par Léo Hurlin et Hugo Geindre. Merci à Nora, Clément et Chloé pour s’être prêtés au jeu !