Quand la second unit donne le ton

Il y a généralement un gouffre de talent entre le cinq de départ et la second unit d’une équipe, mais les Celtics sont une exception à cette règle.

Boston affiche en effet une incroyable profondeur d’effectif, tant au niveau des premières rotations qu’au bout du banc, et ce constat a été mis en évidence durant les quelques matchs mis en place pendant les entraînements de cette pré-saison.

« On n’a pas vu la moindre différence dans ces matchs d’entraînements, disait Brad Stevens aux reporters avant l’entraînement d’hier. À chaque fois, les matchs ont été très serrés. »

Lors du match de mardi dernier, par exemple, l’affrontement des verts contre les blancs s’est terminé en prolongations, et il y avait une telle équité que personne ne se sentait capable d’annoncer qui prendrait les choses à son compte lorsque les dernières secondes s’égrèneraient.

Allait-ce être Kyrie Irving qui ferait le boulot, comme au premier jour du training camp ? Ou serait-ce Gordon Hayward ? Al Horford ? Marcus Morris ? Terry Rozier ?

Non. Aucun d’entre eux.

Ce fut Guerschon Yabusele, un sophomore avec même pas 300 minutes NBA au compteur qui inscrivit le game winner et offrit à la second unit la victoire face aux titulaires.

Il est rare que les remplaçants ne prennent réellement l’ascendant durant ces matchs d’entraînement, mais c’est un vrai pile ou face à chaque fois que les deux groupes sont mis en opposition.

« On essaie de les battre chaque jour, confirmait Rozier hier. On essaie de lutter, de les pousser. On sait que toutes les équipes seront au rendez-vous face à nous, qu’elles essaieront toutes de nous battre, donc à l’entraînement on veut gagner chaque match et faire savoir que nous avons le meilleur cinq. »

Les succès enregistrés par la second unit sont à relier à une certaine ténacité collective. On retrouve dans ce groupe des leaders expérimentés et durs au mal comme Rozier, Morris, Aron Baynes et Marcus Smart. Des joueurs qui ne manquent jamais de s’assurer que leurs coéquipiers jouent constamment avec une faim.

« Je vis pour ça, lançait ainsi Smart. J’adore l’esprit de compétition que tous ces gars et que toute l’équipe possède. On a beaucoup de gars très talentueux ici, donc quand on se retrouve et qu’on met tout ça sur le parquet, c’est un vrai bain de sang. »

Une vraie compétition féroce entre les différentes unités d’une même équipe est nécessaire tout au long d’une saison, mais elle est particulièrement utile aux Celtics cette semaine. Les joueurs de Boston ont en effet déjà terminé leur calendrier de pré-saison ; avec au total neuf jours avant le premier match de saison régulière, ils ont bien besoin de rester en forme et motivés.

Avec un bilan de 1-3 sur cette pré-saison, justement, les Celtics doivent également s’améliorer cette semaine et comptent les uns sur les autres pour y parvenir.

« [Les remplaçants] nous défient chaque jour et je sens que ça nous rend meilleurs, reconnaissait Horford. C’était très productif hier et ça devrait le rester toute la semaine. »

S’ils parviennent à maintenir un tel niveau de compétition entre eux tout au long de la semaine, les Celtics devraient alors être plus que parés au combat pour leur season opener du 16 octobre contre les Sixers de Philadelphie. Si l’on se fie au talent dont ils disposent et à la nature irrassasiable de leur second unit, cela devrait être une formalité.

Traduction de l’article de celtics.com « C’s 2nd Unit Pushing Starters to Their Limits in Practice » par Léo Hurlin