Robert Williams prêt à saisir sa chance

Lundi dernier, alors que les Celtics travaillaient sur des systèmes sur remise en jeu lors de leur entraînement, Brad Stevens s’est approché de Robert Williams afin de parler avec le rookie du spectaculaire alley-oop sur lequel il a inscrit ses premiers points lors du quatrième quart-temps du match remporté à Detroit samedi dernier.

Il s’avère en effet que Williams n’a pas respecté le système prévu.

« Le coach m’a dit que j’aurais dû faire un écran en plus, j’étais censé faire demi-tour et poser un deuxième écran », a confié Williams dans un sourire penaud.

Après avoir posé un écran pour Gordon Hayward, Williams a remarqué que l’accès au panier était complètement libre et s’y est donc engouffré. Marcus Smart lui a alors adressé une passe lobée que Williams a su saisir avant de conclure par un dunk époustouflant à deux mains, tandis que l’ensemble du banc des Celtics peinait à ne pas envahir le terrain pour célébrer l’action.

« [Stevens] m’a dit : ‘Rob, ce n’est pas grave si tu exécutes mal le système, tant que tu sautes à quatre mètres de hauteur et que tu dunkes la passe’, a souri Williams. Donc si jamais je foirais l’action, j’avais intérêt à être prêt pour dunker. »

Stevens a confirmé aux reporters présents lundi que Williams s’était égaré, mais il a ensuite expliqué que ce n’était pas bien grave si les choses se concluaient d’une telle façon.

« Je lui ai dit : ‘Si tu es capable de les finir en sautant et en dunkant à quatre mètres de haut, tu as le droit de tous mal exécuter nos systèmes. »

Alors qu’il effectuait son premier vrai passages en saison régulière samedi, Williams a montré des flashs alléchants de son potentiel, et pas seulement avec le fameux alley-oop mais aussi avec trois contres, deux rebonds et une belle passe décisive en huit minutes de jeu.

Du haut de ses 2m08, Williams pourrait bien se voir recevoir un temps de jeu plus important après que les Celtics ont annoncé lundi que le sophomore Daniel Theis serait indisponible indéfiniment en raison d’une fasciite plantaire au pied droit.

Les Celtics devraient pouvoir bénéficier dès ce mardi d’un renfort en la personne d’Aron Baynes, sur la touche depuis trois matchs en raison de douleurs aux ischio-jambiers et qui est annoncé sur le retour. Mais si jamais les minutes de Baynes s’avéraient limitées, avec la blessure de Theis, alors Boston n’aurait comme intérieurs de métier en rotation que Williams et Guerschon Yabusele derrière Al Horford.

Williams n’a joué que onze minutes en six matchs et devra donc apprendre très vite, mais Stevens semble avoir pleinement confiance en son rookie choisi à la 27e position de la dernière draft. Et ce particulièrement en raison de l’incroyable dimension athlétique que le joueur offre sur le terrain.

« Sur les pick and rolls, les gens recherchent beaucoup ces capacités athlétiques, cette verticalité à même de faire la différence. Et côté défense, c’est là où [ses qualités d’athlète] peuvent vraiment faire la différence, a expliqué Stevens. Sa courbe d’apprentissage va être accélérée vu qu’il n’a pas autant joué au début. Mais je pourrais le lancer dans le grand bain dans une situation indécise, et je n’ai aucun doute là-dessus. »

Une affirmation particulièrement forte quand on se rappelle comme il était attendu que Williams se retrouve à faire ses gammes en G League, du côté des Maine Red Claws, à cause de la profondeur de l’effectif des Celtics et du besoin de temps de jeu du rookie. Williams avait déjà manqué une bonne partie de la Summer League en raison d’une tendinite au genou, et n’avait joué que 40 minutes lors de la pré-saison.

Williams est un tel athlète qu’il apporte instantanément aux Celtics quelque chose qu’ils n’avaient pas eu à disposition depuis fort longtemps, et des actions telles que l’alley-oop réussi contre les Pistons – qu’il ait été improvisé ou non – peuvent certainement donner du poids à la candidature de Williams pour davantage de minutes.

Cela étant, même sa mère ne manque pas de lui reparler de cette action « ratée » et d’encore bien des choses.

« Hum, franchement, je reçois beaucoup de critiques que les trucs que j’ai mal faits, disait ainsi Williams lundi lorsqu’un reporter lui a demandé quelle avait été la réaction de ses proches sur le spectaculaire alley-oop. Ma mère est sur mon dos par rapport aux angles des écrans que j’ai posés. Enfin bon, c’est une fermeté affectueuse, et j’en ai besoin. »

Après une première impression pas franchement réussie du côté de Boston, Williams avait déjà reçu un bon paquet de conseils. Alors qu’il était prévu comme lottery pick, il avait ainsi choisi de ne pas se rendre à la cérémonie de draft de New York pour plutôt se réunir avec des amis et de la famille dans un restaurant Buffalo Wild Wings de sa Louisiane native. Le lendemain matin, il avait raté une visioconférence avec des reporters de Boston, ne se réveillant pas à temps.

Après une présentation plus formelle dans les locaux d’entraînement flambant neufs quelques jours plus tard, Williams avait ensuite manqué un vol et n’avait pu se rendre à temps au premier entraînement de Summer League de l’équipe.

Mis à part cela, il s’est comporté en élève modèle, s’imprégnant autant que possible de vétérans comme Horford. Les Celtics lui ont assigné l’assistant coach Alex Barlow comme mentor personnel, et Williams s’est même trouvé un appartement à quelques pas du Auerbach Center de Brighton pour s’assurer de ne jamais être en retard.

Lorsqu’un reporter a demandé à Stevens ce qui l’avait le plus marqué dans l’évolution du rookie depuis le soir de la draft, Stevens a cité « avant tout son désir de s’améliorer ». Avant d’avancer à voix haute que le premier raté de Williams avait peut-être secrètement eu un effet positif.

« En rétrospective, ce premier entraînement raté était peut-être une bonne chose, a glissé Stevens. Je pense que ça l’a aidé à se concentrer encore plus. Je trouve que son éthique de travail est très bonne, son état d’esprit est très positif, et il a une très bonne relation avec Barlow. Je suis vraiment content qu’il soit là, son potentiel est élevé. »

Un potentiel que le coaching staff a déjà commencé à exploiter en coulisses.

Ainsi, The Athletic nous apprend que l’équipe s’est particulièrement attachée à remodeler la mécanique de tir du rookie : en commençant tout d’abord par des séances vidéo puis en essayant différents gestes, avant de miser sur la mémoire musculaire une fois qu’une gestuelle qui semblait convenir à Williams avait été trouvée.

Toujours selon The Athletic, Williams (qui tirait ses lancers francs à 47,1% de réussite dans sa dernière saison universitaire) n’a rien fait d’autre que tirer durant les quatre à six premières semaines d’entraînement avec Boston. Et la différence est déjà notable.

En effet, voici une analyse en vidéo (en français !) de l’excellent NBEinstein sur le tir de Williams à Texas A&M :

Et voici une vidéo prise avant un match contre les Knicks mi-octobre :

En revoyant des vidéos de Williams à la fac, Barlow s’est rendu compte que la mécanique de tir du rookie avait évolué entre ses deux saisons universitaires. Et Barlow de remarquer :

« J’ai trouvé que son tir n’était pas si mauvais lors de sa première saison. »

L’idée était donc de revenir à une version plus proche de cette gestuelle tout en apportant quelques modifications, et Barlow s’est penché sur la gestuelle d’autres joueurs dotés tout comme Williams d’une grande envergure, dont Kevin Durant et Rasheed Wallace.

Les Celtics ont remarqué que Williams pliait les bras à un angle très aigu et souhaitaient le voir revenir à un angle plus proche des 90°. Ils ont également remarqué que Williams, pourtant droitier, positionnait parfois le ballon à gauche de sa tête.

« Regardez des joueurs avec des bras très longs, a confié Barlow, et vous verrez que ça leur arrive parfois à cause de cette particularité physique. »

Si Williams est certainement encore loin d’avoir une mécanique parfaitement constante et de pouvoir la mettre à l’ouvre sur le parquet, Barlow ne manque pas de saluer le travail de son élève :

« Il a vraiment bossé dur là-dessus, et il faut le saluer pour ça. Ce n’est pas facile de corriger quelques petits points sur son tir, parce que ça implique souvent de devoir de près et de répéter beaucoup de choses, ce n’est pas très amusant. Mais il y a mis du temps et, espérons-le, ça portera ses fruits à terme. »

Traduction de l’article de NBC Sports Boston « Celtics rookie Robert Williams ready if role increases« , enrichi de citations tirées de l’article de The Athletic « Celtics optimistic that Robert Williams’ shot is improving behind the scenes » par Léo Hurlin