Marcus Morris ne veut pas (encore) parler de récompense individuelle

Marcus Morris est sur les bases de ce qui serait sa meilleure saison en carrière et semble être un des meilleurs candidats possibles au titre de meilleur sixième homme de l’année.

Mais ne lui en parlez pas, s’il vous plaît.

Morris, dans un échange avec des journalistes de Celtics.com précédant l’échauffement de ce matin au Bankers Life Fieldhouse, a rejeté en toute politesse cette suggestion.

« On a joué quoi, huit matchs ? a-t-il demandé. Quand on en aura joué une quarantaine, on pourra en reparler. »

Pour le moment, il n’y a donc plus qu’à en parler sans lui.

C’est avec 14,8 points par match et 7,1 rebonds par match, ses deux meilleures moyennes en carrière, que Morris va aborder le match de ce soir contre les Pacers. Ces moyennes se classent respectivement huitième et cinquième meilleures parmi les joueurs non-titulaires de la ligue. Morris est également le joueur de l’équipe ayant compilé le plus de double-doubles (2). Il a d’ailleurs failli enregistrer son troisième mardi dernier contre les Pistons puisqu’il a terminé la rencontre avec 15 points et 9 rebonds. Et puis, il y a aussi sa polyvalence et sa passion défensive.

Cependant, c’est sa superbe réussite à 3-points qui a surtout irrité ses adversaires.

Cette saison, l’ailier polyvalent a réussi 51,3% de ses tentatives primées, ce qui se classe septième meilleur taux parmi les remplaçants de la ligue (avec au moins deux tentatives par match) cette saison. Ce qui nous amène au point le plus impressionnant de tout cela : Morris parvient à afficher ce taux de réussite tout en prenant un gros volume de tirs extérieurs.

Au sein du roster des Celtics, seul Kyrie Irving avec ses six tentatives derrière l’arc par match prend en effet un plus gros volume de tirs à 3-points que Morris. Morris tente en moyenne 4,9 tirs extérieurs par match, ce qui constitue là encore un record en carrière. Et malgré une augmentation de son volume de tirs, Morris a plus souvent rentré que raté ses tirs primés sur ses huit premiers matchs de la saison.

Pour le dire en ses termes :

« Je suis chaud en ce moment, mon gars. »

Un euphémisme. Morris joue avec une aisance et un niveau de confiance très élevés, et ce n’est en rien une surprise quand on sait à quel point il adhère au rôle qui lui est attribué cette saison.

Avec ses huit saisons au compteur et 75% des quatre dernières passées comme titulaire, il aurait tout à fait pu ne pas accepter son rôle de remplaçant dans cette équipe de Boston. Mais au lieu de cela, il en a tiré une certaine fierté.

Depuis le premier jour du training camp, Morris loue le talent présent sur le banc des Celtics, le sien y compris. Confiant sur les capacités du groupe des remplaçants à dominer ceux des adversaires et contribuer au succès de l’équipe, il a affublé ses congénères d’un surnom, BWA (pour Bench With Attitude, en écho au groupe de rap NWA).

« Je savais que des gars comme T-Ro (Terry Rozier) devraient sortir du banc, que [Marcus] Smart devrait sortir du banc. Je me suis rendu compte que je n’étais pas le seul dans cette situation. On pourrait être titulaires dans d’autres équipes, et on en est fiers. »

Un statut que lui ou d’autres joueurs conscients de leur niveau n’ont pas toujours accepté par le passé. Encore l’an dernier, il avait clairement expliqué qu’il préférait être titulaire, et il n’y avait rien d’incompréhensible dans cette sortie médiatique. Tous les joueurs veulent être titulaires, et particulièrement ceux qui sont suffisamment bons pour l’être. Mais tous ne peuvent pas l’être, et c’est un fait que Morris a accepté avec sagesse cette saison.

Un grand événement venu se produire dans sa vie cet été a peut-être joué un rôle dans tout ça. Morris est en effet devenu Morris Sr. après la naissance de son premier enfant (un garçon prénommé Marcus, donc) en juin. La présence de son fils, avec qui il sieste les jours de match, a changé son approche des choses.

« De manière globale, ça a changé mon approche de la vie, mon état d’esprit au réveil. La joie, la bénédiction que c’est pour moi de l’avoir et pouvoir le voir chaque jour… C’est vraiment quelque chose d’unique pour moi. »

Et l’apport de Morris Sr. sur le terrain a été tout autant unique pour l’équipe.

Sous les yeux de son fils, Morris livre la meilleure saison de sa carrière, et ce en faisant encore mieux qu’accepter le rôle qui lui est dévolu : il s’en délecte. Et le voici désormais parmi les candidats au trophée de 6MOY de ce début de saison.

Il peut tout à fait ne pas vouloir en parler, mais nous autres devons. Avec de tels chiffres, comment pourrait-il en être autrement ?

Traduction de l’article de celtics.com « Morris’ Fresh Outlook on Life Has Led to Career Year Thus Far » par Léo Hurlin