Portraits : Romain

En bientôt 7 ans d’existence, celticsfr a eu le temps de fédérer une communauté et grâce à Twitter, Facebook et Discord nous avons pu interagir de plus en plus avec vous et apprendre à en connaitre certains. C’est ainsi que nous est venue l’idée d’essayer d’en savoir plus sur ces gens qui nous accompagnent presque tous les jours depuis plus ou moins longtemps. Nous avons donc décidé de nous lancer dans une série de (modestes) portraits de fans, qui sont surtout l’occasion de vous mettre un peu en lumière, vous qui avez la gentillesse de nous lire (plus ou moins) régulièrement.

Après Rui dans le premier article de cette série et Nora dans le deuxième, c’est Romain que nous choisissons de mettre à l’honneur pour ce troisième portrait.

À 27 ans, il vit dans les Yvelines (78) et est actuellement sans emploi après des études dans la comptabilité. C’est vers 2007-08 qu’il est devenu fan des Boston Celtics, après les avoir découverts grâce à des highlights sur Internet. Tout comme Rui dont nous avions fait le portrait, Romain est très vite attiré par le style de jeu de Rajon Rondo : plus qu’un des membres du fameux Big Three, c’est même le joueur qui lui a donné envie de s’intéresser à l’équipe.

Parallèlement, Romain se met à pratiquer le sport de sa nouvelle idole, tout d’abord en allant jouer sur un playground tous les soirs après les cours – là où il rencontrera la majorité de ses amis actuels. Quelques années plus tard, il franchit un cap supplémentaire en s’inscrivant en club, où il jouera environ six ans.

Fin 2016, Romain arrête le basket en club pour se consacrer à la course à pied.

« Jouer en club commençait à me lasser. J’ai un peu perdu le plaisir que j’avais lorsque je jouais en street. Le jeu est totalement différent. En club j’avais pas tellement le niveau, et j’avais pas l’impression qu’on voulait me donner la chance de progresser non plus. Donc après les matchs, j’allais courir une heure pour évacuer ma frustration. »

Amateur de course à pied depuis toujours, Romain raconte qu’à cette même époque, il se sentait de plus en plus attiré par le Marathon de Paris et qu’il a donc décidé de se lancer dans le but d’y participer. Avec succès puisqu’il a terminé la célèbre épreuve de course en 2017 et 2018.

Malgré cela, il considère tout de même le basket comme une part essentielle de sa vie. 

« Oui, c’est une part importante de ma vie. Sans le basket, je ne sais pas vraiment qui je serais, je n’aurais pas connu les potes que j’ai actuellement. Je ne peux pas dire à quel point mais je pense que je serais différent sans ce sport. »

En plus de lui avoir permis de rencontrer la majorité de ses amis actuels, le basket l’a aidé à se construire en lui apportant sur le terrain des valeurs comme la solidarité et la persévérance, qui l’ont ensuite aidé dans la vie. 

« Quand j’ai commencé en club, c’est la première chose qu’on m’a inculqué. Un mec tombe au sol, tu le relèves. Et du coup ça se retranscrit à l’extérieur. »

Depuis qu’il est petit, Romain doit composer avec des problèmes d’anxiété dans la vie de tous les jours, une situation accentuée par les soucis de santé de sa mère. Mais qu’il rentre sur un terrain de basket ou qu’il se mette à courir et cette anxiété s’envole. Comme une thérapie, le sport l’aide à se canaliser et à composer avec tout ça.

Ces valeurs de solidarité et de persévérance, il est heureux de les retrouver chez les Celtics et plus particulièrement chez un joueur dont il est un fan absolu : Marcus Smart.

« C’est en partie grâce à Smart que j’ai appris à ne rien lâcher. C’est plutôt bizarre car dans le sport, je suis totalement différent : finir un marathon ? Pas de problème ! »

Il a appris à aimer petit à petit ce joueur atypique, séduit autant par son jeu que par sa personnalité, l’un étant indissociable de l’autre pour lui.

Forcément, dans ces cas-là, il y a un peu d’identification. Il avoue qu’il aurait aimé jouer dans le même style, comme « une teigne », quand il arpentait encore les parquets. Le décès de la mère de Smart cet été l’a donc particulièrement touché, surtout à la lumière du passé du meneur. 

Il aura peut être l’occasion d’essayer de jouer comme Smart puisqu’il a ressorti son ballon cet été – mais pas question de se réinscrire en club.

Désormais, ses seules couleurs sont celles des Celtics : pour la saison passée, il estime ainsi avoir regardé une soixantaine de matchs en direct, et le reste en rediffusion. Le direct reste sa préférence, lorsqu’il parvient à tenir jusqu’à l’heure du tipoff.

« Il y a toujours du monde en live avec qui interagir, que ce soit sur Discord ou Twitter, c’est un vrai plus. »

Admettant que ça l’aide aussi à rester éveillé, il poursuit en expliquant que l’émotion n’est pas la même en direct qu’en replay :

« J’aime bien interagir : tu regardes un match seul, mais en fait, t’es pas seul. Par exemple le poster de [Jayson] Tatum sur LeBron [James] en Finales de Conférence cette année, je l’ai vu en direct. Et le fait de l’avoir vu avec d’autres en live à ce moment, ça crée une émotion différente je trouve. Si je l’avais juste vu en replay, je pense que ma réaction aurait été différente. »

Les matchs, Romain les regarde seul. S’il a bien des connaissances qui suivent la NBA, celles-ci ne sont pas supportrices de Boston et ne regardent pas vraiment les matchs en direct.

La nuit, lorsque les événements prennent une tournure frustrante, Romain doit se contenir – il m’en faut peu pour râler, dit-il – car sa mère dort en-dessous de sa chambre. Alors, il va parfois se coucher à la mi-temps lorsque le jeu n’est vraiment pas au rendez-vous.

Et dans ce cas de figure, il n’est pas rare que le mauvais résultat se traduise par une mauvaise humeur le lendemain – surtout quand ses amis le charrient au sujet d’une défaite.

Heureusement, Romain n’est pas tout seul, puisqu’il partage de manière son intérêt pour les Celtics en ligne. Une forme de supporterisme qui semble en tout cas lui convenir :

« C’est carrément mieux de vivre sa passion à plusieurs que tout seul dans son coin. Surtout qu’on a tous des avis différents, donc c’est intéressant. »

Philosophe, il poursuit :

« Le fait de vivre sa passion avec d’autres, c’est une plus-value dans le sens où au lieu d’être dans son coin, on partage nos émotions, nos avis, et cætera, et en même temps c’est ça qui fait vivre une communauté. D’ailleurs, je pense que si je vivais ça dans mon coin, ma passion serait surement moins forte qu’elle ne l’est aujourd’hui. »

On mesure donc parfaitement la force de la flamme qui anime Romain, et l’on en vient naturellement à se demander quel rapport il entretient avec la ville dans laquelle se trouve l’équipe qui a ses faveurs – ville avec laquelle il nous confirme qu’il n’avait pas d’attaches particulières avant de succomber aux charmes des leprechauns.

« Globalement, les USA ont toujours été un objectif de destination, voire un but dans ma vie, déjà rien que pour les grands espaces, les paysages, et puis j’ai grandi en écoutant du rap US (Romain fait fréquemment référence au groupe G-Unit dans ses pseudos, ndlr), donc la culture US m’a toujours intéressé. »

Et Boston ?

« Boston, j’aimerais beaucoup y aller. Déjà pour voir au moins un match, puis aussi pour ma culture personnelle, connaître un peu plus les à-côtés des Celtics… »

Avant de conclure :

« Et évidemment, courir le marathon. Si un jour j’arrive à faire ça, je serai comblé. »


Article rédigé par Léo Hurlin et Hugo Geindre sur la base d’entretiens réalisés par Léo Hurlin et Hugo Geindre. Merci à Romain pour s’être prêté au jeu ! Illustration : Gus.