Preview playoffs 2019 : (4) Celtics – Pacers (5)

La saison régulière 2018-19 est terminée, et on ne sait pas trop à quel point on doit s’en réjouir et soupirer de soulagement. Les Celtics, vraisemblablement pas toujours prêts à faire les sacrifices qu’une abondance de talent requiert, ont déçu. Brad Stevens qui prêche souvent l’importance de ne pas trop s’attarder émotionnellement sur les hauts et les bas d’une saison aura été servi, puisque son équipe a littéralement vécu une saison en dents de scie. Certes, peu de gens imaginaient les Bucks et les Raptors si forts avant le début de la saison, mais peu également imaginaient les Celtics ne sécuriser la quatrième place à l’Est que si tardivement dans la saison.

Le récit des deux dernières saisons (celle-ci incluse) de Boston possède tout de même son lot de rebondissements : alors qu’on les voyait enterrés après la perte de Gordon Hayward puis de Kyrie Irving, ils ont su trouver des ressources et sont passés à quelques minutes d’atteindre les Finales. En conséquence, la fenêtre de titre s’est ouverte davantage suite à cette campagne surprenante en playoffs, mais les attentes ont également été décuplées – en particulier vis-à-vis des jeunes joueurs comme Jayson Tatum, Terry Rozier et Jaylen Brown. C’est donc tout naturellement que l’on s’attendait à voir Boston truster le haut des classements cette saison.

Il n’en fut rien, et les Celtics abordent donc les playoffs avec une modeste quatrième position. La tentation de complètement oublier comment on en est arrivés là est présente, et cohabite avec l’espoir de voir cette équipe tout de même parvenir à se racheter. Reste que cette position ne leur confèrera l’avantage du terrain que sur ce premier tour de playoffs, que nous allons vous présenter avec la participation amicale de Quentin de @PacersFrance.

Les équipes

Boston Celtics

Quatrièmes de la Conférence Est, 49 victoires pour 33 défaites, 28-13 à domicile et 21-20 à l’extérieur

Forces de l’équipe :
  • Talent individuel
  • Grosse défense par séquences
  • Expérience des playoffs
Faiblesses de l’équipe :
  • Réponse à l’adversité
  • Dépendance à Al Horford
  • Absence de Marcus Smart
  • Cohésion collective douteuse

Indiana Pacers

Cinquièmes de la Conférence Est, 48 victoires pour 34 défaites, 29-12 à domicile et 19-22 à l’extérieur

Forces de l’équipe selon @PacersFrance :
  • État d’esprit irréprochable
  • Défense
  • Indiana arrive toujours à rendre une série de playoffs compétitive
Faiblesses de l’équipe selon @PacersFrance :
  • Attaque en général
  • Rotation extérieure très inconstante offensivement
  • Talent individuel

Comparaison statistique

Ce graphique permet de comparer les performances des deux équipes dans diverses catégories statistiques sur une échelle allant de la pire performance de la ligue (centre du graphique) à la meilleure performance de la ligue (bord extérieur du graphique)

La vue de ces statistiques nous pousse dans un premier temps à confirmer l’affrontement un peu stéréotypé entre une équipe des Pacers avec moins de talent mais qui fait les efforts contre une équipe des Celtics qui a plus de facilités mais moins l’envie de mouiller le maillot. Indiana est en avance sur les catégories qu’on associe le plus souvent à l’effort : grosse défense, bons aux rebonds, pas mal de points dans la peinture et plus de lancers-francs obtenus que les Celtics, alors que Boston a une meilleure attaque, une meilleure adresse et prend beaucoup plus de tirs à trois points (pas difficile, les Pacers sont l’équipe qui en prend le moins de toute la ligue).

Un autre stéréotype qui veut qu’en playoffs le jeu se ralentisse, qu’on assiste à des matchs plus rugueux ou la défense est plus importante, semble avantager les Pacers. Toutefois, ces dernières années, on peut se demander à quel point cette vision est encore valide. Les Celtics devront en tout cas essayer de faire jouer leur avantage sur les contres-attaques pour aller chercher les points faciles qu’ils n’arrivent pas à obtenir sur lancers-francs. Ils devraient être aidés dans cette tâche par un nombre de pertes de balle beaucoup plus faible que celui de leurs adversaires.

Les effectifs

Extérieurs :

Kyrie Irving, Jaylen Brown, Jayson Tatum

Darren Collison, Wesley Matthews, Bojan Bogdanovic

Le meilleur joueur des deux équipes se trouve ici, du côté de Boston, et il aurait parfaitement dû être complémenté par Smart qui a certainement sorti sa meilleure saison grâce à une adresse correcte à 3P, toujours autant d’intensité et un jeu globalement épuré. Mais Smart s’est déchiré un muscle abdominal lors de l’avant-dernier match de saison et sera manifestement absent au moins pour ce premier tour de playoffs. Le choix le plus logique pour nous serait de mettre Brown, qui aurait pu faire très mal au banc des Pacers, titulaire à sa place. Tatum, auteur d’une saison globalement correcte mais pas transcendante au vu des espoirs placés en lui vient compléter ce tandem sur l’aile, et on espère le voir retrouver un peu de sa flamboyance des playoffs 2018.

En face, Matthews semble bien remis de toutes ses blessures et se présente comme un sérieux client pour défendre sur Kyrie, tandis que Bogdanovic est probablement le joueur qui se rapproche le plus d’un go-to guy en l’absence d’Oladipo. Très bon artilleur, capable de gros coups de chaud, c’est un joueur sur qui il faudra particulièrement veiller à ne pas manquer une rotation. Enfin, Collison est un meneur correct.

L’avis de celticsfr : avantage Boston
L’avis de @PacersFrance : avantage Boston

Intérieurs :

Al Horford, Marcus Morris

Thad Young, Myles Turner

Young est un role player solide, et Turner un contreur d’élite (meilleur de la saison avec 2,7 par match), pourtant tous deux n’ont pas eu tout l’impact attendu contre les Celtics cette saison. Ainsi, Young cumule un vilain -47 sur les quatre confrontations de SR, tandis que Turner n’a été crédité que de trois contres en trois matchs. Toutefois, Turner s’est illustré en attaque avec une moyenne de 14 points par rencontre à 51,9% de réussite, tandis que les Pacers ont arraché 11 rebonds offensifs aux Celtics par match cette saison.

Côté Celtics, on retrouve Horford qui n’est jamais aussi fort, aussi juste, bref aussi précieux qu’en playoffs, et Morris, qui est en chute libre depuis le début de la saison au niveau de son adresse extérieure. Il sera important que ce dernier se ressaisisse, ou qu’il ait au moins la lucidité de ne pas être un ball-stopper. Sinon, Stevens pourrait bien à nouveau lui préférer Baynes comme il l’a fait en fin de saison.

L’avis de celticsfr : avantage Boston
L’avis de @PacersFrance : égalité

Bancs :

Gordon Hayward, Terry Rozier, Aron Baynes, Daniel Theis

Domantas Sabonis, Cory Joseph, Tyreke Evans, T.J. Leaf, Doug McDermott

Le banc des Pacers possède de bons éléments comme Sabonis et Leaf qui ont posé des problèmes aux Celtics cette saison, un joueur capable du meilleur comme du pire en la personne de Evans, un shooteur en McDermott…

…mais personne pour véritablement arrêter Hayward qui est monté en puissance sur la fin de saison. Au final, le banc des Pacers souffre un peu de la comparaison dans la mesure où la plupart de ses éléments présente des défauts assez faciles à identifier. De fait, si Rozier se reprend après une saison assez calamiteuse, qu’il rentre ses tirs (il est avec Smart le seul vrai membre de la rotation à avoir tiré à moins de 50% contre Indiana cette saison) et que l’équipe parvient à contenir Sabonis (13,8 points de moyenne à 60% contre Boston cette saison), le banc des Celtics devrait pouvoir faire la différence dans cette série. Rozier aura en tout cas un rôle accru et peut-être même crucial en l’absence de Smart.

L’avis de celticsfr : léger avantage Boston
L’avis de @PacersFrance : avantage Boston

Coaching :

Malgré les critiques qu’il a pu recevoir cette saison, Brad Stevens est toujours perçu comme un des tous meilleurs coaches de la ligue, mais attention à ne pas sous-estimer son homologue Nate McMillan qui est employé de cette ligue depuis un bon moment et qui a, somme toute, réussi à faire de ses Pacers quelque chose comme Stevens l’avait réussi avec ses Hospital Celtics de l’an dernier : une équipe solidaire et qui ne lâche rien.

On espère que les choix assez têtus de Stevens cette saison (notamment la confiance sans limites accordée à Rozier) paieront en playoffs, et qu’il se montrera également plus réactif dans ses prises de temps-mort, lui qui a souvent laissé les joueurs essayer de se remettre seuls en selle.

L’avis de celticsfr : égalité
L’avis de @PacersFrance : Boston

Les affrontements en saison régulière

Celtics vs Pacers

PosÉquipeWLPCTHomeRoadPFPADIFF
0310.7502-01-1116.8104.812.0

À première vue, ce bilan est très favorable aux Celtics qui ont remporté 3 matchs sur 4 dont les 2 à domicile et surtout à inscrire en moyenne presque 117 points aux Pacers dont la défense est pourtant le point fort. Mais si on revient en détail sur les rencontres, on peut peut-être nuancer ce constat.

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Bankers Life Fieldhouse

Maillot: STATEMENT
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TD Garden

Maillot: ASSOCIATION
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TD Garden

Maillot: ASSOCIATION
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Bankers Life Fieldhouse

Maillot: ICON

Tout d’abord, il faut noter que Victor Oladipo n’était présent que lors des deux premiers matchs, dont la seule victoire des Pacers. En face, Boston avait gâché plusieurs occasions d’arracher cette victoire sur le fil mais s’était également tiré une balle dans le pied en début de match en ratant ses huit premiers tirs à trois points. À l’inverse, les Celtics avaient facilement dominé les hommes de McMillan lors du deuxième match, mais Indiana était en back-to-back et se trouvait privé d’un starter en la personne de Turner.

Les deux équipes se sont à nouveau affrontées deux fois, bien plus tard dans la saison et à une semaine d’intervalle entre chacun de ces deux matchs qui étaient devenus très attendus tant une confrontation au premier tour des playoffs semblait se dessiner. Entretemps, les Pacers ont malheureusement perdu Oladipo jusqu’à la saison prochaine. Là encore, le premier des deux matchs fut assez disputé et Boston l’avait cette fois-ci emporté dans les tous derniers instants grâce à une action de génie de Kyrie. Le sentiment laissé par cette rencontre était un peu mitigé, entre cafouillages et très bons passages pour les hommes de Stevens. Pour conclure la série de saison régulière, Boston s’était enfin rendu chez les Pacers, où les joueurs de l’Indiana ne tinrent véritablement qu’une mi-temps face à une équipe des Celtics pleine d’assurance et précise dans son exécution.

En résumé, on a eu : deux grosses victoires des Celtics dont une mérite peut-être un astérisque, une victoire sur le fil avec des axes d’amélioration clairement identifiables, et une défaite d’un seul point en début de saison, alors que Boston connaissait clairement des difficultés au décollage et que les Pacers pouvaient encore compter sur un go-to guy affirmé dans leurs rangs.

Sans surprise, à l’image de la saison des Celtics, il est difficile de tirer suffisamment de conclusions du résumé de ces quatre matchs, et il faut donc se pencher plus en détails sur ce qui peut être, selon nous, les clefs de la série.

Les clefs de la série

Le talent intrinsèque :

Si l’on compare les rosters des deux équipes, il apparaît clairement en l’absence de Victor Oladipo un gros avantage en termes de talent pour les Celtics. En listant les joueurs, on peut ainsi clairement relever que Boston possède au minimum les trois meilleurs éléments des deux effectifs confondus : Kyrie Irving, Al Horford, Gordon Hayward. Ces trois joueurs possèdent ensemble un Net Rating de +20,3 (114,1 d’OffRtg, 93,8 de DefRtg) depuis le All-Star Break. Composé de joueurs signés au max, ce trio doit absolument porter les Celtics sur son dos. C’est pour ça qu’il est là. Nul doute que Kyrie et Hayward ont particulièrement hâte d’enfin goûter à nouveau aux playoffs.

Le niveau des Celtics sans Horford :

C’est peut-être l’inquiétude principale que l’on peut avoir, tant les Celtics ont été mauvais lorsque Horford n’était pas sur le parquet, notamment depuis le All-Star Break : ainsi, leur NetRtg passe de +7,5 avec lui à -9,8 sans lui, soit une différence de 17,3 points sur 100 possessions ! C’est particulièrement problématique dans la mesure où l’un des tous meilleurs joueurs des Pacers, Sabonis, n’est pas titulaire mais sort du banc et attaquera donc la plupart du temps notre second unit. Il sera essentiel de le contenir du mieux possible lorsqu’il sera sur le parquet sans Horford.

L’absence d’Oladipo… et celle de Smart :

Alors oui, c’est sûr, ça donne envie de répondre « sans déconner ? » mais l’absence d’Oladipo risque de pénaliser les Pacers de plus d’une façon. Déjà, forcément, parce qu’on parle de l’un des tous meilleurs arrières et que ce genre de joueur peut, balle en main, faire basculer des matchs et des séries de playoffs. Cela aurait dû permettre à Boston de décaler Smart sur Bogdanovic sans que cela porte réellement préjudice, puisque Matthews est surtout une menace derrière l’arc (61,6% de ses tirs sont des trois points) et que Collison n’a pas un gros volume de tirs (8,8 tentatives par match)…

… Mais Smart s’est donc blessé, et il ne faudra pas compter sur lui dans cette série. Brown serait le choix logique pour le remplacer, d’autant qu’il possède des qualités physiques qui peuvent peser lourd dans la balance. Kyrie ou Tatum devraient quant à eux largement être capables de tenir Matthews et Collison tandis qu’on espère voir Brown en mission sur Bogdanovic. À ce sujet, notons que Brown a fait chuter de 3,4% le taux de réussite de ses adversaires par rapport à leur moyenne de saison, ce qui est un très bon chiffre. En face, la tâche sera tout de même compliquée pour Bogdanovic, certainement pas assez playmaker pour prendre les choses à son compte comme un Dipo aurait pu le faire.

L’effort :

Au risque que ça devienne un peu redondant avec tout ce qui a déjà été précédemment dit, on a d’un côté une équipe qui joue un basket collectif, solidaire, qui persévère et qui a un niveau assez homogène. De l’autre, on a une équipe que l’on s’attendait à pouvoir qualifier ainsi mais qui a probablement montré plus de mauvaises choses que de bonnes durant la saison.

Sincèrement, on peut certainement compter les matchs véritablement accomplis sur le bout des doigts, et, dans la mesure où plusieurs joueurs ont exprimé à diverses reprises leur foi en la capacité de l’équipe à renverser la vapeur en playoffs, on espère pour eux qu’ils y parviendront réellement. Dans le cas contraire, la série pourrait en effet prendre une tournure inattendue voire entraîner quelques frayeurs qu’on préfère ne même pas imaginer…

À ce sujet, on espère que l’absence de Smart, véritable leader émotionnel de l’équipe et premier joueur à se jeter sur une balle perdue, ne portera pas trop préjudice. Il faudra en tout cas que les Celtics se donnent collectivement pour compenser son impact.

Les hashtags de cette campagne de playoffs

D’un côté, on retrouve un #GoldDontQuit plutôt pas mal, qui correspond bien à l’image qu’on se fait de ces Pacers, de l’autre un slogan Rise Together littéralement volé à une équipe d’e-sport de Toronto (d’ailleurs les Celtics ne l’utilisent pas comme hashtag car il y a déjà un emoji dédié à cette équipe d’e-sport). Rappelons que ce Rise Together, aussi fade soit-il, vient remplacer l’abominable #CUsRise dont on a bien cru que l’équipe ne se débarrasserait jamais. Les Pacers utilisaient quant à eux un très classique #Together lors des précédents playoffs. La dynamique semble donc aller en faveur des Celtics, mais on a toujours des doutes quant au message.

Pronostics

Afin de récolter vos avis, nous avons publié un sondage sur Twitter. Les réponses sont forcément biaisés par le profil des gens qui nous suivent sur twitter et étant limités à 4 options, nous avons dû regrouper les choix possibles. Toujours est-il que vous êtes 51% à avoir voté pour une victoire des Celtics en six ou sept matchs et 38% pour une victoire en quatre ou cinq matchs. A contrario, seulement 8% d’entre vous prévoient une victoire des Pacers en six ou sept matchs et 3% en quatre ou cinq matchs.

Nous avons également posé la question sur notre serveur Discord.
En réponse, on a eu une majorité de pronostics qui partaient sur une victoire en cinq matchs, évoquant tout de même « une série ultra serrée qui se jouera généralement sur le crunch time ». Pendant ce temps, certains prévoyaient que « l’équipe va vouloir taper fort dès l’entrée des playoffs en activant le vrai playoff mode » tandis que « Indiana sans Oladipo n’a pas assez de talent pour gagner plus d’un match ».
D’autres voient le groupe « se souder autour d’un Smart plus leader que jamais en dehors du parquet » et imaginent déjà Kyrie « montrer au monde entier pourquoi Ainge a voulu faire la pièce maîtresse de son équipe », tout en prévenant : « On tombera forcément dans nos travers lors d’au moins un match. »

D’autres ont voté victoire des Celtics en six matchs « car on est la plupart du temps mauvais à l’extérieur » (Boston reste malgré tout une des trois seules équipes de l’Est à avoir un bilan positif à l’extérieur cette saison). On a également vu passer un pronostic de victoire en quatre matchs, mais « que des prolongations ». Un utilisateur (qui se reconnaitra) a également pronostiqué une victoire 4-2 car il pense que Boston n’arrivera pas à remporter un match à Indiana, nous lui laissons la responsabilité de ces propos.

Du côté de @PacersFrance, Quentin pronostique une victoire de Boston en six matchs :

« Le talent individuel est supérieur. Néanmoins, reste à savoir quel Boston on va voir, surtout sans Marcus Smart qui reste quand même le Thad Young de Boston, le glue guy qui montre l’exemple sur le terrain quand ça ne va pas. »

Enfin, du côté de la rédaction, on retrouve cinq votes sur six qui penchent pour une victoire des Celtics en six matchs et un vote pour une victoire en cinq matchs.

Le programme de la série

Calendrier playoffs

DateLocalHeure/RésultatVisiteurHeure française Maillot
19 h 00 STATEMENT
01 h 00 ASSOCIATION
02 h 30 ICON
19 h 00 ICON
19 h 00 STATEMENT
02 h 00 ICON
02 h 00 ASSOCIATION
01 h 00 ASSOCIATION
02 h 00 ICON

Article rédigé par Léo Hurlin, Hugo Geindre