Anthony Davis aux Lakers : ce que ça signifie pour Boston

On l’a donc appris cette nuit, Anthony Davis a finalement été envoyé aux Lakers, équipe qui avait très manifestement ses préférences, en échange d’un package colossal en raison de tous les choix de draft dont se déleste Los Angeles dans ce deal.

Davis était LA cible des Celtics depuis l’été 2016 et l’instant où Kevin Durant a choisi de rejoindre les Warriors. L’annonce de ce transfert mérite donc qu’on en détaille les ramifications pour Boston et les parties qui nous concernent.

Pour Danny Ainge

Tout d’abord, étant donné que Davis était selon plusieurs sources la piste privilégiée par Danny Ainge depuis trois ans maintenant, et au vu des aspirations des Celtics qui restent d’accrocher une 18e bannière (puis une 19e, et ainsi de suite), c’est forcément un échec pour le projet mené par le décisionnaire principal de l’équipe.

On peut maintenant clairement dire que ce projet a déraillé lorsque Davis a changé d’agent pour signer avec Rich Paul, ami et agent de LeBron James, et qu’il a demandé son transfert immédiat.

Les Celtics avaient en effet anticipé un moment où Davis deviendrait disponible, mais espéraient sans aucun doute que ce soit à peu près à l’instant où nous écrivons ces lignes compte tenu du blocage contractuel existant avec la présence de Kyrie Irving dans l’effectif.

Ce n’est bien évidemment pas ce qu’il s’est passé, et l’on pourra en outre regretter les quelques opportunités manquées dans le cadre de la poursuite de ce plan, à commencer par le moment où Kawhi Leonard était disponible. En repensant à cela, il faut tout de même rappeler toute l’incertitude qui existait autour de sa santé et de son entourage à cette époque, ainsi que les progrès dont faisait preuve Jaylen Brown.

On peut tout de même se consoler en constatant que Ainge a contribué à faire payer à prix d’or la venue de Davis aux Lakers, alors qu’ils étaient manifestement les seuls à consentir aux exigences minimales de New Orleans puisqu’on rapporte que Boston n’a jamais inclus Jayson Tatum dans un deal.

Pour Jayson Tatum

En décidant de ne toucher à rien, Ainge envoie un signal très fort à Tatum, justement : maintenant c’est sur toi que l’on compte.

De manière concomitante, c’est également ce qu’un certain nombre d’entre vous réclamait, peut-être davantage à cause des derniers développements que du niveau réel du jeune ailier aujourd’hui.

À moins que Ainge ne sorte un lapin de son chapeau, c’est donc le début d’une nouvelle phase dans la carrière de Tatum. Après deux ans durant lesquels son rôle était celui de lieutenant, les espoirs à long terme de l’équipe reposent désormais sur lui.

Kyrie Irving vraisemblablement parti (on en parle plus bas), Tatum devrait être la première option offensive l’an prochain. Avec ce statut si enviable pour un joueur viennent cependant des responsabilités et des attentes. Couvé jusqu’alors – même s’il n’a pas été épargné par la critique lors de sa saison sophomore – Tatum va devoir franchir un cap très vite pour justifier le choix de Ainge.

En effet, il est désormais le fer de lance d’une équipe qui évoluera a priori dans la conférence de Kawhi, Giannis Antetokounmpo, Joel Embiid, Kyrie, Victor Oladipo, Ben Simmons, Jimmy Butler, Tobias Harris.

C’est donc une posture encore plus exigeante que l’on a désormais de lui, mais après tout, un tel potentiel placé dans une telle situation justifie tant d’exigences.

Vis-à-vis de Kyrie Irving

C’est une conséquence très importante et qui explique le statut donc va vraisemblablement bénéficier Tatum l’an prochain : la non-venue de Davis signifie très probablement que les Celtics ont assimilé le départ probable de Kyrie.

Apparemment en partie irrité par sa relation avec les jeunes de l’équipe, on a désormais encore plus de mal à voir Irving rempiler dans un effectif qui ne visera très certainement pas le titre l’an prochain. C’est ce qui viendrait donc porter un coup fatal au projet initié il y a quelques années.

Pour Al Horford

En imaginant un départ de Kyrie pour les Nets dont il semble si proche, on en vient tout naturellement à s’interroger sur l’avenir d’Al Horford en vert. Pour rappel, il dispose d’une player option d’un montant de 30,1M de dollars pour l’année prochaine.

Sa re-signature pour un contrat moins cher mais sur plusieurs années était une des priorités de l’équipe, et selon plusieurs sources également la sienne. L’est-elle toujours au vu des derniers développements ?

Vis-à-vis des finances de l’équipe

Aussi réjouissant que tout cela puisse paraître pour une certaine partie de la fanbase manifestement frustrée tant par l’insaisissable Kyrie que par le détestable clan Davis, on se rapproche quand même tout droit d’un scénario catastrophe pour l’équipe d’un point de vue financier, scénario qu’on avait évoqué dans notre preview.

En effet, avec un départ de Kyrie, l’équipe ne libère pas de cap space. En admettant que Horford, qui a clairement signalé vouloir jouer le titre très souvent d’ici la fin de sa carrière, quitte également l’équipe, on se retrouverait toujours sans cap space mais avec seulement huit joueurs sous contrat (11 en admettant que Boston conserve ses trois choix de premier tour) et les simples Mid-Level Exception et Bi-Annual Exception à offrir. Boston peut toujours faire revenir Marcus Morris et Terry Rozier mais s’exposerait alors à une facture monstrueuse pour une équipe moyenne.

C’est le cas de figure numéro 1.

Boston pourrait cependant dégager presque 28 millions de dollars marge en renonçant à tous ses agents libres restants (Morris, Rozier, Daniel Theis, Brad Wanamaker, Jonathan Gibson) et en se débarrassant du cap hold de Shane Larkin. L’équipe renoncerait cependant à ses exceptions (MLE et BAE) et devrait toujours ajouter quatre joueurs au roster.

Pour les ambitions sportives de l’équipe

Dans ce cas de figure numéro 2, le meilleur choix resterait encore selon nous de ne pas aller sacrifier des assets pour des moves latéraux comme Mike Conley, D’Angelo Russell ou Clint Capela. Pourquoi pas ?

Parce que ces joueurs nous ramèneraient au mieux au niveau qu’a atteint l’équipe en 2018-19, tout en nécessitant :

  • de sacrifier des composantes importantes du futur de l’équipe : il ne faut pas rêver, les équipes qui ne jouent pas le titre recherchent certainement toutes nos meilleures pièces, et elles restent notre meilleur espoir de redevenir contenders ;
  • de faire payer la luxury tax aux propriétaires (avec le terrible spectre de la repeater tax), ce qui n’a réellement aucun sens.

Conclusion

En conclusion, c’est un coup indéniable qui est porté ce matin aux Celtics, un coup dont il faut prendre toute la mesure.

Ainge et son équipe voient donc pas mal de portes se refermer, et il sera intéressant de voir lesquelles resteront ouvertes.

On va bien évidemment attendre de voir comment les choses évolueront au cours des deux prochaines semaines, mais il semblerait qu’on soit repartis pour un tour.

Article rédigé par Léo Hurlin, crédit photo : Winslow Townson/AP