Draft 2019 : la conférence de presse des rookies

Comme chaque saison, les rookies sont officiellement présentés quelques jours après la draft par l’intermédiaire d’une conférence de presse. S’il ne se dit jamais rien de capital, c’est l’occasion de savoir quels numéros les nouveaux arrivants ont choisi (au moins pour la summer league) et d’en apprendre un peu plus sur leur mentalité et leur personnalité. Résumons donc joueur par joueur les petites infos glanées :

Romeo Langford : 45

L’arrière drafté en 14 par les Celtics a pour l’instant choisi le numéro 45, parmi les quatre rookies c’est sans doute celui qui a été le plus discret et sur lequel on a le moins appris, peut-être aussi car c’est le plus jeune. D’ailleurs son nouveau coéquipier Grant Williams, qui s’est montré beaucoup plus expansif, s’est déjà fixé comme objectif de le faire sortir de sa carapace.

Les questions se sont plutôt concentrées sur la blessure au pouce qui l’a handicapé tout au long de la saison NCAA. Il a d’abord expliqué avoir joué malgré cela par solidarité avec ses coéquipiers avant d’avouer que son problème a pu perturber sa mécanique de shoot et que c’est la principale chose sur laquelle il lui faudrait travailler cet été.

Toujours à propos de la blessure, Ainge a précisé qu’il ne savait pas encore si Romeo serait capable de participer à la summer league mais que la décision devrait être prise dans les jours prochains.

Grant Williams : 40

On en a par contre appris plus sur le deuxième Williams de l’équipe, drafté en 22 et qui a choisi le numéro 40 (mais ne vous précipitez pas sur son maillot, il a déjà annoncé qu’il pourrait changer d’ici le début de la saison).

L’information principale qui est ressortie sur lui est son amour pour les jeux de société et plus particulièrement les Colons de Catane qu’il pratique assidument seul ou à plusieurs sur sa Switch. Il a d’ailleurs déjà proposé quelques parties à Carsen Edwards, sans succès pour l’instant. Grant semble très sociable, il se décrit lui-même comme un « pitre » (goofball) et il est à l’initiative de la conversation de groupe avec les autres rookies qui leur a pour l’instant servi à discuter de leur choix de vêtements pour la conférence de presse.

Niveau basket, il a fait preuve d’une maturité intéressante en décryptant déjà le jeu de ses coéquipiers (voir en dessous) et a sorti quelques phrases un peu bateau mais qui devraient plaire aux fans à propos de son amour de la victoire, du sacrifice et surtout en en plaçant une pour la fameuse bannière 18.

« En ce qui me concerne, je ferai tout ce qu’il faut pour qu’on accroche une nouvelle bannière ici. »

Grant Williams qui tente de conquérir le cœur des fans encore plus vite que Smart.

Carsen Edwards : 29

Le premier des deux meneurs, drafté en 33 et qui a choisi le numéro 29, a surtout brillé par le biais des compliments adressés par ses coéquipiers rookies. Langford a ouvert le bal en expliquant comment défendre sur lui :

« Ne le laissez pas toucher la balle. Une fois qu’il l’a, j’ai le sentiment qu’il représente une menace de différentes manières, pas juste marquer mais également faire des passes. J’ai pu jouer avec lui avec les USA quand on est allés en Égypte donc je sais à quel point c’est un bon coéquipier et à l’époque c’était également un de nos meilleurs défenseurs. […] J’étais vraiment heureux de le voir également drafté par les Celtics, d’avoir un autre joueur du Big Ten et un ami avec moi. »

Romeo Langford à propos de Carsen Edwards.

Grant Williams y est aussi allé de son compliment en s’attardant sur la défense de Edwards et en assurant que celui-ci pouvait switcher et défendre des postes 2 à 4 en NBA. Cela reste à prouver étant donné que le meneur mesure seulement 1m83 mais il semble avoir la confiance de ses coéquipiers et Williams a bien insisté sur la force physique d’Edwards.

L’autre meneur rookie, Tremont Waters a également participé aux éloges en avouant qu’il était excité d’apprendre de Carsen Edwards. Mais ce dernier ne s’est pas laissé grisé par cette avalanche de compliments. À la question est ce qu’il voulait jouer meneur il a répondu humblement qu’il voulait faire tout ce qu’on lui dirait de faire avant de dresser un constat très lucide pour un rookie :

« J’ai un bon équilibre dans la compréhension de travail qu’il me reste à faire et j’ai encore tellement de moyens de m’améliorer. J’apprécie les gens qui me félicitent et qui me complimentent sur la manière dont j’ai joué mais je suis conscient du chemin qu’il me reste à parcourir en tant que joueur.

Carsen Edwards, la tête froide.

Tremont Waters : 51

Pour finir, un deuxième meneur qui a été choisi en 51ème position et qui a choisi de porter le numéro… 51. Cela résume bien la mentalité avec laquelle Waters arrive dans la ligue et cela rappelle un autre petit meneur passé par Boston que le rookie n’a pas manqué de citer.

« Tout le monde pense qu’il aurait dû être choisi au premier tour, mais à mon avis, je pense vraiment que cela aurait dû être le cas. Savoir que j’ai été choisi en 51, cela ne me donne pas de rancune mais je sens que j’ai vraiment quelque chose à me prouver, comme Isaiah Thomas. C’était le petit meneur qui laissait beaucoup de gens sceptiques quand il est arrivé dans la ligue. Il a montré que tant qu’il reste lui-même, qu’il joue son basket avec le cœur dont il fait preuve, les choses couleront d’elles-même. »

Tremont Waters sur sa ressemblance avec Thomas

Tremont a aussi avoué (avec un peu de crainte) être fan d’un meneur bien moins populaire en ce moment à Boston, Kyrie Irving. Il a grandi en regardant des vidéos du meneur All-Star et a travaillé sa finition au panier sur ce modèle.

Les commentaires de Danny Ainge :

Cette conférence de presse a également été l’occasion pour Ainge de s’exprimer à nouveau, il encore évoqué l’été et la saison à venir et réitérant sa confiance en Gordon Hayward pour revenir au plus haut niveau et en se montrant excité par toutes les opportunités et la flexibilité dont pouvaient faire preuve les Celtics. Il a avoué ne pas encore savoir quelles options étaient réalistes pour Boston cet été et confié qu’il allait travailler là-dessus avec son équipe dans les prochaines semaines.

Mais le plus intéressant, c’est à quel point il a insisté sur le fait de retrouver du plaisir après une saison franchement pénible.

« Ça rend la vie beaucoup plus agréable quand tout le monde est humble, travailleur et veut bien accepter n’importe quel rôle pour le succès de l’équipe. Il faut forcément un certain niveau de talent pour gagner, comme on le sait tous, mais c’est plus agréable de venir travailler avec des gens bien. »

Danny Ainge essayant d’adoucir son image.

Cette déclaration est sans doute également un joli taquet à certains membres de l’équipe de la saison passée, mais il semble que le sentiment soit largement partagé du côté des fans qui ont à nouveau envie de supporter à 100% une équipe qui leur apporte du plaisir, même si elle est moins performante.

Après la période un peu morose de l’annonce de l’échange de Davis aux Lakers, du départ probable de Irving et Horford, cela fait plaisir de retrouver un peu d’enthousiasme et les quatre rookies de Boston ont l’air bien partis pour nous enthousiasmer, en dehors et, on l’espère, sur le parquet.

Article rédigé par Hugo Geindre, crédit photo : Nancy Lane/MediaNews Group/Boston Herald