Les Celtics ont « tourné la page depuis un bon moment »

S’il y a une chose sur laquelle ont bien insisté tous les membres des Celtics présents à Las Vegas cette semaine pour le training camp de Team USA, c’est que Boston a tourné la page : fini de ressasser la saison catastrophique de l’an dernier, tout le monde a les yeux rivés sur la suite.

Alors que les joueurs des Celtics continuent d’être mitraillés de questions leur demandant ce qui n’a pas fonctionné lors de la saison précédente, eux sortent en réponse leurs plus belles contorsions et suggèrent que toute leur énergie est concentrée sur ce qui les attend.

Brad Stevens, en visite au training camp, adressait ce sujet hier :

« C’est drôle, mais j’ai l’impression que de l’extérieur, du fait que c’est l’été et qu’il n’y a pas grand-chose à raconter pendant ces deux mois, c’est le sujet qui tourne plus ou moins en boucle. En interne, ça fait un bon moment qu’on a tourné la page. L’ambiance dans nos locaux est excellente, on a un groupe de bosseurs. »

Il poursuit :

 » Jaylen [Brown] et Jayson [Tatum] sont présents ici, mais ils étaient à Boston la semaine dernière pour bosser jusqu’à leur départ pour Vegas. Bien sûr, on a beaucoup eu nos jeunes. Non, la page a vraiment été tournée il y a longtemps. C’est ce qu’il faut faire après chaque saison, je pense. Qu’elle ait été victorieuse ou décevante, il faut en tirer ce qu’il y a à tirer et passer à la suite. »

Les Celtics ne s’en sont pas cachés : l’équipe de l’an dernier était dysfonctionnelle. Ils ont également reconnu que les résultats de cette dernière n’ont clairement pas été à la hauteur des attentes. Mais les joueurs présents à Vegas n’ont aucunement l’intention de poursuivre davantage une autopsie qui chercherait à déterminer pourquoi les choses ont dérapé, pas plus qu’ils ne souhaitent blâmer des joueurs en particulier pour justifier ce fait.

« L’an dernier est derrière nous, acquiesce Tatum. On en a tous un peu marre de parler de la saison passée. On a une nouvelle équipe, de nouveaux gars donc on essaie juste de passer à la suite et de se préparer pour la prochaine saison. »

Marcus Smart, interrogé sur des commentaires qu’il avait émis récemment au sujet du départ de Kyrie Irving, répondait quant à lui :

« C’est du passé. Je suis concentré sur l’année prochaine, sur les gars qui seront avec nous. »

Lors du premier jour de ce stage de Team USA, Brown avait fait écho aux commentaires de Smart qui jugeaient que l’équipe 2018-19 était « dysfonctionnelle ». Interrogé sur les ondes positives qui semblent émaner de l’équipe cet été, il notait :

« C’est forcément positif. Je ne vois pas comment les choses pourraient être pires que l’an dernier. Tout le monde a en tête l’importance de revenir avec un état d’esprit positif. »

Alors que des journalistes s’engouffraient dans la brèche, Brown a rapidement remis Team USA et la campagne 2019-20 des Celtics au centre des débats. Plus tard, il philosophait :

« Il n’y a pas de meilleur enseignement que celui de l’expérience. Chaque année, j’ai acquis de l’expérience. Je vois cette nouvelle année comme une nouvelle toile, et nous comme des artistes. À nous de peindre. »

Depuis le mois dernier et le jour où les Celtics ont fait venir Kemba Walker et Enes Kanter à Boston pour une présentation officielle, il est apparu très nettement une vraie sensation de positivité au sein de l’équipe. Comme si le nuage noir qui menaçait le Auerbach Center s’était évaporé. De l’extérieur, certains continuent de se demander si cela reflète l’impact des départs enregistrés cet été par la franchise.

Toujours est-il que les joueurs et le staff de l’équipe n’ont jamais cessé de faire preuve de la plus grande diplomatie. Ils ont loué les qualités d’Irving et des autres joueurs partis, tout en admettant que les problèmes de l’équipe ne provenaient pas que d’une seule entité.

Il est également évident que ces Celtics ont à cœur de prouver à quel point la saison passée était une aberration. Même Walker, fraîchement débarqué, sait que ces Celtics ont très envie de montrer que le niveau qu’ils ont affiché l’an dernier ne reflète pas ce dont l’équipe est capable :

« C’est la vie. Pas juste le basket. Il y a des hauts et des bas. C’est certainement une bonne chose que ces gars aient vécu ces bas. On ne peut pas être au sommet tout le temps. Je pense que toutes leurs difficultés de l’an dernier, ce genre de trucs, ça les motive pour aborder la prochaine saison. »

Walker développe :

« Je pense qu’ils sont prêts. Prêts à bosser, car c’est déjà ce qu’ils font. Et tout simplement prêts à passer à la vitesse supérieure dans leur jeu, particulièrement à cause de l’an dernier. C’est comme ça que ça s’est passé pour moi. En arrivant, ce n’était pas génial dans mes premières saisons en NBA mais ça m’a poussé à m’améliorer. Espérons qu’ils ressentent la même chose. »

Stevens notait rapidement que les espoirs jaillissent chez toutes les équipes en NBA à cette période :

« Il y a trente équipes qui espèrent et ont hâte. C’est ça, l’intersaison. »

Les Celtics savent eux aussi que passer à une nouvelle saison ne les lavera pas automatiquement de tous leurs maux. L’arrivée de Walker, combinée à la meilleure forme de Gordon Hayward, aux ambitions toujours plus importantes de Tatum et de Brown, pose encore le problème de la répartition des tirs et des rôles. Compte tenu du talent disponible à l’aile, il est difficile de prédire qui sera relégué ou promu du banc et du cinq de départ. L’équipe mise sur une résolution de ces problèmes de manière très naturelle, lorsque le training camp des Celtics débutera fin septembre.

C’est également pour cela que Brown s’irrite un peu lorsqu’on lui demande s’il devrait y avoir de plus grandes opportunités pour les jeunes que l’an dernier :

« Je ne sais pas. C’est ce que je répèterai à chaque fois. On me le demande tout le temps. Je ne sais pas quelles seront les opportunités et je ne fixerai pas d’attentes. Tout ce que je veux, vraiment, c’est qu’on y soit et que je joue au basket. »

« C’est la seule chose sur laquelle je veux me concentrer. Toutes les intrigues, tout ça, ce que va faire le front office, comment ils partageront les minutes, je n’en sais rien. Je veux juste jouer. Je suis sûr qu’ils trouveront la solution et je prendrai ce qu’ils me donneront, j’ai confiance en leur vision des choses. Je veux simplement jouer au basket. »

La seule façon de mettre un terme au cycle de questions sur le passé sera de montrer en quoi le futur diffèrera. Mais ces Celtics avaient désespérément besoin qu’on secoue leur écran magique cet été.

Maintenant, ils sont tournés vers la saison 2019-20.

« Chaque saison est l’occasion d’un nouveau départ, l’occasion de recommencer les choses à zéro, résumait Smart. Allons-y et rachetons-nous. »

Traduction de l’article de NBC Sports Boston « Stevens: Celtics ‘turned page a long time ago’ » par Léo Hurlin, crédit photo : Ethan Miller/Getty Images