Portraits : Melfi

Depuis la création du projet celticsfr à l’automne 2011, une communauté s’est formée autour et, grâce à Twitter, Facebook et Discord nous pouvons interagir de plus en plus avec vous et apprendre à en connaitre certains. C’est ainsi que nous est venue l’idée d’essayer d’en savoir plus sur ces gens qui nous accompagnent presque tous les jours depuis plus ou moins longtemps. Nous avons donc décidé de nous lancer dans une série de (modestes) portraits de fans, qui sont surtout l’occasion de vous mettre un peu en lumière, vous qui avez la gentillesse de nous lire (plus ou moins) régulièrement.

Pour ce quatrième portrait (les trois précédents sont à retrouver ici), nous avons choisi de mettre à l’honneur Melfi.

Cette professeure d’anglais de 25 ans vit en région parisienne. Elle a choisi de rester anonyme et nous l’appellerons donc par son pseudo, qui lui vient de la série The Sopranos – une des préférées de cette mordue de cinéma et de séries – dans laquelle il existe un personnage nommé Jennifer Melfi, qui est la psychologue du personnage principal.

C’est vers 13 ou 14 ans qu’elle estime être devenue fan des Celtics. À l’époque, sa famille était équipée d’une parabole qui permettait de capter de nombreuses chaînes TV américaines et notamment ESPN. Ainsi, Melfi a goûté à ses premiers matchs NBA, dont elle adorait l’ambiance. La célèbre chaîne américaine diffusait parfois le même match plusieurs fois dans la semaine, et Melfi tombait souvent sur les Celtics :

« Ça m’est arrivé de regarder plusieurs fois le même match. J’ai commencé à retenir les noms, les postes… En fait, c’est devenu mon équipe un peu par la force des choses. »

Celle qui se souvient avoir été « dingue de Paul Pierce » ajoute :

« Une ou deux saisons plus tard, il y a eu 2008… J’avais suivi au mieux toute la saison, et voilà, c’était grandiose ! »

Son initiation à la NBA a été facilitée par le fait qu’elle faisait déjà du basket. Elle avait en effet débuté ce sport au collège, en UNSS, alors qu’elle était en 6e, et après avoir découvert Space Jam, son « souvenir lié au basket le plus lointain » lorsqu’elle était en primaire.

« On avait un petit créneau pour ça, donc c’était cool. Les intervenants nous ont proposé de continuer en club pour ceux qui aimaient, et d’avoir plus d’entraînements, donc je me suis inscrite, je dirais que ça a duré jusqu’en troisième. »

Comme beaucoup de filles autour d’elle, Melfi délaisse ensuite le sport avec le lycée et le passage à l’âge adulte. Il lui arrive encore, rarement, de jouer avec des amis.

Aujourd’hui, c’est davantage vers son travail qu’elle concentre son énergie, et particulièrement les projets annexes qu’elle pilote, dont la gestion d’une association, Make Me Smart :

« C’est une association qui œuvre dans l’intérêt des collégiens et des lycéens de tous horizons. L’ambition, c’est d’offrir des formations d’excellence, dispensées par des enseignants et professionnels diplômés/reconnus, aux élèves souhaitant s’investir pleinement dans leurs projets et construire leur avenir. »

Avec ses acolytes, Melfi a organisé en mai dernier un week-end de masterclass spécial en vue du bac :

« Cinq euros pour le weekend : cours particuliers, oraux blancs, boissons, nourriture et cours de boxe en fin de session pour se défouler. C’était vraiment formidable et les retours des participants ont été très positifs, ça nous motive encore plus pour la suite et surtout pour de plus grands projets ! On voudrait développer l’offre en langues et proposer des séjours culturels, donc sur la formation en anglais pourquoi pas leur faire découvrir les USA et les initier à la NBA !

Mais ce n’est pas tout :

« Je fais de la recherche universitaire actuellement donc entre l’enseignement, les projets que je pilote à côté, mes loisirs et ça : il ne reste plus beaucoup de temps à occuper ! »

On se demanderait presque comment elle fait pour trouver le temps de supporter avec toujours autant de ferveur les Celtics et de vivre sa passion pour la NBA.

« Comme beaucoup de gens : je dors peu ! Plus sérieusement, je suis ravie car je la vis de plus en plus facilement grâce au développement des réseaux et des acteurs autour de la NBA, des offres League Pass… Ce qui a changé aussi, c’est qu’avec le temps j’ai rencontré des personnes qui partagent les mêmes centres d’intérêt que moi et on s’est vraiment liés d’amitié donc on vit tout ça ensemble, on a des débats cools, on profite au maximum et c’est génial. »

Il est vrai que la NBA s’est démocratisée en France ces dernières années, ce qui aide énormément à vivre une telle passion.

« Quand j’étais plus petite, j’avais littéralement personne avec qui apprécier la NBA. Même les gens qui faisaient du basket avec moi ne s’y intéressaient pas, ce n’était pas démocratisé comme ça l’est aujourd’hui. Ça grandit de jour en jour, je trouve ça formidable. »

Il y a même encore mieux :

« J’ai aussi la chance de pouvoir voyager et me rendre à des games. J’ai été au TD en octobre dernier, en début de saison contre les Pistons, c’était formidable. Là, je vais essayer d’aller voir les Celtics au Wells Fargo Center. »

Depuis les départs en retraite de Paul Pierce, Allen Iverson ou encore Tracy McGrady, ses joueurs actuels préférés sont Isaiah Thomas (« Beaucoup d’amour pour lui, on on se rappelle tous du match le jour de l’anniversaire de sa sœur, c’était dur de le voir partir »), Marcus Smart (« Il m’a saluée au TD, c’était trop bien, j’adore son histoire et sa mentalité »), ou encore Jayson Tatum (« C’est trop un petit sucre, je l’ai vu à Quai 54 d’ailleurs il est génial sur le terrain comme off-court »).

De quoi largement compenser les espoirs qu’elle nous a confié avoir eu un temps pour Ben Simmons…

Au rayon déceptions, elle a également tenu à mentionner Kyrie Irving, « qui lui a « brisé le cœur » dans un move qu’elle « ne digère pas » :

« C’est la plus grosse merde de l’univers, vive le roi Kemba désormais. »

Du coup, quand on lui demande son avis sur la situation des Celtics après un été chaotique, Melfi se dit confiante…

« Je pense qu’avoir nettoyé le vestiaire de l’ego de Irving, ça va globalement jouer en notre faveur sur le plan collectif. Après, Kemba, avant, il portait les Hornets seul, donc là il ne peut que briller car il va avoir de l’aide, c’est parfait selon moi. J’ai des attentes mais je suis confiante, je sais qu’il saura trouver sa place auprès de Tatum, Brown… »

… mais tempère tout de même un peu :

« Je pense qu’on va réussir à bien se défendre sur la saison régulière, en playoffs je suis plus lucide… Je n’attends pas d’aller en Finales cette année. J’ai suivi la Summer League autant que possible, et on était agréables à regarder. Donc bon je pense que ça va être assez positif, mais ce qui nous manquera cette année c’est peut-être de l’expérience. Autant sur Hayward je suis très optimiste parce que du temps est passé, il va avoir l’envie de montrer que c’était un bon avec le Jazz, autant sur Kanter je suis réservée, même inquiète plutôt : on était déjà pas dingues en défense, je ne sais pas s’il va apporter grand chose de ce côté-là, je pense plutôt qu’on va bien regretter Horford. »

Article rédigé par Léo Hurlin sur la base d’entretiens réalisés avec Melfi. Merci à elle pour s’être prêtée au jeu ! Retrouvez le site de Make Me Smart ici.