La vie dans le Maine selon Tacko et Tremont

Pour Tacko Fall, le rookie des Celtics, c’est généralement à cause d’un enfant.

Fall, qui a signé un contrat two-way avec les Celtics et qui passera donc l’essentiel de sa saison en G League avec les Maine Red Claws, aimerait pouvoir se balader dans Portland, la plus grande ville du Maine. Son coéquipier Tremont Waters, lui, aime aller au centre commercial, manger à Qdoba ou chez Chili’s. C’est plus facile pour lui et son 1m80.

Du haut de ses 2m29, Fall dénote au milieu d’une foule, et quand des enfants le repèrent, ils ne sont pas vraiment subtils.

 » Ils se retournent et d’un coup crient, puis tout le monde vient voir. Les adultes viennent, posent des questions, demandent des autographes. Je ne peux aller nulle part dans le Maine, c’est de la folie. »

De l’aveu de Fall, les adultes lui demandent souvent d’attendre un instant le temps de sortir de quoi écrire. C’est généralement pendant ce laps de temps que l’attroupement se forme.

Les requêtes d’autographes sont parfois bizarres en elles-mêmes.

« On m’a demandé de signer sur des fronts, ou ‘Est-ce que tu peux signer sur ma main ?’. Les gens dans le Maine, je ne sais pas comment le dire, ils sont un peu plus… Enfin, l’autre jour, une dame m’a demandé une photo, et elle s’est assise sur mes genoux. Ils sont très amicaux, quoi. »

C’est une façon de le dire.

Pour Waters, la transition a surtout eu lieu au niveau des locaux d’entraînement, du fait d’avoir laissé le superbe Auerbach Center de Brighton pour le décor plus terne de la G League.

« Ça me rappelle tout ce que j’ai dû faire pour en arriver là, bien sûr. C’est vraiment de là où je viens, quand on y pense. Ce n’est pas rien, mais c’est totalement différent de la NBA et des locaux des Celtics avec les Jayson Tatum, les Jaylen Brown, Kemba Walker, Marcus Smart et tous ces gars. Ici, c’est plutôt des tours de terrain. On court énormément. Bien sûr, ça nous aide beaucoup au niveau de la forme physique, mais je ne suis pas habitué. En arrivant, j’étais plus habitué à des entraînements bien structurés, à bosser sur mon jeu d’un jour à l’autre. Ici, c’est plutôt ‘Bosse sur ton jeu mais reste bien en forme, et ceci, et cela, et encore cela’. Donc ouais, c’est du boulot, clairement du boulot, mais il est bienvenu. »

Dans l’hôtel où ils résident, Waters et Fall partagent une chambre. Waters n’a toujours pas réussi à faire marcher sa XBox. Il confesse qu’il reste principalement seul, à signer des autographes et traîner sur Netflix.

« Ce n’est vraiment pas pareil, parce qu’à moins de savoir où et quand les choses se passent, il n’y a rien à faire. Mais ça me permet de me détendre, de jouer au basket, de bosser, de passer du temps à la salle de musculation, faire ce que j’ai à faire. »

Fall est plus occupé. Tellement qu’il pourrait bien plus recommander des activités à un autochtone que l’inverse. Il roule souvent vers Boston durant les deux heures qui séparent les deux villes et s’habitue à la météo.

Je ne pense pas m’y faire un jour. J’ai grandi en Afrique. J’ai vécu en Floride quasiment tout le temps depuis que je suis arrivé aux USA. Boston, c’est un peu moins froid que le Maine mais ça reste frisquet. Heureusement, j’ai un manteau énorme. Je fais ce que je peux pour ne pas subir le froid mais je sens qu’il va falloir que je m’y fasse. Même si ce n’est pas aussi dur que ce que je m’imaginais. Je vais gérer. »

Waters comme Fall s’adaptent également au style de jeu de l’équipe. Les Red Claws jouent vite, sprintent d’un côté du terrain à l’autre et shootent précipitamment. Fall estime que ce style lui permet de lire le jeu plus facilement.

« Le fait de jouer vite m’aide clairement. Je vais d’abord bosser sur ma condition, et je suis sûr qu’en revenant en NBA le jeu me paraîtra ralenti. Déjà, quand j’ai joué contre les Knicks par exemple, même si je n’avais pas joué en G League, le jeu me semblait déjà plus lent que ce que j’avais imaginé. Plus je jouerai et mieux ça ria. Je peux déjà clairement ressentir la différence. Quand j’ai joué ce match en G League l’autre jour, j’ai également senti que les choses étaient plus simples à assimiler que d’habitude. »

C’est bien évidemment l’objectif. Portland, Maine, ce n’est pas le pire endroit pour commencer sa carrière, mais la NBA reste l’objectif suprême. Comme le dit Waters :

« Personne ne veut faire sa carrière ici. J’essaie de me servir de ce passage comme d’un tremplin pour retourner en NBA. »

Traduction de l’article « Boston Celtics big Tacko Fall ‘can’t go nowhere’ in Maine, as he and Tremont Waters adjust to life in the G-League » par Léo Hurlin