Mailbag du 17/12/2019

Avec un creux de plusieurs jours sur le calendrier des Celtics à quelques jours des fêtes de fin d’année et après pratiquement deux mois de compétition, c’est l’occasion pour nous de vous proposer un mailbag pour la première fois depuis des lustres.

N’hésitez pas à nous dire si la formule vous plaît.

On le disait il y a quelques jours sur Twitter, pour nous c’est avant tout une histoire de patience. L’équipe telle qu’elle a été construite avec un Kemba Walker déjà prêt à déléguer des responsabilités demande beaucoup de ses ailiers Gordon Hayward, Jaylen Brown et Jayson Tatum. Le premier semble enfin bien revenir et le second épate cette saison tandis que le troisième réalise quoi qu’on en dise une bonne campagne malgré des attentes très élevées, mais les deux Jays restent malgré tout jeunes et beaucoup de ce que peut faire cette équipe tient à leurs progressions respectives.

Derrière, à l’intérieur, à défaut d’avoir un joueur dominant comme il en existe très peu, Boston a fait ce qui est selon nous un choix (d’ailleurs, la tendance se remarque depuis pas mal d’années déjà) en privilégiant des joueurs assez mobiles et sachant globalement écarter le jeu. Un joueur peut selon nous réellement faire la différence : Robert Williams, qui combine des qualités athlétiques folles, une envergure démesurée, une lecture offensive assez bonne mais qui est aussi capable de faire n’importe quoi à n’importe quel moment. Pour nous, être patient avec ce joueur (qui n’a que 22 ans) en particulier peut réellement payer. On l’a vu en début de saison notamment, certains de ses passages réussis ont vraiment élevé le niveau global de l’équipe.

Sinon, outre de la patience, un peu de réussite extérieure de la part du banc serait évidemment bienvenue, particulièrement chez Grant Williams et Carsen Edwards. Même s’ils sont rookies, Boston compte clairement sur eux et les voir convertir à un taux acceptable leurs tentatives à 3P serait déjà une très bonne chose.

Après, très franchement, pour nous les Celtics ne sont pas dans la caste des prétendants au titre pour cette année.

Tout déjà, commençons par clarifier qu’il ne s’agit pour nous pas tant du dessein de Brad Stevens que de celui de Danny Ainge.

Ensuite, concernant la question, on a pu voir contre Milwaukee fin octobre et même lors des deux confrontations déjà jouées contre Philadelphie que Boston avait en tout cas des arguments pour lutter contre certaines équipes bien fournies à l’intérieur, mais il est vrai que ces deux équipes ont des points forts qui sont idéaux face aux Celtics.

De là à dire viable, il y a un pas que nous ne franchirons pas pour le moment, en cochant déjà sur le calendrier les prochains affrontements face aux deux poids lourds de l’Est.

Mais c’est là où cette réponse se recoupe avec celle de la question précédente : les Celtics ne sont pas pour nous de sérieux contenders cette saison mais l’émergence de role players tels que les Williams avec un peu de temps pourrait à nos yeux les rapprocher de ce statut.

Nous allons prendre ces questions ensemble parce qu’on sait que la question du pivot et celle de #lesrebonds vous brûle les lèvres (non, vraiment, on sait).

Au vu de la grille des salaires de l’équipe, on se rend vite compte que les options sont limitées.

Trader Hayward ne nous semble absolument pas nécessaire, mais plutôt exclu tant il déborde de talent et de playmaking. On l’a vu déjà l’an dernier alors qu’il n’était qu’à 50% de son niveau, il a encore bien des choses à apprendre aux jeunes. Et puis, le signal envoyé au marché des agents libres serait vraiment mauvais.

Il en va de même pour les Jays, car le front office de l’équipe n’est justement pas impatient et voit à long terme, et pour Kemba évidemment. Cela laisse Marcus Smart, seul joueur dans la dizaine de millions, mais cela semble tout aussi inimaginable que les options cités juste avant puisqu’il est de facto le capitaine et l’âme de l’équipe, et que son seul salaire ne suffirait pas.

C’est-à-dire qu’on touche très très vite à pas mal de questions épineuses comme celle de l’alchimie du groupe, qui nous a tant fait défaut l’an dernier, ou encore la valeur des assets accumulés.

Le pick des Grizzlies est l’un de ces assets les plus précieux actuellement pour Boston. Romeo Langford, par exemple, est un diamant brut qui n’a même pas eu l’occasion de s’exprimer mais qui serait, en coulisses, l’un des tous meilleurs ball handlers du groupe. Voulons-nous réellement sacrifier des éléments aussi importants pour la trajectoire de la franchise à moyen terme pour un move soit très coûteux et potentiellement « latéral », c’est-à-dire qui ne nous renforcerait au mieux que marginalement ?

Myles Turner pourrait être un bon joueur dans l’absolu, il rentre certainement dans la case du joueur mobile, bon en défense et capable de tenir le ballon en tête de raquette que Stevens affectionne. Mais si le prix est un Jaylen ou un Jayson, alors c’est bien trop cher.

Clint Capela est un très bon pivot de saison régulière, et encore jeune, mais il y a une raison pour laquelle les Rockets, dans leur perpétuelle recherche d’efficacité, le benchent en playoffs et lui préfèrent P.J. Tucker.

Steven Adams, sur le papier, semblerait être une très bonne recrue, mais les chiffres de cette saison montrent une toute autre réalité : OKC patine et il tourne péniblement aux alentours d’un double-double. Ses playoffs de l’an dernier, où il affrontait Enes Kanter, ne parlent pas en sa faveur. Surtout, il faudrait envoyer un contrat max en retour, soit Hayward ou Walker. L’équipe en sortirait-elle vraiment meilleure ? C’est une question rhétorique.

Ensuite, il y a Andre Drummond qui revient souvent dans nos mentions Twitter. Comment dire… Outre le fait que le fit est mauvais et que le joueur est cher payé, il y a la question de son engagement sur le terrain qui laisse à désirer et le fait qu’il se fait absolument malmener par des joueurs comme Joel Embiid justement, ce qui nous ramène au point de départ. Typiquement le pire choix possible pour nous.

Pour terminer, Nerlens Noel est également souvent cité, mais même si l’on ignore que Boston a déjà laissé passer plusieurs opportunités de le récupérer au cours de ses sept saisons NBA (son plus gros salaire sur une année : 4,2M), nous ne voyons sincèrement pas quelle upside il apporte par rapport à Daniel Theis ou Williams. Sans compter qu’il est lui aussi léger.

Harry Giles est un jeune joueur assez prometteur en théorie, mais le fait que les Kings n’aient pas exercé leur option sur ce qui aurait été sa quatrième année de contrat rookie est assez inquiétant, surtout quand on connaît ses soucis récurrents au genou.

Giles deviendra donc agent libre non-restreint à l’été 2020, et on verra à ce moment-là. Il n’y a aucun intérêt à monter un transfert pour lui à l’heure actuelle : en effet, le fait que les Kings ont décliné leur option fait qu’ils ne pourront pas lui proposer plus de 4 millions sur un an à l’été prochain, et cette restriction s’appliquerait à l’équipe qui le ferait venir dans un transfert avant cela.

Oui ! Il est encore bien trop tôt pour l’enterrer. On nous reproche parfois d’être trop durs avec lui dans nos bilans, notre petit jeu des étoiles qui viennent récompenser les matchs, mais c’est justement parce que nous croyons réellement en son potentiel : les exigences deviennent très élevées.

Offensivement, il sait tout faire et fait « juste » des choix contestables très souvent, mais c’est oublier qu’il n’a que 19+2 ans. Défensivement, il montre cette saison qu’il a des outils intéressants. Globalement, il doit gagner en régularité et en propreté, ce qu’on peut raisonnablement espérer avec le temps et un rôle toujours plus grand, mais il nous semble qu’une grande partie des ambitions de l’équipe à long comme à moyen terme repose à juste titre sur lui.

Pour ce qui est d’une éventuelle comparaison, je pense qu’on connaît tous les noms. En termes de statut dans la ligue, probablement Tracy McGrady, Carmelo Anthony, Paul George, Paul Pierce… En gros, des ailiers stars et FP dans leurs équipes. Après, les histoires de récompenses individuelles, ça peut tellement varier pour plein de raisons, mais ce serait en tout cas très fort de parvenir à atteindre ce niveau de réputation.

À presque tous les égards satisfaisant, compte tenu de ses pourcentages en carrière pour le moment il n’y a pas de surprise, si ce n’est au sujet de son 40,7% de réussite sur 9,3 tirs à 3P par match qu’il prend qui est très positif.

Kemba fait beaucoup tourner et n’hésite pas à laisser les autres joueurs jouer balle en main, ce qui comme on l’avait vu avec Isaiah Thomas fonctionne pas mal dans le système Brad Stevens.

Il y a juste le fait qu’il ne livre que trop rarement de matchs complets de bout en bout qui est un peu dérangeant, mais il faut relativiser et espérer que ça évoluera positivement en se disant qu’il débarque dans une situation encore fraîchement nouvelle.

Brad Wanamaker surprend cette année et montre enfin de quoi il est capable. Pour un joueur signé au minimum c’est une affaire correcte pour Boston, mais il est vrai qu’à côté de cela Tremont Waters réussit de très belles choses en G League avec ses 19,8 points et 7,5 passes décisives de moyenne.

Il faudrait juste que Waters réduise son nombre de pertes de balle (41 en 11 matchs)… mais sinon il semble plutôt bien parti pour avoir sa chance l’an prochain, Stevens lui ayant déjà fait confiance durant un QT4 cette saison.

« On n’a jamais trop d’ailiers doués balle en main. » C’est un vieux proverbe grec d’un sage nommé Danaos Angios, et je trouve qu’il s’applique bien ici. Nous n’avons encore rien vu de lui mais comme dit plus haut, son playmaking sur pick and roll serait le deuxième meilleur de l’effectif après celui de Hayward.

Dans ces conditions et même si la rotation est dense à l’aile, on comprend pourquoi Boston cherchera très certainement à voir ce que Langford peut produire balle en main, dès qu’il aura mis derrière lui ses pépins physiques et qu’il aura pu se mettre au niveau d’autres joueurs plus prêts que lui.

Maintenant, pour remplacer Hayward, ça nous semble très prématuré. Hayward prouve cette saison que même s’il n’a plus la détente qu’il avait à Utah, il est capable de peser offensivement tout au long d’un match et de bien des façons. Pourquoi n’y aurait-il plus besoin d’un joueur comme cela lorsque son contrat se terminera ? À l’instant t, nous imaginons mal qu’il réclame à nouveau le max lorsqu’il sera FA.

On était encore partis sur les bases d’une saison compliquée pour Semi Ojeleye, mais les derniers matchs sont plutôt encourageants. 19 minutes de moyenne et 38,7% de réussite à 3P sur ses quinze derniers matchs (et un joli +21 contre Miami), honnêtement, à ce stade de sa carrière, c’est très certainement le mieux qu’on puisse espérer de lui. Pour un 37e choix de draft, c’est déjà pas mal.

Article rédigé par Léo Hurlin, crédit photo : Brian Babineau