De Bill Russell à nos jours en passant par KG : être Noir et jouer pour Boston

Avant-propos : à l’occasion du Black History Month, officiellement célébré chaque février aux États-Unis depuis 1976, et alors que cela fera 70 ans en avril qu’un joueur Noir a été drafté en NBA pour la première fois, le site The Undefeated – qui explore les liens entre le sport et les questions de race – publie un long article dans lequel plusieurs sportifs Noirs évoquent la présence du racisme à Boston.


Marcus Smart, l’arrière des Boston Celtics, s’attendait à un trajet des plus normaux. Alors qu’il rentrait chez lui en voiture après un match lors de la saison 2016-17, il rencontra une fan des Celtics pour le moins bruyante. Une qu’il n’oubliera jamais. La femme se trouvait avec son jeune enfant, en plein milieu d’un passage piéton aux abords du TD Garden, et le feu venait de passer au vert pour les voitures. Smart klaxonna pour la prévenir.

« Je lui ai crié par la fenêtre : ‘Excusez-moi, madame, mais vous feriez mieux de traverser en vitesse avant qu’une voiture ne vous percute. Il y a de la circulation, je ne veux pas qu’il vous arrive quoi que ce soit.’ J’avais à peine fini de dire ça qu’elle m’a regardé, avec son maillot vert des Celtics floqué du numéro 4 et m’a dit : ‘Va te faire foutre, putain de sale nègre.’ Les gens qui l’ont entendue étaient choqués. Ils étaient là, genre : ‘C’est Marcus Smart, vous venez tout juste de le voir jouer, madame. Vous portez un maillot d’Isaiah Thomas.' »

De manière juste ou injuste, Boston a longtemps été perçue comme la plus grande ville des États-Unis dans laquelle la population Afro-Américaine n’est pas la bienvenue. Une photo terrifiante prise en 1976 par Stanley Forman capture cette tension : on y voit un homme Blanc se jeter sur un homme Noir, avec le mât pointu d’un drapeau américain en main dirigé vers lui. Cette photo a été prise lors d’une manifestation contre le busing après que les écoles avaient été ordonnées par la justice de stopper la ségrégation raciale en réorganisant les transports scolaires. Quatre décennies plus tard, une enquête nationale commandée par le Boston Globe en 2017 nous informait que parmi les huit plus grandes villes américaines, la population Noire classait Boston comme ville la moins accueillante pour les personnes racisées.

La perception de la ville de Boston, dont la population était composée à 53% de Blancs et 25% de Noirs lors du recensement de 2010, n’a pas été améliorée par des événements récents impliquant des athlètes Noirs et des supporters d’équipes de Boston. En 2014, P.K. Subban, qui jouait à l’époque pour les Montreal Canadiens, avait reçu des tweets racistes après avoir marqué le but de la victoire contre les Boston Bruins. En 2017, Adam Jones, alors joueur des Baltimore Orioles, avait été appelé par l’infâme « N-word » dans les travées du Fenway Park tandis qu’un fan lui lançait un sachet de cacahuètes. En 2019, un fan des Celtics qui avait proféré une injure raciste à l’encontre de DeMarcus Cousins a été banni du TD Garden pour une durée de deux ans.

Smart, drafté par les Celtics en 2014, est désormais le Celtic le plus ancien et tient à exprimer clairement combien il aime jouer pour Boston. Il confie avoir été victime de racisme ailleurs dans le pays. D’autres joueurs ayant porté les couleurs de la franchise admettent qu’il est injuste de distinguer Boston d’autres villes. Mais l’altercation avec la fan au maillot d’Isaiah Thomas a ouvert les yeux de Smart.

« Quand tu te dis qu’ils sont là pour t’encourager et qu’après tu entends ça, c’est plus décevant que blessant. Je me suis dit : ‘Purée, ce genre de trucs existe vraiment.’ Je joue pour la ville de Boston, mais ça arrive tout de même. »

En revanche, en ce qui concerne le fait de jouer pour la franchise NBA de Boston, les choses sont bien différentes pour les Afro-Américains. Depuis des décennie, les Celtics sont une des équipes les plus progressistes du sport US. On oublie souvent que les Celtics ont brisé plusieurs interdits et tabous en NBA, et que cela a joué et continue de jouer un rôle important dans leur illustre succès encore aujourd’hui.

« Les Celtics n’ont à rougir de personne en ce qui concerne le fait de croire et d’incarner la notion du respect de tous et le fait de faire tomber des barrières, affirme le propriétaire des Celtics actuel Wyc Grousbeck. Les Celtics ont été la première organisation NBA à faire tomber des barrières, et encore aujourd’hui aspirent à mener le monde vers plus de tolérance, de compréhension et de respect. »

The Undefeated a discuté avec plus de 30 Celtics actuels ou anciens, ainsi que des proches d’anciens joueurs pour recueillir leurs expériences en tant qu’Afro-Américains ayant évolué à Boston. Les joueurs ont reconnu que le racisme était toujours présent à Boston, comme dans nombre d’autres endroits du globe, mais leurs témoignages ont globalement également montré combien la vie d’un Celtic Noir avait pu changer au fil des années.

« Avant d’arriver à Boston, ce qu’on dit de la ville, c’est que c’est une ville raciste, explique Kevin Garnett, qui a mené les Celtics au titre en 2008 et dont le numéro 5 sera retiré par l’équipe l’an prochain. Mais une fois que tu deviens un Celtic, tu as cette protection, ce bouclier supplémentaire, c’est une toute autre histoire. »

Pour beaucoup de Celtics Noirs, Boston est devenu une maison.


Les Boston Celtics ont ouvert davantage de portes que probablement n’importe quelle équipe professionnelle du sport américain, y compris les Brooklyn Dodgers.

« Demandez à n’importe quel joueur Noir lambda actuel en NBA quelle équipe a drafté le premier joueur Noir. Ils auraient bien du mal à répondre qu’il s’agit des Celtics », avance Cedric Maxwell, une légende de l’équipe qui commente désormais les matchs à la radio pour l’équipe.

En 1950, Chuck Cooper est devenu le premier Afro-Américain drafté par une équipe NBA lorsque Walter Brown, le propriétaire des Celtics l’a choisi avec le 14e choix. Lorsqu’on lui a dit que Cooper était « un nègre » et qu’il était par conséquent inéligible, Brown rétorqua que tant que Cooper avait du talent, il pouvait être « à pois » que ça lui était égal. Soixante-neuf ans plus tard, l’ancienne star de la fac de Duquesne était admise au Hall of Fame.

La première star NBA Noire débarqua en 1956 et porta elle aussi les couleurs des Celtics : Bill Russell, second choix de la draft. Red Auerbach et les Celtics transférèrent Cliff Hagan et Ed Macauley, deux Hall of Famers Blancs, pour obtenir le choix qui servit à drafter Russell.

« Tout le monde se cachait dans ses mains pour rigoler parce qu’ils pensaient que Auerbach avait fait une énorme erreur », se remémore Satch Sanders, huit fois champion avec les Celtics.

Russell mena les Celtics à 11 titres et devint probablement le meilleur défenseur de tous les temps.

Les Celtics inscrirent également leur nom dans les livres d’histoire NBA en alignant le premier cinq exclusivement composé de joueurs Noirs. Le 26 décembre 1964, Russell, Sanders, K.C. Jones, Sam Jones et Willie Naulls (qui remplaçait un Tommy Heinsohn blessé) démarraient la rencontre contre les Milwaukee Hawks. Le banc de l’équipe ne comprenait que des joueurs Blancs. Les Celtics gagnèrent la rencontre sur un score de 97-84 et firent appel à ce cinq de départ à 12 reprises cette saison.

En 1966, les Celtics nominèrent le premier coach Noir de l’histoire de la NBA lorsque Russell remplaça Auerbach. De 1966 à 1969, Russell fut joueur-entraîneur et remporta deux titres tout en affichant un bilan de 162 victoires pour 83 défaites.

« Les Celtics ont fait tomber cette barrière de race avant même que la majeure partie des autres équipes n’y aient ne serait-ce que songé », appuie Maxwell.

La ville de Boston, cependant, n’était pas à cette époque aussi acceptante vis-à-vis des joueurs Noirs.


Russell, qui n’a pas souhaité s’exprimer dans le cadre de cet article, a une fois qualifié Boston de « marché aux puces du racisme » dans ses mémoires de 1979 intitulées Second Wind.

« Il était présent sous toutes les formes, des plus vieilles aux plus récentes et de la plus virulente des façons, écrivit Russell. La mairie de la ville était gangrénée par des racistes corrompus et tous copains, il y avait des racistes du genre à lancer des briques et à vouloir nous renvoyer en Afrique, et dans les milieux universitaires il y avait des racistes hypocrites faussement rebelles… À part ça, j’ai bien aimé la ville. »

Russell, né à Oakland en Californie, était arrivé à Boston en 1956 après avoir étudié à l’université de San Francisco. En dépit de son statut de première star Noire de Boston, il a subi des attaques verbales de certains fans des Celtics et ne s’est jamais senti être le bienvenu au cours de sa carrière de joueur. Sa maison de Reading, banlieue aisée de Boston, a ainsi été vandalisée alors même qu’il était honoré dans un country club de la même ville. Sa fille, Karen K. Russell, signa un article pour le New York Times en 1987 décrivant la maison comme « ravagée ».

Le « N-word » était tagué sur les murs, de la bière avait été déversée sur la table de billard, les trophées de Russell avaient été brisés. Les auteurs de ce vandalisme avaient déféqué à plusieurs endroits de la maison dont le lit de Russell. Selon plusieurs de ses anciens coéquipiers, cette histoire avait anéanti Russell.

« Certaines choses qu’a vécu Russell ont fait de lui un homme très en colère », ajoute Sanders.

Le 13 mars 1972, les Celtics ont retiré le numéro 6 de Russell au Boston Garden lors d’une cérémonie privée. Son maillot a été hissé au plafond de la salle devant des amis et des joueurs environ une heure avant que les portes ne soient ouvertes au public pour un match contre les New York Knicks. Lorsqu’on lui a demandé pourquoi la cérémonie n’avait pas été ouverte au public, Russell avait répliqué :

« Vous savez que ce n’est pas mon truc. »

La vraie raison, c’était que Russell pensait n’avoir jamais eu le respect et l’adoration qu’il méritait pour avoir mené les Celtics à 11 titres parce qu’il était Noir.

« Russell avait dit qu’il n’avait pas connu d’endroit plus raciste que Boston », confie Sanders.

Sanders rappelle que dans les années 1960 et 1970, il était déjà difficile pour lui d’avoir un taxi en raison de sa couleur de peau, et qu’il n’était donc même pas la peine d’envisager de louer un appartement qui lui plaisait en ville.

Deborah White, la veuve de l’ancien grand joueur des Celtics Jo Jo White, s’est souvenue de son mari lui racontant des histoires du racisme que Russell et Sam Jones avaient vécu à Boston. Elle évoque notamment que Jones avait confié avoir subi des « indécences » comme une croix de bois enflammée plantée devant sa maison.

« Les choses étaient différentes, et dures à vivre, difficiles pour eux, tendues, se souvient White. Mais ils étaient des pionniers, et ils ont ouvert la voie à des Jo Jo, des Don Chaney, des Paul Pierce, des Kevin Garnett, Kyrie Irving, des Jayson Tatum.« 


Maintenant comme à l’époque, il n’y a guère eu beaucoup d’endroits pour sortir à Boston qui ne soient fréquentés majoritairement par une population Noire. Sanders se rappelle que lorsqu’il jouait, il y avait des restaurants à Dorchester et Roxbury (deux quartiers connus comme Afro-Américains de Boston) qui permettaient de se retrouver en communauté sans avoir à aller très loin mais sa préférence personnelle était de quitter la ville.

« J’étais à 212,4 miles de New York City, détaille Sanders. Parfois, je finissais l’entraînement à midi, et dès que j’ai su conduire et que j’ai eu ma voiture, je sautais dedans pour filer à New York. Je ne revenais que le lendemain matin. »

Depuis les années 1930, l’établissement le plus célèbre qui soit possédé par des Noirs et qui a des liens avec les Celtics est le Slade’s Bar and Grill, situé dans le quartier de Lower Roxbury. Russell en a été co-propriétaire dans les années 1960. Le restaurant est aujourd’hui propriété de Terry Calloway et Darryl Settles, tous deux Afro-Américains, mais aussi de l’ancien assistant directeur exécutif des opérations basket des Celtics, Leo Papile, de couleur blanche.

Ce restaurant de soul food, surnommé « The Soul of Boston » est également une boîte de nuit où l’on y joue du R&B et du hip-hop. Au fil des années, on y a vu passer des noms comme Muhammad Ali, Martin Luther King Jr., Malcolm X, Joe Louis ou encore l’ancien président Franklin D. Roosevelt. D’anciens Celtics et autres joueurs NBA ont déjà témoigné avoir passé du bon temps au Slade’s, tout comme certains membres de l’équipe actuelle des Celtics.

Mais en dépit du succès de Slade’s au cœur d’un quartier Noir de Boston, Sanders s’est souvenu du racisme enduré lorsqu’il a tenté d’ouvrir le premier établissement propriété d’un Noir sur la célèbre Newbury Street de Boston à la fin des années 1970.

« Il n’y avait aucun commerce Noir dans le centre de Boston, se remémore Sanders. C’était un des problèmes, et je voulais m’assurer d’y remédier. »

Selon Sanders, sa dynamique fut toutefois brisée en 1976 après que des tracts anonymes circulèrent partout en ville annonçant ses intentions.

« La façon dont c’était formulé disait : ‘Tom Sanders de Roxbury veut ouvrir un restaurant sur Newbury Street.’ Le tract ne mentionnait pas que j’étais l’entraîneur de Harvard, que j’avais joué avec les Celtics. Non, ça disait Tom Sanders, mais pas Tom « Satch » Sanders, un nom qui aurait parlé aux gens. Tout ce qu’il y avait à en retenir, c’est qu’il s’agissait d’un type Noir. »

Sanders finit par ouvrir le Satch’s Restaurant à Dorchester. Il y avait un club, le Green Gang, qui y regardait les matchs des Celtics. Sanders était le fondateur, le propriétaire et le dirigeant du restaurant, qui opéra de 1979 à 1984 avant de fermer pour des problèmes de coûts.

« J’avais un groupe dans la salle de dîner, du disco à l’étage et un salon jazz à côté, se rappelle Sanders, 81 ans. Mon Dieu, c’était le paradis. »

Fletcher Wiley, un avocat et leader des droits civiques reconnu, et sa femme Benaree habitent à Boston depuis plus de cinq décennies. Ils décrivent Boston comme une « ville de Blancs ». Ils ont été témoins des obstacles rencontrés dans la ville au sujet des questions de race. Mais ils ont également vu du progrès.

« Je dirais que les tensions raciales étaient le plus visibles au début des années 1970. Les gens avaient peur d’aller dans certaines communautés de la ville, et les différentes raciales sous-jacentes étaient quelque chose dont on avait conscience. Les choses ont énormément changé, et ce positivement, depuis notre arrivée. Il n’y a plus ce genre de barrières, de frontières qui séparaient les communautés les unes des autres. Il n’y a plus cette peur d’aller d’un coin de la ville à l’autre. Les gens sont plus amicaux et essaient de changer les choses dans la ville. »

Ces dernières années, plusieurs joueurs ont été surpris de voir la diversité ethnique présente à Boston. Il y a notamment beaucoup de personnes originaires du Cap-Vert, un archipel de 10 îles au large du Sénégal. L’ancien intérieur des Celtics Al Horford a aussi dit s’être senti comme à la maison à Boston après y avoir signé en 2016, grâce à la grande diaspora Dominicaine.

« C’était un plus pour nous. »

Quant à Newbury Street, les Noirs ont fini par s’y imposer d’une façon ou d’une autre.

Au début des années 1990, Patrick Petty a ouvert une boutique nommée Culture Shock, connue pour ses vêtements très tendance. Ses articles ont été portées par des artistes musicaux tels que Toni Braxton, Boyz II Men, Naughty by Nature, Tony Toni Tone et New Kids on the Block, des athlètes comme l’ancienne star des Celtics Dominique Wilkins ou encore l’ancienne star des New England Patriots Lawyer Milloy.

Shellee Mendes, une fan des Celtics détentrice de tickets à l’année, est devenue la première femme Afro-Américaine à posséder un commerce sur Newbury Street lorsqu’elle a ouvert en 2002 Salon Monet. Elle possède désormais deux salons de coiffure dans la rue.

« C’est magique d’être une femme d’affaires Noire sur Newbury Street. C’est inédit et j’ai la sensation que c’est là où mon talent mérite d’exercer. »

Cependant, pour beaucoup de joueurs Noirs, il aura fallu plus de temps pour adopter Boston comme destination.


Dans les années 1980, lorsque les All-Stars Larry Bird et Kevin McHale étaient les visages de l’équipe, les Celtics étaient souvent l’objet de plaisanteries dans les cercles Afro-Américains. Dans le film de Spike Lee Do The Right Thing sorti en 1989, un homme Blanc portant un T-shirt à l’effigie de Larry Bird dans les rues de Brooklyn se fait chahuter par plusieurs hommes Noirs. Une fois, l’acteur Robin Harris avait fait une blague en imaginant une discussion dans un barbershop Noir : Bird était-il surcoté ? Un premier individu disait de Bird : « Il n’a rien d’autre qu’un shoot. » Harris répliquait : « C’est tout ce dont il a besoin. »

L’équipe rivale de Boston, les Los Angeles Lakers, était quant à elle menée par un joueur spectaculaire du nom de Magic Johnson et le pivot musulman Kareem Abdul-Jabbar.

« Les gens ont adoré dire que les Celtics étaient racistes, déplore Heinsohn. Peut-être parce qu’ils avaient McHale et Bird, non ? Mais dites-moi qui serait assez fou pour refuser McHale et Bird ? et Danny [Ainge]. »

Au sommet de la rivalité entre Celtics et Lakers, l’équipe de Boston comptait elle aussi dans ses rangs plusieurs stars Noires : Robert Parish, Cedric Maxwell, Dennis Johnson et M.L. Carr. Un des entraîneurs de l’équipe était lui aussi Afro-Américain : K.C. Jones. Mais il était malgré tout vu comme un sacrilège qu’une personne de couleur Noire vivant hors des murs de Boston et loin de la Nouvelle-Angleterre puisse supporter les Celtics durant les années 1980. Maxwell avance même que tout Afro-Américain jouant pour les Celtics à l’époque était considéré comme un vendu.

« La majeure partie de l’équipe était Noire à l’époque, rappelle Maxwell, sélectionné par les Celtics en 12e lors de la draft 1977 en provenance de l’université de Charlotte et qui ne voulait initialement pas aller à Boston car il souhaitait rejoindre une ville avec plus de diversité. Mais on a tous été victimes du stéréotype qui faisait de nous des traîtres à notre race. Je pense qu’il n’y a pas plus faux quand on pense à moi, Robert Parish, M.L, Dennis Johnson. On était fiers de notre négritude, on l’aimait. Mais on était dans une ville qui, à l’époque, peu importe ce qu’il y avait, était vue comme raciste. »

En 1990, lorsque Dee Brown arriva aux Celtics, il ne lui fallut que très peu de temps pour vouloir déjà partir de Boston, victime d’une bavure raciste. Lui et sa fiancée de l’époque Jill Edmondson venaient de faire l’acquisition d’une maison dans la région et sortaient d’un bureau de poste de Wellesley lorsqu’ils se retrouvèrent encerclés par des policiers.

« J’étais dans ma voiture, sur un parking, avec un stylo dans la main en train de signer des papiers, et tout ce que j’ai entendu, c’était : ‘Mains en l’air ! », relate Brown. J’ai regardé dehors, et j’ai vu au moins huit policiers avec leurs armes pointées sur moi. J’ai eu peur parce que certains ont dit : ‘Lâche ce flingue !’, ils pensaient que mon stylo était une arme. Je suis sorti du véhicule, ils m’ont redit de poser mon pistolet. J’ai dit que ce n’était pas un pistolet mais un stylo, ils m’ont plaqué au sol et ont posé leur arme sur ma tempe. »

Brown avait peur pour sa vie, jusqu’à ce qu’un passant ne le reconnaisse.

« Quelqu’un qui passait par-là a vu ce qu’il se passait et a dit : ‘Hé, les Celtics viennent de drafter ce mec !’ S’il n’avait rien dit, j’aurais fini en prison menotté. »

Selon Brown, les policiers le suspectaient d’avoir braqué une banque aux alentours une semaine plus tôt après avoir reçu un appel d’un employé qui disait l’avoir reconnu. On finit par lui présenter une photo du vrai coupable, et il s’avéra que la peau de ce dernier était de couleur bien plus claire.

« J’ai vraiment envisagé de partir, confirme Brown, aujourd’hui GM de l’équipe de G League des Clippers. J’ai cru que j’allais mourir, vraiment. J’étais là depuis trois mois à peine, c’était dur. L’ironie du sort, c’est que j’ai fini par aller habiter dans le centre-ville et que je n’ai jamais eu un quelconque autre problème. »

Parish, qui a passé 14 saisons à Boston entre 1980 et 1994, a aussi apprécié la ville. Le natif de Louisiane glisse que les seules choses qui lui ont posé problème avec Boston étaient le froid et la neige.

« Hormis la météo, Boston était une ville agréable pour vivre et pour jouer. Je n’ai jamais été victime de racisme. Je ne dis pas qu’il n’y en a pas ici, mais je n’en ai jamais été la cible. Je parle de comment Boston m’a traité. Je ne dirais pas que la perception de la ville est fausse, il y a clairement du racisme ici. Mais je ne pense pas que ce soit flagrant et à ciel ouvert. Il y a du racisme partout. »

Maxwell, qui réside toujours dans la région, abonde.

« Tout le monde continue de dire un truc du genre : ‘Boston a le monopole du racisme. » Mais ce n’est pas vrai. On le retrouve dans toutes les grandes villes. »

Il n’en reste pas moins que les Celtics avaient du mal à attirer les joueurs Noirs à Boston, même jusqu’au début des années 2000. Tout cela changea avec l’arrivée de Garnett.


Doc Rivers, qui entraîna l’équipe de 2004 à 2013, avait conscience de l’image de la ville lorsqu’il accepta le poste. Il savait que ce serait un défi de construire via la free agency.

« J’avais de vraies inquiétudes sur la question raciale, oui, et l’équipe était mauvaise. Mais KG a changé ça. »

Rivers raconte qu’avant la draft 2007, les Celtics avaient un accord de principe pour faire venir Garnett par transfert. Mais le joueur 15 fois All-Star refusa le transfert, souhaitant rejoindre une équipe de l’Ouest bénéficiant d’un climat plus chaud. En outre, la perspective de rejoindre une équipe en reconstruction ne l’enchantait pas.

Les Celtics firent donc l’acquisition de Ray Allen et d’un second tour de draft (Glen Davis) auprès des Seattle SuperSonics, en échange de Delonte West, Wally Szczerbiak et le cinquième choix de la draft (Jeff Green).

« Boston n’est pas une ville où les joueurs envisagent de jouer, confie Pierce, 10 fois All-Star. Ça n’a jamais été une grosse ville attirante pour les agents libres. On peut remonter l’historique des joueurs qui se sont retrouvés ici par transfert sans l’avoir prévu, leur parler, et ils diront de manière positive : ‘Je ne savais pas que Boston était une ville comme ça.’ La ville a une réputation raciste, mais en tant que star sportive, ça ne se ressent pas. »

Ce n’est qu’après le transfert de Allen que Garnett devint intéressé par la perspective de rejoindre Boston. Son souhait fut exaucé plus tard dans l’été, lorsque les Celtics envoyèrent Al Jefferson, Ryan Gomes, Sebastian Telfair, Gerald Green, Theo Ratliff, deux premiers tours de draft et des compensations financières dans le Minnesota en échange de Garnett.

« KG avait dit non, se souvient Rivers. Puis on a fait venir Ray avec Paul et il a dit : ‘Je veux aider ce groupe’. »

Ce transfert a aidé les Celtics a signer des agents libres.

« Repensez à qui nous avons signé après avoir fait venir KG, développe Rivers. James Posey, Eddie House, P.J. Brown, Sam Cassell. Ces gars sont accourus. Ils voulaient venir. Ça a ouvert une porte, et ça a peut-être fait la différence. Quand j’ai pris le poste, tout le monde m’a dit qu’on ne pouvait recruter personne à Boston. C’est ce que j’entendais en boucle, partout. Quand j’en suis parti, j’étais vraiment fier parce qu’on avait prouvé que c’était possible, qu’en créant la bonne culture, le bon environnement, tout le monde suivrait. On n’entend plus parler de cette question raciale. Kevin Durant est venu visiter, quoi ! Je pense que KG a été l’instigateur de tout ça. »

Garnett a adopté Boston et tout ce qui venait avec ce lieu.

« Je viens du Sud, rappelle Garnett qui vient de Caroline du Sud. Je suis habitué au racisme, j’ai l’habitude de ces interactions, j’étais à l’aise sur cette possibilité, je contrôlais ça. Quand je suis arrivé à Boston, ce que j’ai ressenti était différent. Les gens n’étaient pas racistes, ils étaient plutôt du genre : ‘Oh merde, c’est The Big Ticket, je peux avoir une photo mec ?’ Noir, Blanc, vert, violet, ça n’avait pas d’importance. ‘Yo, KG !’ Tout le monde était heureux, voulait parler basket, tu avais envie de ça, de t’arrêter et de discuter. C’était naturel, cool, transparent, tape-m’en cinq et on fait une photo. Ils revendiquaient ça. Ils m’ont vu courir avec une corde dans le dos, plonger sur le parquet. Tu es un dieu là-bas, si tu donnes tout ce que tu as, ils te le rendent. »


Les Celtics venaient de vivre une raclée à domicile face à LeBron et aux Cavs. Mais en ce dimanche après-midi de 2018, une foule globalement Blanche attendit plus d’une heure pour honorer un de ses vieux amis : Paul Pierce, dont le numéro 34 allait être retiré et hissé au plafond du TD Garden aux côtés d’autres anciennes gloires de l’équipe.

« Il n’y a pas d’autre endroit où ils auraient pu faire ça après un tel match et où les gens auraient attendu, affirme Rivers. Ils prennent une grosse dérouillée et personne ne part. La salle était toujours pleine à craquer pour Paul. Boston a tellement grandi. »

Pierce avait été drafté en 10e position par les Celtics lors de la draft 1998 et avait disputé 15 saisons avec la franchise. Tout au long de sa carrière, dans les bas comme dans les hauts, les années de défaite, les coups de couteau reçus dans une boîte de Boston, le titre de 2008, Pierce affirme avoir toujours eu le soutien des fans des Celtics.

« Ils m’ont adopté, ils m’ont connu jeune chiot immature, ils m’ont vu grandir, ils ont vu le meilleur et le pire de moi. Il m’ont accepté comme un des leurs alors même que je venais de Inglewood, Los Angeles. La façon dont ils m’ont supporté, c’est comme si j’étais né à Boston. »

« Mec, Boston est une ville tellement exigeante, ajoute Garnett. Il faut avoir de sacrées ‘cojones’ pour venir ici. Il faut en vouloir, parce qu’eux le veulent pour toi. C’est pour ça que Paul était parfait ici. Paul ne refusait jamais le tir. On lui disait : ‘T’es à 0 sur 14’ et il disait : ‘Je sais, mais je vais le rentrer.' »

Beaucoup de Celtics interviewés dans le cadre de cet article ayant joué à Boston au milieu des années 1990 et 2000 et ayant vécu dans les banlieues cosy proches de l’ancien centre d’entraînement de Waltham (déménagé beaucoup plus proche du centre-ville en 2018) avaient des anecdotes globalement positives à raconter au sujet des fans de Boston, bien qu’ils reconnaissent que leur statut de Celtic avait probablement contribué à cela.

Pour Rivers, le fait d’avoir connu du succès a également aidé.

« Quand nous sommes devenus bons, je suis devenu un ‘affranchi’ de la mafia. »

Rajon Rondo a également décrit Boston comme globalement accueillante envers lui, mais son frère William ne l’a pas toujours aussi bien vécu. Et l’ancien meneur de souligner qu’à Boston comme partout en Amérique, un athlète Noir sera probablement mieux traité qu’un Afro-Américain lambda. Kendrick Perkins acquiesce.

« Je n’ai jamais subi de racisme en huit ans. Je ne dis pas que ça n’existe pas à Boston, mais je reconnais que le fait d’être athlète professionnel à Boston génère une sorte de séparation. Si j’avais été un Noir parmi d’autres à Boston, je ne sais pas comment les gens auraient agi avec moi. »

Avery Bradley, qui a joué pour les Celtics entre 2010 et 2017, raconte qu’un de ses frères a été victime une altercation raciste en assistant à un match des Boston Bruins.

« Ma famille, mes amis ont vécu pas mal de racisme à Boston. S’ils n’étaient pas avec moi, ils vivaient des trucs en tous genres. À un match de hockey, mon frère en est presque venu aux mains avec des gens qui se comportaient n’importe comment. Je ne l’ai jamais vécu mais tous les gens avec moi ici l’ont subi. »

Comme l’a appris à ses dépens Smart ce soir-là aux abords du TD Garden, la différence peut se réduire au fait de porter un maillot de match ou des vêtements de ville. L’ancien intérieur Glen Davis indique ainsi avoir toujours eu de l’affection et du respect « parce que je portais le maillot des Celtics » mais qu’il avait parfois reçu des injures racistes de quelques fans lorsqu’il sortait.

« Il y a des moments où tu sors et des fans se lâchent. Par exemple : ‘Tu peux dunker, gros singe ?’ Tu es en boîte ou dans un bar et tu tombes sur un fan bourré qui te lance des trucs comme ça. »

Pour Posey, il n’y a cependant pas de quoi comparer ce que sa génération a pu vivre avec ce que d’autres générations plus lointaines ont eu à affronter.

« Ce n’était pas du tout pareil. Je n’ai rien vécu de négatif. »


Jeff Twiss, qui est depuis longtemps le porte-parole des Celtics, a une maxime habituelle qui lui provient de Red Auerbach : « Celtic un jour, Celtic pour toujours. » Les Celtics déroulent le tapis rouge à leurs anciennes gloires. Il n’est pas inhabituel de voir des légendes de la franchise comme Russell aux entraînements, et l’équipe est connue pour souvent offrir des tickets à des joueurs ayant à peine eu le temps de prendre un café ici.

Rondo confie avoir presque pleuré lorsque les Celtics lui ont rendu un hommage en vidéo lors de son premier match avec les Dallas Mavericks en 2015.

« Cette organisation fait preuve de classe, ce n’était pas étonnant. Je l’ai vu quand P [Pierce] est revenu pour la première fois, pour Kevin [Garnett] aussi. À chaque fois que je reviens à Boston, ou même ailleurs, les fans me remercient. Ils sont reconnaissants de mon passage là-bas. »

Deborah White explique que sa famille considère toujours les Celtics et Boston comme part entière de son existence, de par la façon dont l’organisation a soutenu son mari durant son combat contre la maladie. En 2010, Jo Jo White a subi une opération pour retirer une tumeur bénigne de la taille d’une noix à l’arrière de son cerveau. Deborah raconte que l’équipe a fait en sorte que son mari soit pris en charge par les meilleurs spécialistes, et qu’une fois remis, il avait pu reprendre son poste au sein de la franchise. Il est décédé en 2016 à l’âge de 71 ans.

« Il n’y a rien que les Celtics auraient pu mieux faire, assure-t-elle. Je suis témoin. Je l’ai vu, et j’ai vu comment ils ont été toutes ces années durant, j’ai été proche des joueurs, de leurs femmes, je sais que Boston n’est pas ce qu’on en dit de l’extérieur. »

James Cash, un des deux Afro-Américains faisant partie du groupe ayant racheté l’équipe en 2002, affirme qu’il a sauté sur l’opportunité de faire partie de l’organisation.

« Au cours de ma jeunesse dans les années 1960, le fait de suivre les Celtics était tellement important pour moi. Ils avaient le plus grand nombre d’Afro-Américains, et c’était une grande source d’inspiration pour moi. Quand l’occasion s’est présentée, la question ne s’est pas posée. »

Le 26 mai 1999, les Celtics ont retiré une seconde fois le numéro de Russell. Parmi les invités figuraient Bird, Wilt Chamberlain, Abdul-Jabbar, Julius Erving, John Havlicek, la légende de la boxe Muhammad Ali, la légende du football Jim Brown et la légende du R&B Aretha Franklin.

Les fans étaient également les bienvenus, et ce moment a aidé à réconcilier la ville et le joueur.

« S’il y a un athlète qui mérite d’être cité pour avoir placé Boston sur une carte, c’est Russell, martèle Sanders. On peut regarder au cas par cas, mais Russell les a placés sur une carte à l’échelle du pays, du monde et j’en passe. Et c’est Russell qui a fait de cette équipe ce qu’elle était. »

À la fin d’une cérémonie de presque trois heures, Russell et Auerbach se tinrent côte-à-côte, avec à leurs côtés une bannière affichant le numéro 6. Tandis que les deux tiraient ensemble sur une corde hissant le drapeau au plafond de la salle, les fans donnèrent à Russell ce qu’il méritait 27 ans plus tôt : une standing ovation.

Russell y répondit par des larmes.


Les Celtics d’aujourd’hui entendent toujours les murmures.

« Le premier truc que j’ai entendu quand j’ai su que j’allais arriver à Boston, c’était qu’il s’agissait d’une ville historiquement raciste, raconte Jaylen Brown. Mais tu en viens à voir des choses dans et en-dehors de boston qui montrent sa diversité, son éclectisme. C’est une ville qui va vite, probablement très différente de comment on la connaissait. On peut y voir du changement, beaucoup d’initiatives où les gens se retrouvent. J’ai appris à vraiment adorer cette ville. »

« Il y a tout, surtout dans Boston, ajoute l’ex-Celtic Kyrie Irving. C’est vraiment une grande ville. »

Les Celtics de ces dernières années ont aussi pris le temps de trouver des restaurants qui leur ressemblent.

Horford a ainsi retrouvé sa cuisine Dominicaine à Boston. Bradley indique qu’avec sa femme, qui vient de Trinité-et-Tobago, ils allaient à Dorchester manger caribéen. Tatum fréquente régulièrement un haut-lieu de la soul food.

« Quand je suis arrivé, j’ai demandé à Jerome Allen, l’assistant coach qui vient de Philly, où trouver de la soul food, du poulet frit, un truc comme ça. C’est de Slade’s dont il m’a parlé en premier, et c’est mon spot de référence. »

Tatum aussi avait entendu parler de la réputation de Boston lors de sa draft par l’équipe en 2017, mais assure n’avoir jamais eu le moindre problème.

Pierce note que nombre de joueurs actuels ont pu apprendre à mieux connaître la ville maintenant que les Celtics s’entraînent au Auerbach Center et ses 6 500 m² flambants neufs ouvert en 2018. Il se trouve au Boston Landing, près du QG mondial de New Balance que l’on peut apercevoir depuis le Massachusetts Turnpike.

« Tout se trouve dans un rayon de dix minutes. Beaucoup de joueurs ont des appartements par-là, c’est bien, ils traînent plus dans la ville, et seront plus reconnus quand ils sortent. »

L’été dernier, les Celtics ont signé un des meilleurs agents libres du marché, Kemba Walker. Walker, originaire du Bronx, affirme que les questions de race n’ont aucunement influencé sa décision.

« C’était une situation nouvelle pour moi, donc ce n’est pas un truc qui trottait dans ma tête. Attention, c’est quelque chose dont j’avais entendu parler, mais ça n’a pas été un problème pour moi depuis. »

Walker s’est davantage délecté de l’histoire de la franchise.

« L’histoire est riche. Quand tu pénètres pour la première fois dans la salle, ce sont les bannières qui captent ton attention. On connaît tous Bill Russell, son parcours, les récompenses, tous les titres qu’ils ont eus. C’est une équipe qui gagne. C’est quelque chose. Pour moi, c’est une source de motivation, ça me donne envie de venir et de bosser encore plus, plus que jamais. Cette équipe se bat d’une année à l’autre, je suis content d’en faire partie. »

Sur la City Hall Plaza de Boston trône désormais une statue honorant Russell. Créée par l’artiste Ann Hirsch, originaire de Boston, elle représente Russell envoyant une passe, entouré de dix blocs de granit pour un total de 11 éléments représentant chacun de ses titres NBA. Chaque bloc mentionne les accomplissements de Russell ainsi que des citations. En novembre 2013, avant l’inauguration du monument, le président de l’époque Barack Obama avait pu le découvrir avec Russell.

« Je n’oublierai jamais ce jour, s’émerveille le co-propriétaire de l’équipe Steve Pagliuca. C’était un grand moment pour les Celtics et pour la ville.

L’histoire inclusive des Celtics est un élément dont la franchise est très fière, et le groupe de propriétaires est dévoué à faire de Boston un endroit accueillant pour les sportifs.

« Les Celtics sont chaque jour sur le front pour faire de cet endroit le meilleur qu’il soit pour tout athlète désirant jouer et se mesurer au plus haut niveau, gagner sur son terrain et fournir un exemple de qualité à la communauté », déclare Grousbeck.

« Boston est un endroit incroyable, ajoute Cash. Je vais à South Boston maintenant et je repense à ce que cet endroit était il y a 40 ans. C’est comme ça que je sais qu’il y a plus de gens qui essaient de faire du bien que de gens qu’on entend et qu’on met en avant qui sont mauvais. »

Nul ne peut dire si la ville réussira à se défaire de sa réputation, mais nombre de Celtics Noirs passés ou présents recommanderaient Boston comme destination pour un agent libre.

« C’est une des meilleures franchises pour lesquelles j’ai joué, et j’ai adoré la ville, témoigne Bradley, actuellement chez les Los Angeles Lakers. Je pourrais encore y vivre, c’est chez moi là-bas. »

Smart partage ce sentiment en dépit de l’incident d’il y a quelques années.

« Partout où l’on va, il y a des gens fermés d’esprit et des incompris. Des gens bizarres, différents. Boston est une des villes où ça m’est arrivé. Mais la ville en elle-même est magnifique et j’adore y jouer. Je la recommanderais à qui que ce soit. J’adore la ville, c’est très beau. »

Traduction de l’article de The Undefeated « From Russell to KG to today’s Celtics: Being a black player in Boston » par Léo Hurlin