Les scénarios de prolongation de Jayson Tatum

Si vous avez suivi les Celtics récemment, vous avez remarqué que Jayson Tatum a passé un cap. Ceci n’est pas un énième article pour dire à quel point c’est un bon joueur.

Puisque Tatum a été si bon, alors qu’il termine sa troisième année, il est temps de tourner nos regards vers le futur. Cet été, il sera éligible à une extension de son contrat rookie. Danny Ainge aura jusqu’à fin octobre 2020 (soit le début de la saison régulière) pour prolonger le contrat de Tatum. Si aucun accord n’est trouvé, JT deviendra un agent libre restreint à l’été 2021.

Commençons par cette hypothèse. Si aucun accord n’est trouvé cet été, cela ne veut pas forcément dire que Tatum quittera Boston, loin de là. Dans ce scénario, plutôt peu probable, les Celtics garderont le droit d’égaler n’importe quelle offre que Tatum pourrait accepter en tant qu’agent libre restreint à l’été 2021. À ce moment, la plus grosse offre qu’une autre équipe pourrait lui proposer sera de 134 375 000 $ sur quatre ans (selon les estimations actuelles du salary cap). Cela représente une première année à 31,25M$ (25% de la projection du salary cap de 125M$ pour la saison 2021-22) avec 5% d’augmentation.

Tatum et/ou Boston pourrai(en)t aussi reporter la signature d’une prolongation, et Jayson pourrait alors signer un contrat maximum de quatre ou cinq ans avec les Celtics en 2021. Cet offre serait de quatre ans à 140M$ ou cinq ans à 181,25M$. La première année resterait à 31,25M$ mais l’augmentation serait de 8%.

Une autre option pour Tatum serait de signer sa qualifying offer. C’est un contrat d’un an, d’environ 13M$. A la fin de ce contrat, il deviendrait un agent libre non-restreint.

La dernière hypothèse, et la moins probable, serait que Boston ne propose même pas la qualifying offer à Tatum. Il deviendrait alors UFA dès 2021. Ce scénario n’arrivera que si Jayson décide de quitter la NBA, afin de parcourir le monde et gagner des 2 contre 2 père/fils avec Deuce.

Maintenant, oubliez tout ce que vous venez de lire dans les paragraphes précédents. Les informations sont exactes mais ça n’a pas d’importance. Il n’y a aucune chance que la situation contractuelle de Jayson Tatum ne soit pas résolue d’ici l’été 2021, et en voici quelques raisons :

  • Tatum est vraiment bon, et Ainge voudra le sécuriser le plus vite possible.
  • Boston a très peu de chances d’avoir du cap space cet été.
  • Même s’il finissait par en avoir, la différence entre le cap hold de Tatum et le salaire maximum est d’environ 6,5M$. Ce n’est pas rien, mais ce n’est pas assez pour risquer que quelque chose tourne mal, même en devenant RFA.

 Vous avez tout compris ? Parfait, parlons maintenant de ce qu’il est le plus probable de voir se produire. Entre la fin de la free agency mi-juillet, et la date limite des prolongations fin octobre, Tatum signera le plus gros contrat que Boston a jamais proposé.

C’est le montant de cette prolongation qui rend les choses intéressantes. Les Celtics ont plusieurs solutions :

  • Une prolongation classique
  • Une prolongation de rookie « joueur désigné »
  • Une prolongation avec une cinquième année à 30% du cap

La première est la plus simple. Une prolongation « standard » n’a pas vraiment de nom, puisque c’est une prolongation classique, à l’ancienne. Dans ce cas, Boston peut signer Tatum pour une à quatre années, à n’importe quel montant entre le minimum et le maximum. Considérons que c’est le type de prolongation que Jaylen Brown a signé à l’automne dernier. Son contrat inclut des bonus, mais la base est de 107M$ sur quatre ans, avec une première année à 23,8M$. C’est environ 4,8M$ de moins que ce qu’aurait pu signer Brown dans cette première saison. Une prolongation standard pour Tatum serait de 140M$ sur quatre ans.

Ce type de prolongation est peu probable. Déjà, parce que Tatum est plus avancé que Brown au même point dans leurs carrières respectives. Ensuite, beaucoup d’équipes auront du cap space à l’été 2021. Ces deux éléments combinés, Tatum n’aurait aucune raison de laisser de l’argent sur la table.

Les deux autres types de prolongations sont relativement similaires, et son souvent confondues. Commençons par la Designated Player Rookie Extension (DPRE), qui est un petit peu plus simple. Tout ce que la DPRE fait est d’autoriser l’équipe à signer un joueur sur cinq ans. Il n’y a aucun changement sur le salaire de la première année comparé à une prolongation standard, elle ajoute simplement une cinquième année. Pour Tatum, le contrat maximum avec une DPRE serait de 181,25M$ sur cinq ans.

L’autre type de prolongation que peut signer Tatum est la 5th Year Max Criteria Extension. Elle est communément connue sous le nom de « Rose Rule » puisque le premier joueur à en avoir bénéficié était Derrick Rose avec les Bulls en 2011.

La Rose Rule permet à un joueur de passer de la tranche de salaire 0-6 ans d’expérience à la tranche de 7-9 ans d’expérience. Cela représente donc une première année de contrat à 30% du salary cap au lieu de 25%. Pour 2021-22, ces premières années seraient donc de 31,25M$ (25%) et 37,5M$ (30%), ceci basé sur la prévision du salary cap de 125M$.

Afin d’être éligible à ce type de prolongation, Tatum devra remplir au moins un de ces critères :

  • Être dans une All-NBA Team (1e, 2e ou 3e). Tatum aurait pu être éligible s’il avait été élu All-NBA en 2018-19 et 2019-20. Il ne l’a pas été en 2018-19, donc ce critère peut être atteint seulement en 2020-21.
  • Gagner le DPOY en 2020-21. Comme la All-NBA, Tatum aurait pu être éligible en le gagnant en 2018-19 et 2019-20.
  • Gagner le MVP en 2019-20 ou 2020-21. Le critère est rempli si le joueur gagne le titre de MVP dans n’importe quelle des trois années précédant la prolongation. Il reste donc cette saison et la prochaine pour que Tatum remplisse ce critère.

Vous vous demandez surement : « Si Tatum signe ce type de prolongation l’an prochain, on ne saura pas encore ce qu’il aura fait en 2020-21 ! Comment ça marche ? » Excellente question. La grande majorité des joueurs n’ont pas été élu All-NBA, ni gagné le DPOY deux fois dans leurs trois premières années, ni n’ont gagné un MVP, le CBA (convention collective de la NBA) autorise donc les projections. Le contrat est en fait un DPRE, avec la possibilité de passer à la Rose Rule si un des critères est atteint.

Donc, si Tatum signe une prolongation avec la Rose Rule et remplit un critère, son contrat maximum sera de 217,5M$ sur cinq ans. En revanche, s’il n’atteint aucun critère, il sera de 181,25M$ sur cinq ans.

Les équipes n’ont pas à proposer systématiquement le montant maximum dans une prolongation avec la Rose Rule. Elles peuvent proposer un autre pourcentage entre 25% et 30% du cap. Elles peuvent aussi ajouter des critères négociés, où le contrat est de 25% la première année, et augmente à 30% si le joueur remplit certaines conditions. La Rose Rule autorise simplement que le contrat monte jusqu’à 30% du cap.

Vous connaissez maintenant tous les chiffres. Que va proposer Ainge, et que va signer Tatum ? Nous avons déjà expliqué pourquoi une prolongation standard était peu probable. Et nous savons que Danny Ainge ne laissera sûrement pas Tatum devenir RFA. Au vu de son niveau de jeu, il est fort probable que JT se voie proposer la DPRE (pour garantir une prolongation de cinq ans) avec la Rose Rule. Cela permettra à Tatum de gagner le maximum d’argent si son niveau le mérite.

Dans ce cas, Jayson Tatum serai sous contrat avec les Celtics jusqu’à la saison 2025-26. Il est possible que la cinquième et dernière année soit une player option. Il n’aura que 27 ans en 2025, et une option de ce type lui permettrait d’obtenir un troisième contrat plus rapidement.

Sous l’égide de Danny Ainge, les Celtics ont signé seulement deux joueurs à une extension de leurs contrats rookie ; Jaylen Brown l’automne dernier, et Rajon Rondo en 2009. Sauf évènement inattendu, Jayson Tatum sera le troisième et empochera le plus gros contrat de l’histoire des Celtics.

Traduction de l’article de CelticsBlog « Jayson Tatum’s contract extension possibilities » par Lucas Hecker, crédit photo : Jesse D. Garrabrant