Que peut-on reprocher au front office des Celtics ?

Les personnes les plus assidues dans la lecture de notre site sauront toute l’estime que votre chère et dévouée rédaction de celticsfr porte à Ryan Bernardoni, blogueur américain et fan des Celtics plus connu sous le pseudonyme dangercart.

Régulièrement, nous proposons à la lecture ses previews d’intersaison et ses analyses sur les choix du front office de Boston.

Il vient aujourd’hui de publier un fil Twitter dans lequel il donne sa lecture des derniers mouvements opérés et formule des critiques qui nous semblent justes, sur lesquelles nous vous invitons à réagir avec (ou sans) notre traduction ci-dessous.


Le problème que rencontre actuellement ce front office, ce n’est pas juste qu’ils ont « laissé » des gros FA partir librement. Je suis d’accord pour dire que sur au moins deux ou trois cas majeurs, les joueurs ont reçu des contrats que les Celtics n’auraient jamais dû offrir. Dans le cas de Hayward, cela peut encore relativement bien se terminer.

Le problème, c’est que les trois saisons qui ont suivi le choix (génial) de drafter Tatum ont été marquées par une certaine inaction tant à court-terme qu’à long-terme qui les a laissés dans un entre-deux : pas de titre et des joueurs susceptibles de partir.

Si l’équipe n’avait pas l’intention de payer les seconds contrats de Horford et de Hayward, elle aurait dû les soit les transférer avant qu’ils ne soient en mesure de partir d’eux-mêmes, soit – si elle se voyait suffisamment proche du titre au point de choisir de les garder – de faire bouger les choses ailleurs pour soutenir ces chances.

Comme noté par Brian Robb, les Celtics n’ont fait qu’un seul trade en cours de saison sur ces cinq dernières saisons : se débarrasser de Jabari Bird. Pendant ce temps, les joueurs dont on parle sont partis pour, au mieux, une Traded Player Exception. Dans certains cas, les Celtics ont donné un asset pour s’en débarrasser au lieu de d’abord travailler à faire venir un renfort grâce à cela.

Kyrie, Horford, Hayward, Rozier, Olynyk, Morris, Baynes, Kanter.

Nous avons payé en cash pour nous débarrasser de Nader et Poirier. Le contrat de Yabusele a été étalé sur plusieurs saisons. Theis pourrait rejoindre cette liste l’an prochain.

Pendant ce temps, plusieurs choix de draft ont été utilisés pour récupérer des assets futurs avec une valeur diminuée, récupérer des joueurs à stasher plutôt parce que c’était possible que pour leur talent, ou encore se délester de contrats relativement légers signés à des joueurs pas atroces.

En ayant choisi d’honorer son engagement auprès de ces stars de tier 2 ou 3 (parties à la free agency) car elle pensait pouvoir prétendre au titre, l’équipe aurait dû envoyer ces picks et ces joueurs de complément dont on parlait plus haut pour effectuer des win-now moves.

Si les picks avaient de la valeur en ce qu’ils permettent d’assurer une injection de talent au noyau de l’équipe construit sur les picks des Nets, alors au moins un des plus gros salaires aurait dû être transféré avant de pouvoir partir librement.

Il y a bien sûr de la malchance sur certains points, et il n’est pas nécessaire de mettre tous ses œufs dans le même panier à moins d’être suffisamment engagé sur un chemin. Mais il ne faut pas non plus faire l’autruche en se complaisant dans une situation favorisée par des erreurs ou la malchance d’équipes rivales.

C’est une tendance qui doit cesser, et ce n’est pas en ignorant son existence que l’on parviendra à y mettre fin. La décision de signer Kemba était compliquée. Ce qui n’est pas compliqué, en revanche, c’est de réaliser que Boston ne peut pas être un semi-contender sur les deux années à venir et le voir partir à son tour contre rien.

À plus petite échelle, il n’est pas possible de voir Tristan Thompson prendre une place dans la rotation qui ferait de Theis un remplaçant à même de bloquer Robert Williams suffisamment pour que les deux deviennent à leur tour redondants dans l’effectif. Si l’équipe arrache une TPE dans un sign and trade de Hayward, elle ne doit pas garder les bras croisés jusqu’à ce qu’il n’en reste rien.

De manière générale, la patience vaut mieux que l’empressement en matière de construction d’équipe dans cette ligue, mais il faut savoir équilibrer les choses et je pense qu’à voir les récents résultats, il est difficile d’avancer que le front office a su atteindre cet équilibre.

Ce n’est pas pour dire qu’il faut faire le ménage au sein du front office ou que l’équipe est vouée à l’échec. Le choix de Tatum et le développement de Brown leur confère encore largement assez de crédit après le titre de 2008 qui se trouve cependant de plus en plus loin dans notre rétroviseur.

C’est un appel à l’introspection, afin de savoir pourquoi les décisions (que j’ai souvent soutenues) n’ont pas fonctionné. C’est aussi un appel à admettre cela afin que la situation actuelle, qui reste toujours prometteuse, puisse évoluer dans une direction notablement plus positive.

Traduction d’un fil Twitter de Ryan Bernardoni par Leo Hurlin, crédit photo : Ethan Miller