À quoi ressemble vraiment une négociation avec Danny Ainge ?

C’est le 9 mai 2003 que Danny Ainge a été nommé GM des Boston Celtics. Au cours de ses 18 ans en poste à la tête des Celtics, il a effectué 63 échanges. C’est plus que n’importe quel autre membre d’un front office durant la même période. Sa propension à faire des transferts lui a valu le sobriquet de « Trader Danny ».

Un cadre d’un front office d’une équipe de l’Est le résume ainsi :

« Danny est resté plus longtemps à ce poste dans une seule équipe que pratiquement tout le monde. Ça n’arrive que quand tu es vraiment, vraiment bon pour ce job. »

Ainge a fait au moins un trade à chaque saison. Il y a eu le plus gros transfert de l’histoire de la NBA en 2005 (cinq équipes, onze joueurs, les droits de draft sur deux joueurs et deux choix de draft). Il y a aussi eu des petits trades (acheter un pick contre du cash avec Henry Walker en 2008) ou se délester d’un contrat contre un pick protégé (Jabari Bird en 2019).

Durant les saisons 2013-14 et 2014-15, le GM des Celtics a réalisé pas moins de 17 transferts. Durant la deuxième saison, de la mi-décembre à la mi-janvier, Ainge a conclu cinq transferts dont quatre en moins d’une semaine.

Une frénésie qui fait encore rire un assistant GM de l’Ouest :

« Je n’ai jamais vu un truc pareil. Au bureau, la blague qui revenait tout le temps, c’était de demander si Boston avait déjà conclu un deal aujourd’hui. C’était fou. Et ils s’en sont vraiment bien sortis sur chacun de ces trades ! »

Tandis que Ainge et le toujours présent assistant GM Mike Zarren enchaînaient trade après trade, cumulaient assets après assets avec des tours de draft à venir, Boston se retrouvait inévitablement mentionné dans la discussion à chaque fois qu’un joueur se retrouvait sur le marché. Quand des stars telles que Jimmy Butler, Paul George, Anthony Davis ou James Harden furent disponibles, les Celtics furent mentionnés. Parfois, lorsque ces joueurs furent finalement envoyés ailleurs, Ainge lui-même ne se fit pas de faveurs, glissant que Boston n’était « pas loin » de trouver un accord. Un commentaire qui est un peu devenu une blague récurrente avec le temps pour certains médias.

Au fil des années, à cause du bon taux de réussite de Ainge dans les transferts, un discours est apparu et laisse croire qu’il se sent obligé de « gagner » chaque trade. Dans l’optique de s’approcher au plus près de la réalité, CelticsBlog a interviewé 16 membres actuels ou anciens de front office au sein de la ligue, et leur a demandé ce qu’était réellement une négociation avec Ainge et les Celtics. Les 16 personnes (tant des assistants de front office que des décisionnaires) ont reçu les mêmes questions :

· À quoi ressemble une négociation avec Danny Ainge et les Celtics ?

· Danny Ainge est-il aussi dur en affaires qu’on le dépeint dans les médias ?

· Pensez-vous que les Celtics se sont réellement souvent retrouvés « pas loin » de faire venir une star ?

· Pensez-vous que Danny Ainge a réellement « gagné » la plupart de ses trades ?

· Aimez-vous négocier des trades avec Boston ?

En échange de leur anonymat, la plupart des personnes interrogées firent preuve de sincérité dans leurs réponses. Voici ce qui ressort de ces échanges avec des personnes ayant réellement négocié avec Boston.

NBA: Cleveland Cavaliers at Boston Celtics

À quoi ressemble une négociation avec Danny Ainge et les Celtics ?

· Un GM de l’Est : « Ce que je peux en dire, c’est qu’il y a des strates. Nous, on passe par Mike Zarren d’abord, avant Danny Ainge. Ce n’est pas facile de passer l’étape Mike, il faut être prêt. L’idée de trade a intérêt de fonctionner d’un point de vue des règles du cap, sinon Zarren te le dira. Et je suis quasi sûr qu’il le fait de tête ! Mais une fois qu’on a passé l’étape Zarren, Ainge n’est pas si compliqué. Il essaie parfois de modifier quelques détails, mais je l’ai toujours trouvé raisonnable. Il y a quelques changements, mais très franchement je fais pareil. »

· Un assistant GM de l’Est : « Déjà, il faut bien comprendre qu’on parle de trades tous les jours. Quelqu’un va envoyer un message avec une question, du genre : « Qu’est-ce que vous pensez d’untel ? » Parfois, c’est plus direct : « Est-ce que vous enverriez untel ? » C’est comme ça toute la journée ou presque, tous les jours. Personnellement, je passe énormément de temps à discuter avec mes homologues, dont Mike Zarren pour Boston. Le truc que j’ai appris avec lui, c’est qu’il faut vraiment s’assurer que son idée colle avec les règles des transferts. Sans déconner, il a un ordi à la place du cerveau. Il sait dire tout de suite si ça ne peut pas marcher. Après ça, mon boss et moi discutons avec Mike et Danny. Il leur arrive de changer des détails, mais ils savent la direction qu’on avait déjà abordé. À ce stade, on discute surtout de picks, de protections, très rarement des joueurs impliqués. »

· Un cadre de l’Ouest : « Ils sont durs. Danny est obstiné, Zarren connaît tous les mécanismes du cap. Je m’assure d’avoir toute mon équipe dans la pièce, parce que je n’ai pas envie de rater une subtilité. Je n’ai pas aimé un truc, quelques fois, je pensais qu’on avait un deal et Boston demandait autre chose. Ça n’a jamais bloqué nos négociations, mais ça a rajouté du boulot. »

· Un GM de l’Est : « J’ai horreur de parler de trades avec Danny, parce que j’ai la sensation que je vais y perdre. Une fois, il m’a appelé à propos d’un gars qui n’entrait pas dans notre rotation. Il avait joué un truc comme cinq matchs en deux mois. J’ai paniqué, alors j’ai appelé mon staff, mes scouts, et je leur ai demandé ce qu’on avait loupé, pour comprendre pourquoi Boston était intéressé. C’est ce genre de trucs qu’on anticipe lorsqu’on discute avec Danny. »

· Un assistant GM de l’Ouest : « Ce sont les conversations les plus faciles qu’on a, parce qu’ils ne perdent pas leur temps. Tu évoques un joueur, et s’ils ne veulent pas négocier, ils te disent tout de suite que tu perds ton temps. Danny et Mike sont également francs, si tu appelles et que rien dans ton effectif ne les intéresse. Une fois, pendant une draft, ils nous ont dit : « Vous avez intérêt à parler de picks, parce qu’il n’y a aucun de vos joueurs qui nous intéresse. » Ça peut sonner sèchement, mais le jour de la draft c’est de la folie et le temps passe vite, donc cette honnêteté est appréciable. »

· Un assistant GM de l’Est : « Je dirais que ça dépend du timing. À l’approche de la draft, Boston veut bouger et bouger vite. C’est le cas de tout le monde, mais eux ils sont à la vitesse de la lumière. Je suppose que c’est parce qu’ils ont transféré tellement de picks dans ce contexte. Lors de l’intersaison, c’est correct, sauf quand ils doivent bouger pour une deadline, une signature connexe. Pareil à la trade deadline. On a déjà eu des discussions, puis Danny et Mike changent vite, les termes changent et c’est dur de tenir la cadence. Avec mon supérieur, on peut vous citer tous les joueurs de toutes les équipes. À Boston, Mike connaît leurs salaires à quelques dollars près. J’ai besoin de mes gars spécialistes du cap pour ça. Ça leur permet de bouger vite, d’ajuster très vite sans avoir à faire de vérifications. Par exemple, moi je soumets à nos spécialistes qui simulent, et Zarren m’annonce les résultats et notre situation salariale pour les trois années à venir. En pleine saison, c’est le meilleur moment. Les choses sont plus tranquilles, on peut envisager des choses et prendre son temps. Ce sont des bons partenaires pour évoquer toutes les étapes. Et ils ont tellement fait de transferts qu’ils sont bons pour inclure une troisième équipe en laquelle ils auraient confiance. C’est agréable. »

2013 Southwest Airlines Orlando Pro Summer League

Danny Ainge est-il aussi dur en affaires qu’on le dépeint dans les médias ?

· Un assistant GM de l’Ouest : « (en riant) Oui ! De ce que j’ai vécu, oui. Je ne dirais pas qu’il veut gagner le deal, mais il veut tout ce qu’il peut avoir. Une fois, notre GM a raccroché et a dit : « Je crois que j’ai donné à Ainge le droit de choisir nos prochains maillots et le droit d’échanger les bébés de nos futurs tours de draft. » (il rit) C’est un peu dérangeant. »

· Un cadre de l’Est : « Absolument. On a déjà mis fin à des négociations avec Boston parce qu’ils sont trop insistants pour un bonus. Parfois c’est un joueur, parfois un pick. Une fois c’était pour les droits sur un joueur dont on n’espérait rien, mais juste par principe. Évidemment ce gars n’est jamais venu en NBA faire carrière, mais on l’avait malheureusement transféré contre moins bien que ce que Ainge proposait. »

· Un cadre de l’Ouest : « Je ne trouve pas Ainge plus dur que d’autres. On pousse tous. Il n’est pas déraisonnable. Une fois, on a conclu un trade qui a pris à peu près un mois à se faire. On parlait, on lâchait le truc, on y revenait tous les quatre, cinq jours. Il n’y a jamais eu de contentieux, ça n’a jamais mal tourné. Au final, on a lâché du lest, eux aussi, et voilà. C’est généralement comme ça que ça se passe. Une autre fois, à la deadlin, on a essayé et ça n’a pas marché. Ça ne collait pas. Ce n’était pas que Danny était trop gourmand. »

· Un cadre de l’Est : « Une fois, j’ai parlé avec mes homologues de l’équipe NFL de notre ville, pour savoir comment ça se passait avec les Patriots pour eux. Quand ils m’ont demandé pourquoi, j’ai dit : « Parce qu’il y a un truc avec Boston, ils fixent des termes et n’en démordent pas ! » Mes amis ont ri et m’ont dit que les Pats étaient aussi comme ça. Je dirais que les Celtics savent ce qu’ils veulent et ne lâchent pas. C’est énervant mais aussi rafraîchissant, au moins on ne perd pas son temps. »

· Un GM de l’Ouest : « Oui. On a déjà fait affaire avec Boston, mais parfois ça demande une troisième équipe. Danny sait ce qu’il veut, et il a confiance en Zarren pour trouver un moyen que ça puisse se faire au niveau des règles. La plupart du temps, ils ont raison, donc je ne peux pas leur en vouloir. Mais c’est frustrant quand on a la sensation d’avoir faire une offre raisonnable et que Boston en demande plus. Il faut des tripes pour lâcher l’affaire. »

Utah Jazz v Boston Celtics

Pensez-vous que les Celtics se sont réellement souvent retrouvés « pas loin » de faire venir une star ?

· Un cadre de l’Est : « Écoutez, trader une star, que ce soit la faire venir ou s’en séparer, c’est le truc le plus dur dans cette ligue. C’est assez rare de ne pas trop donner ou recevoir assez. Et avec tous les picks, tous les bons jeunes, tous les bons contrats qu’ils ont eus, je parie que Boston a souvent été proche. »

· Un assistant GM de l’Est : « C’est pas facile de définir « pas loin ». On n’utilise « pas loin » que quand on a soumis au propriétaire. Disons que ça dépend de ce qu’on considère comme « pas loin ». Parfois, on dit qu’on n’est pas passés loin et ça veut juste dire qu’on a essayé. Quand Anthony Davis était sur le marché, on a fait une offre. Étions-nous proches ? Non. Avons-nous essayé ? Oui. Tout dépend de la définition. »

· Un assistant GM de l’Est : « Vous savez comment ça se passe. On offre un second tour protégé top-55 pour un joueur de calibre All-NBA, et on peut dire aux fans et aux reports qu’on a essayé mais qu’on n’a pas réussi. C’est probablement un peu ce qu’ils font à Boston, peut-être pas à ce niveau mais vous comprenez l’idée. Il faut sauver la face, et il y a certains endroits où ça compte, surtout quand comme Danny ça fait si longtemps qu’on est en place. »

· Un assistant GM de l’Est : « Probablement pas, mais c’est surtout parce que c’est dur de faire un trade. Sans rire, il y a peut-être 1% des discussions qui aboutit réellement. Je parle de trades, pas de simples prises de renseigement. Des trades qu’il est possible de faire. Faites le calcul, ça veut dire qu’on est rarement « pas loin ». Donc en termes de chiffres, Boston n’est probablement pas « pas loin ». Mais si Danny, Mike ou quiconque dit qu’ils étaient proches, ça veut sans doute dire qu’ils en étaient au-delà du simple échange de noms. »

· Un cadre de l’Est : « Je suis sûr qu’ils ont été proches quasiment autant de fois que Danny le dit, mais il faut comprendre que parfois on dit ça pour apaiser les journalistes et les fans. Personne ne veut un GM qui ne fait rien. Ça a marché à San Antonio parce qu’ils ont beaucoup gagné. Partout ailleurs, les fans s’attendent à du mouvement, et avec la tonne de picks qu’il a eu, c’est sûr que Danny a eu cette pression. Mais le truc, c’est que je ne crois pas qu’avoir été si souvent « pas loin » a desservi Boston. Tu fais tel ou tel trade et tu n’as plus Tatum ni Brown. Fais venir AD et tu n’as plus de joueurs, plus de picks et il part certainement dès qu’il peut. Je pense que Danny a eu raison de ne pas tenter le diable et surpayer. »

· Un assistant GM de l’Ouest : « On dit souvent que les meilleurs trades sont parfois ceux qu’on ne fait pas, et c’est plutôt vrai. Mais Boston avait tous ces picks… Ils ont fait venir des bons joueurs, ils en ont viré pour Kyrie, mais il y a eu beaucoup de gâchis. Je pense que Danny aurait pu conclure quelques deals de plus s’il avait accepté de céder certains picks. Je parie que l’an dernier, ils auraient bien aimé faire venir au moins quelques gars en plus pour leur banc. »

Dallas Mavericks v Boston Celtics

Pensez-vous que Danny Ainge a réellement « gagné » la plupart de ses trades ?

· Un GM de l’Est : « Attendez, vous avez dit qu’il a fait environ 60 trades en presque 20 ans ? Si tu ne gagnes pas la plupart de tes trades, il n’y a aucune chance que tu parviennes à ces chiffres (il rit) ! »

· Un assistant GM de l’Ouest : « Il a fait venir KG, Ray et il a gagné le titre. Maintenant il a deux jeunes stars. On ne parle que deux trades là, mais deux énormes moves. Avec des risques à chaque fois. Je dirais qu’il en gagne un paquet. »

· Un cadre de l’Est : « Impossible de rester en poste aussi longtemps que Danny sans réussir la plupart de tes transferts. Je dirais que sa reconstruction à la volée en 2014 qui amène une première équipe de playoffs à Brad est remarquable. Ils font un truc comme 12 trades cette année-là (note : 10), rien de gros mais que des bons échanges. »

· Un assistant GM de l’Ouest : « Pour moi, Danny a tapé dans le mille sur ses gros trades, mais c’est moins reluisant sur les petits. Ils ont essayé de faire un banc solide autour de KG, Pierce et Ray durant pas mal d’années sans qu’il ne trouve la clé. Plus récemment, ils ont eu des occasions de transférer des picks pour des joueurs et ne l’ont pas fait. Maintenant, ce que je vois chez eux, ce sont des jeunes barrés dans la rotation et des picks gâchés pour lourder des contrats. Ce sont des échecs. »

· Un assistant GM de l’Est : « Il a gagné ceux qui comptaient le plus. Ils sont un peu comme les Bills de Buffalo de la NBA, ils sont souvent proches du but mais ne l’atteignent pas. Au moins ils sont dans le coup chaque année, et c’est en grande partie parce que Ainge et Zarren ont fait des bons deals et des bonnes signatures. »

2019 USA Basketball Men’s National Team Training Camp - Los Angeles

Aimez-vous négocier des trades avec Boston ?

· Un GM de l’Est : « Oui. C’est facile de négocier avec eux. S’il n’est pas intéressé, Danny te le dit tout de suite, et il embraye sur un truc qui l’intéresse ou met fin à la conversation. Mon équipe adore Mike Zarren, parce qu’il n’est pas arrogant. Il va te dire que quelque chose ne marche pas dans ta proposition, mais il ne te donne pas le sentiment d’être idiot. Et puis avec Boston c’est très facile de trouver une troisième équipe si besoin. Oh, et aussi, s’ils comptent rebouger le gars que tu leur envoies, ils te le disent clairement. Moi, ça m’est égal de savoir ce que tu fais du gars que je t’envoie, ce n’est plus un joueur de mon équipe. Mais il y a des homologues d’autres équipes qui ont horreur de ne pas savoir. Je pense qu’ils se disent qu’ils auraient peut-être pu le faire eux-mêmes. Ça ne me change rien, mais Boston, quand ils ont un plan, ils te le disent. »

· Un cadre de l’Ouest : « Hum… Sans commentaires (il rit). Pas vraiment ! C’est dur de conclure un accord avec eux, et ils sont insistants. On préfère prendre notre temps, on ne se presse pas. On a déjà fait affaire ensemble, mais on les fait attendre jusqu’à ce qu’on le sente bien nous aussi. C’est comme ça qu’ils s’y prennent, ils te poussent à la faute. »

· Un assistant GM de l’Ouest : « J’adore, mais c’est parce que je traite avec Mike. C’est facile de traiter avec lui. Je crois que mon boss a plus de mal avec Danny, mais on a déjà conclu des échanges. Et quasiment toujours identiques à ce qu’on avait comme deal Mike et moi. »

· Un cadre de l’Est : « Non, pas du tout. J’ai peur qu’ils sachent des trucs que je ne sais pas, surtout au moment de la draft. Je suis peut-être parano parce qu’ils ont toujours été honnêtes avec moi, mais j’en viens à me demander ce qu’ils voient chez un joueur que je ne vois pas. »

· Un GM de l’Est : « Oui. Ils ne sont pas là pour déconner. C’est direct. Parfois ça prend quelques conversations, mais ils ne te font pas perdre ton temps, et ils sont honnêtes, sans filtre. Une fois, on leur a demandé ce qu’ils pensaient d’un de nos joueurs et ils nous ont dit : « Tu nous demandes parce qu’il est incapable de jouer. Pourquoi en voudrions-nous si toi tu n’en veux pas ? » Et ils avaient raison, ce joueur n’avait rien pour lui. Moi, surtout, j’apprécie les gars qui ont cette envie de faire affaire. Tu as besoin d’un truc qu’ils n’ont pas ? Ils trouvent une troisième équipe. Tu veux t’incruster dans un deal ? Ils écoutent avec plaisir ta proposition. Quand ils t’appellent, ils vont droit au but. Si tu leur dis qu’un gars est intouchable, ils vont peut-être gratter un peu mais jamais trop. Ils réessayent parfois pour voir si tu as changé d’avis, mais pas tous les deux jours comme d’autres le font. Ils savent entendre quand c’est non, parce que c’est ce qu’ils attendent de toi de l’autre côté. Regardez récemment, Charlotte n’avait pas besoin de faire un sign and trade pour faire venir Gordon Hayward. Ils n’allaient pas chercher à lourder un contrat, et ils allaient devoir encaisser le salaire de Batum. Mais ils l’ont fait, parce que l’année d’avant, Boston les a aidés à récupérer Terry Rozier dans un double sign and trade avec Kemba Walker. C’est comme ça que tu façonnes des bonnes relations de confiance. Je pense que Danny a un tel historique de trades avec tout le monde parce qu’il n’est pas là pour t’entuber. Personne n’a la sensation qu’on lui cache un truc, qu’on lui ment. C’est important dans notre domaine. Il faut avoir confiance, et j’ai confiance en Boston dans les négociations. »

Traduction de l’article de CelticsBlog « What is it really like to talk trades with Danny Ainge? » par Leo Hurlin, crédit photo : Elise Amendola